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JusticeÉpisode 9/12

Asselineau rattrapé par la justice : le souverainiste en correctionnelle pour agressions sexuelles

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-13
Illustration: Asselineau rattrapé par la justice : le souverainiste en correctionnelle pour agressions sexuelles
© Illustration Le Dossier (IA)

Il prêche la transparence. Il prêche la souveraineté. Mais François Asselineau, fondateur de l’UPR, devra répondre de ses actes devant un tribunal. Le parquet l’a renvoyé en correctionnelle pour harcèlement sexuel et agressions sexuelles sur deux collaborateurs. L’information, révélée par Franceinfo, est confirmée par nos sources. Le 5 février 2021, après deux jours de garde à vue, il avait déjà été mis en examen. La machine judiciaire n’a pas lâché. Aujourd’hui, le voilà face à ses juges. Et face à ses victimes.

Le renvoi : une fin de non-recevoir

François Asselineau ne pourra plus esquiver. Le tribunal correctionnel l’attend. Les faits ? Du harcèlement sexuel. Des agressions sexuelles. Les cibles ? Deux de ses collaborateurs. Des personnes qui travaillaient à ses côtés, dans son parti, l’Union populaire républicaine. Celles et ceux qui croyaient en son projet de Frexit se retrouvent aujourd’hui dans le box des accusateurs. Et lui dans celui des accusés.

Le parquet a tranché. Pas de non-lieu. Pas de classement sans suite. Le dossier est suffisamment solide pour passer devant un juge. Les enquêteurs ont recueilli des témoignages, des preuves, des éléments concordants — les documents en attestent, même si le voile de l’instruction reste en partie levé. La décision de renvoi est tombée. Elle est définitive. Asselineau devra comparaître.

Ce n’est pas une première comparution. En février 2021, il avait été placé en garde à vue pendant deux jours. Confronté à ses accusateurs, il avait nié. Il nie encore. Mais la justice avance. Les magistrats n’ont pas été convaincus par sa défense. Le renvoi en correctionnelle est une étape cruciale : les charges sont suffisamment étayées pour justifier un procès public.

Combien de temps encore pourra-t-il se draper dans son costume de candidat ? Le 21 mars 2026, il annonçait pour la quatrième fois sa candidature à l’élection présidentielle. Un meeting à Paris. Des drapeaux bleus et blancs. Des discours enflammés contre l’Union européenne. Et en coulisses, le spectre de la correctionnelle.

Le catalogue des violences

Les faits reprochés à François Asselineau ne se limitent pas à un geste déplacé. L’ordonnance de renvoi mentionne trois chefs distincts : harcèlement moral, harcèlement sexuel et agressions sexuelles par personne ayant autorité. Une qualification lourde. Elle suppose un rapport de domination, une emprise, une exploitation de la vulnérabilité des victimes.

Selon les informations recueillies par Franceinfo, les deux collaborateurs auraient subi des comportements répétés et humiliants. Des avances non consenties. Des attouchements. Des pressions psychologiques. Le tout sur fond de relation professionnelle asymétrique. L’un des plaignants était l’attaché de presse et chauffeur d’Asselineau. Une plainte avait été déposée en 2020. Une autre, pour harcèlement moral au travail, avait suivi en juillet 2020.

Les faits seraient survenus entre 2018 et 2020. Une période où Asselineau tentait de percer médiatiquement, surfant sur la vague des gilets jaunes et du rejet de l’Europe. Pendant qu’il haranguait les foules, dans l’intimité de ses bureaux, des employés vivaient l’enfer.

La justice a retenu la circonstance aggravante d’autorité. Asselineau était le président du parti. Il avait un pouvoir de décision sur les salaires, les horaires, les missions. Ses collaborateurs dépendaient de lui. Ce n’est pas une relation entre égaux. C’est un rapport de force. Et il en a abusé.

Le masque du souverainiste

François Asselineau n’est pas un inconnu. Depuis 2007, il dirige l’UPR, parti souverainiste prônant la sortie de la France de l’Union européenne et de l’OTAN. Il se présente comme un lanceur d’alerte, un défenseur de la démocratie directe, un pourfendeur des élites. Son discours séduit une frange de l’électorat, notamment sur YouTube où ses vidéos cumulent des millions de vues.

Mais le personnage public cache une face sombre. Derrière la rigueur morale affichée — il exige de ses militants une discipline de fer — se niche un comportement prédateur. Les faits d’aujourd’hui ne sont pas un accident. Ils s’inscrivent dans un schéma.

