Néonicotinoïdes : le Sénat défie le gouvernement sur une réautorisation controversée

La ministre, présente au banc, a déclaré : « Je ne peux pas entendre que ce texte comporte des reculs environnementaux. Ça n’est pas vrai. » Puis, avertissement : « Ce texte fait aujourd’hui plus de 40 articles, 40 mesures utiles aux agriculteurs. » Elle a énuméré : déblocage des stockages d’eau, relèvement des seuils d’autorisation pour les élevages, alourdissement des peines pour les intrusions, affichage de l’origine des viandes dans les plats transformés. « On ne nous le pardonnerait pas dans les fermes. »
Rappel de la ministre : la décision initiale d’interdire ces molécules était politique, pas scientifique. « Nous sommes les seuls à interdire des molécules en Europe depuis plus de 10 ans. » L’acétamipride est autorisé par l’EFSA jusqu’en 2033, créant une distorsion de concurrence avec d’autres pays européens.
Rapport INRAE : quatre filières en impasse
Le gouvernement avait commandé un rapport à l’INRAE. Verdict : quatre filières identifiées en « impasse technique » sans alternative aux néonicotinoïdes — betterave, cerise, pomme, noisette. Pour la betterave : 23 000 producteurs, 70 000 emplois, 1,1 milliard d’euros d’excédent commercial. Pourtant, 2025 a été une année record sans néonicotinoïdes, soulignent les opposants.
L’acétamipride traverse le placenta — oui, vous avez bien lu
Comme les autres néonicotinoïdes, il traverse aussi la barrière hémato-encéphalique. On le retrouve dans le liquide amniotique, le sang du cordon, le lait maternel, le sperme, le liquide folliculaire, les cheveux. Des études de l’école nationale vétérinaire de Nantes montrent une association positive entre l’exposition prénatale et une diminution du périmètre crânien, des difficultés émotionnelles, de l’hyperactivité chez les enfants de 3 à 6 ans. Et pourtant, une étude publiée en novembre 2025 dans Environmental Pollution révèle que les populations d’insectes et d’oiseaux se reconstituent après l’interdiction.
Stockage d’eau : la France loin derrière l’Espagne
La France ne stocke que 154 m³ d’eau par habitant, contre 1 161 m³ en Espagne. « 7 % des terres seulement sont irriguées », a rappelé la ministre. Avec 20 % de pluie en plus l’hiver et 20 % en moins l’été, il est urgent de faciliter les réserves, notamment de substitution. Sa réponse : « Qu’on ne me dise pas que produire égale productivisme. Produire, c’est quand même la fonction de l’agriculteur. »
Déficit commercial : la France, « homme malade » de l’Europe
La France accumule un déficit sur sa balance agroalimentaire : moins 355 millions d’euros. Hors vins et spiritueux, le trou atteint 12 milliards. « La France agricole est devenue l’homme malade de l’Europe », a lancé la ministre. « Si rien n’est fait, elle perdra la première place des nations agricoles européennes dès 2029 au profit de l’Espagne. »
Pétition : 2 millions de signatures
Une pétition contre la réautorisation a recueilli plus de 2 millions de signataires — un poids politique difficile à ignorer.
Et maintenant ?
Le texte repart à l’Assemblée nationale. Les députés l’avaient déjà rejeté.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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