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Ananda : le scandale des moteurs de vélo défectueux

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-19
Illustration: Ananda : le scandale des moteurs de vélo défectueux
© YouTube

Quand le rêve électrique tourne au cauchemar

Julie pédalait depuis deux ans. 2000 km au compteur. Puis plus rien. "L'assistance électrique a commencé à couper sans raison. Une semaine plus tard, silence total." Même scénario pour Anne-Clotilde — sauf que son moteur a rendu l'âme après... 250 km. "500 € pour le remplacer. Sur un vélo à 1800 €, c'est du vol."

Ces histoires se répètent. Des milliers de fois. Derrière ces pannes en série, un nom revient comme une litanie dans les ateliers : Ananda.

Shanghai répond, Paris trinque

Ananda, c'est l'usine chinoise qui inonde l'Europe de ses moteurs. 10 millions par an. Quatre sites de production. Un succès — jusqu'à ce que la réalité rattrape les chiffres.

Le M80, leur modèle phare, présente deux failles béantes :

  • Un engrenage en plastique qui se désagrège
  • Un capteur de couple capricieux

"L'engrenage saute. Et impossible de le remplacer — Ananda bloque les pièces détachées", lâche un réparateur sous couvert d'anonymat. Résultat ? Le moteur entier à la poubelle.

Gitane, Nakamura : les marques qui ont fermé les yeux

Deux noms ressortent dans ce fiasco. Gitane, la légende française ressuscitée en 2024. Nakamura, le chouchou des grandes surfaces. Tous deux ont embarqué le M80 dans leurs cadres.

Grégory Trébol, patron de Gitane, admet à demi-mot : "Il y a eu des soucis de qualité." Intersport concède 3000 vélos Nakamura touchés. Mais dans les ateliers, on parle du double.

Et pourtant. Les catalogues 2026 affichent toujours des collaborations avec Ananda. Business as usual.

La double peine des consommateurs

Première étape : le moteur lâche. Deuxième étape : le parcours du combattant.

"Trois vélos Nakamura achetés. Trois pannes avant 500 km", racontent Élodie et Marc. Intersport a pris en charge deux réparations. Le troisième ? 550 € à leur charge.

Pire : ces vélos servent souvent de moyen de transport principal. Quand le moteur claque, c'est le travail qui devient inaccessible.

Ananda : le mea culpa tardif

Thomas Lecock, responsable marketing d'Ananda Europe, sort enfin du bois : "Nous avons sous-estimé les exigences du marché."

Trop peu. Trop tard. Les correctifs arrivent maintenant — alors que des milliers de M80 rouillent dans des garages.

L'arnaque économique

100 € de coût de production. 490 € de prix de revente en Europe. La marge est juteuse. Mais le vrai jackpot ? Le SAV.

"Ananda joue sur la garantie de deux ans", explique un réparateur. Passé ce délai, c'est le client qui paie. Et ça tombe souvent... juste après la fin de garantie. Pratique.

Les bricoleurs de l'extrême

Face au mur, certains réparateurs innovent. Hubert a fait fabriquer en Chine des engrenages en acier — plus solides que les originaux.

Mais pour le capteur électronique ? Nada. Ananda garde jalousement ses codes. Des vélos entiers condamnés pour une pièce de 2 cm.

Qui protège vraiment les cyclistes ?

La garantie légale ? En théorie, oui. En pratique, après 24 mois, c'est le désert. Les marques promettent de ne plus utiliser le M80. Très bien. Mais ceux qui l'ont déjà acheté ?

Ils patientent. Et pédalent — sans assistance.

Sources

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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