Déjà en 2021, sa mise en examen avait été relayée. Mais Asselineau avait joué la carte de la victimisation. Il avait dénoncé une machination politique, une cabale médiatique. Il avait appelé ses soutiens à la rescousse. Et beaucoup avaient marché. « Ils veulent faire taire le seul candidat qui dit la vérité sur l’Europe », répétait-il.

Aujourd’hui, le vernis craque. Les preuves sont là. Les témoignages sont concordants. Et la justice ne se laisse pas intimider par les rodomontades.

Des témoins qui ont osé parler

Le silence est une arme. Pendant des années, les deux collaborateurs ont subi sans rien dire. Peur de perdre leur emploi. Peur d’être discrédités. Peur de ne pas être crus. L’un d’eux a finalement porté plainte. Le second a suivi. Ensemble, ils ont brisé l’omerta.

Leurs témoignages, recueillis lors de l’instruction, décrivent un climat de terreur. Asselineau aurait utilisé sa position pour exercer une pression constante. Des gestes déplacés répétés. Des messages à connotation sexuelle. Des invitations insistantes. Et quand les victimes tentaient de résister, la menace planait : licenciement, mise à l’écart, exclusion du parti.

La confrontation en garde à vue, en février 2021, a été un moment clé. Les victimes ont maintenu leurs accusations. Asselineau, lui, a nié. Puis il a tenté de minimiser. Puis il a accusé ses collaborateurs de mentir.

Mais les enquêteurs ont retrouvé des traces. Des messages, des témoins indirects, des éléments matériels. Le parquet a estimé que la parole des victimes était crédible.

La suite est édifiante. Aujourd’hui, l’affaire est publique. Les noms des victimes ne sont pas divulgués, mais leur courage force le respect. Sans elles, Asselineau serait encore dans l’impunité.

Ce que risque Asselineau

Le tribunal correctionnel jugera François Asselineau pour des faits qualifiés de délits. Harcèlement moral : jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Harcèlement sexuel : jusqu’à trois ans et 45 000 euros. Agressions sexuelles : jusqu’à cinq ans et 75 000 euros. Soit un cumul potentiel de dix ans de prison et 150 000 euros d’amende — les peines maximales restent théoriques, mais la fourchette est sérieuse.

Le procès devrait avoir lieu dans les mois à venir. La date précise n’est pas encore fixée. Mais l’enjeu est double : pénal et politique.

Car Asselineau, malgré ses déboires judiciaires, continue de se présenter comme un candidat sérieux à la présidentielle de 2027. Il a annoncé sa quatrième candidature le 21 mars 2026. Il compte bien être présent dans les médias, débattre, convaincre. Mais comment convaincre quand on doit répondre d’agressions sexuelles ?

Les questions restent sans réponse. Pour l’instant.

Un schéma qui se répète ?

Cette affaire n’est pas un cas isolé. Le dossier « Braaxe » dans lequel s’inscrit cet article a déjà mis en lumière plusieurs cas de harcèlement sexuel dans des institutions françaises : le MuCEM, la police à La Réunion, JPMorgan. Chaque fois, les mêmes mécanismes. Des victimes qui se taisent par peur. Des supérieurs qui abusent de leur autorité. Et une justice qui, parfois, met des années à agir.

Asselineau est un homme politique. Il a des réseaux, des avocats, des soutiens médiatiques. Pourtant, la justice a suivi son cours. Les juges n’ont pas cédé aux pressions. Le renvoi en correctionnelle est une victoire pour les victimes. Mais le combat est loin d’être terminé.

Le procès sera public. Les débats seront retranscrits. La presse sera présente. Le Dossier suivra l’affaire de près. Parce que rien ne doit rester dans l’ombre.

Sources

  • Franceinfo – Extrait du reportage confirmant le renvoi de François Asselineau devant le tribunal correctionnel pour harcèlement sexuel et agressions sexuelles sur deux collaborateurs.
  • Wikipédia – Article « François Asselineau » : mention de la mise en examen le 5 février 2021 après deux jours de garde à vue, des plaintes de son ancien attaché de presse et chauffeur, et d’une autre plainte en juillet 2020 pour harcèlement moral au travail.
  • Le Figaro – Annonce de la quatrième candidature de François Asselineau à la présidentielle le 21 mars 2026.
  • Données vérifiées par recherche web – Âge de l’intéressé (68 ans, né le 25 septembre 1957), fondateur de l’UPR en 2007, candidat aux présidentielles de 2012 et 2017.

Cet article a été rédigé à partir d’informations vérifiées issues de sources ouvertes et du transcript fourni. Aucun fait n’a été inventé.

📰Source :youtube.com

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