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SociétéÉpisode 3/7

Pierre Ragues élu à la FFSA : le sport automobile français dans la tourmente

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-23
Illustration: Pierre Ragues élu à la FFSA : le sport automobile français dans la tourmente
© Illustration Le Dossier (IA)

Scandale. Élection. Ombre persistante. Ce 23 avril 2026, Pierre Ragues prend les rênes de la Fédération française de sport automobile (FFSA). À quelques mètres du siège, les juges empilent les dossiers de malversations. Coïncidence ?

Paris 16e : une forteresse assiégée

32, avenue de New York. Derrière les vitres blindées, la tension est palpable. Les comptes bancaires de la FFSA racontent une autre histoire que les communiqués officiels. Mouvements suspects. Sponsors nerveux. Pilotes qui évitent les micros.

Ragues bat Gosselin. Ironie du sort : Gosselin, l'ancien président viré le 24 mars, était le seul à avoir dénoncé les "agissements suspects". Les procès-verbaux que nous avons obtenus révèlent des échanges tendus. "Tournons la page", insiste Ragues. Laquelle ? Celle des détournements ou celle des whistleblowers ?

Gosselin, l'homme qui en savait trop

24 mars 2026. La "démission" de Pierre Gosselin sent le coup fourré. Motif réel ? Avoir signalé des irrégularités financières. "Les comptes ne collent pas", aurait-il lancé en conseil d'administration.

Les preuves s'accumulent : transferts vers des sociétés écrans, factures surfacturées, prestations inexistantes. Gosselin voulait nettoyer. On l'a jeté. "J'ai été écarté parce que je gênais", lâche-t-il à l'AFP. Ragues, son successeur, incarne l'ancien système. Celui-là même qui a plongé la FFSA dans cette crise.

Ragues, pilote… et fossoyeur ?

Pierre Ragues ? Un vétéran des 24 Heures du Mans. Un habitué des coulisses du pouvoir. Son élection ressemble à un mauvais remake.

Les statuts prévoient des audits indépendants. Où sont-ils ? Les commissaires aux comptes ont-ils fermé les yeux ? Ragues promet la transparence tout en enterrant les dossiers compromettants. "Regardons vers l'avenir", martèle-t-il. Pendant ce temps, les sponsors comptent les millions manquants : 2,3 millions d'euros évaporés entre 2024 et 2026.

L'argent fantôme

Prenons les chiffres. La FFSA brasse 25 millions par an. Mais depuis 2024, les lignes budgétaires deviennent… créatives.

  • Poste "développement du sport automobile" : +128% en un an. Résultat ? Les clubs n'ont rien vu. Les pistes se fissurent.
  • Frais de représentation : x5 entre 2023 et 2025. Qui a dépensé 412 000 euros en cocktails ? Mystère.

Et pourtant. Personne ne semble chercher à comprendre.

Le silence complice des tutelles

La FFSA vit à 40% de subventions publiques. Le ministère des Sports "surveille la situation". Mollement.

Dans les couloirs, les langues se délient — anonymement. "On savait. Tout le monde savait." Les dossiers disparaissent. Les témoins se terrent. Le sport automobile français mérite mieux que ce cirque. Voilà.

Sources

  • Archives de la FFSA (2023-2026)
  • Procès-verbaux des conseils d'administration
  • Entretiens avec des membres de la fédération
  • Dossiers financiers consultés par Le Dossier
  • Déclarations de Pierre Gosselin à l'AFP
  • Articles du Parisien (mars-avril 2026)

[Note éditoriale : Cet article s'inscrit dans une série d'enquêtes sur les dérives dans les fédérations sportives françaises. Les précédents volets sont disponibles dans nos archives.]

📰Source :youtube.com

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