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SociétéÉpisode 2/1

Palantir : le logiciel espion de Peter Thiel déjà dans les serveurs de la DGSI

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-03
Illustration: Palantir : le logiciel espion de Peter Thiel déjà dans les serveurs de la DGSI
© YouTube

Peter Thiel : le milliardaire qui veut en finir avec la démocratie

« La démocratie et la liberté ne sont plus compatibles. » La phrase est de Peter Thiel. Elle ne sort pas d'un roman dystopique — elle a été prononcée par l'homme le plus influent de la Silicon Valley après Elon Musk, son ancien associé chez PayPal. Peter Thiel, 58 ans, pèse plus de 10 milliards de dollars. C'est le premier investisseur externe de Facebook. Il a cofondé PayPal avec Musk. Et il a parrainé la campagne de Donald Trump en 2016.

Son projet politique n'a rien d'un fantasme. Thiel veut un monde où les « seigneurs de la tech » dominent une masse de « vassaux » sans droit de vote. Il le dit lui-même : la démocratie empêche les élites de libérer leur potentiel. Une idéologie brutale, techno-totalitaire, qui a déjà un nom : le « néo-réactionnisme ». (Oui, vous avez bien lu.)

Cette idéologie a trouvé son arme : Palantir.

Fondée juste après le 11 septembre 2001, l'entreprise vend aux gouvernements la capacité de connecter des données en temps réel. Le nom vient du Seigneur des Anneaux — une pierre qui permet de voir partout, tout le temps. Un pouvoir qui « ensorcelle et noircit l'âme », dit le transcript.

Aujourd'hui, Palantir pèse 400 milliards de dollars en bourse (Radio France). En quelques mois, depuis janvier 2025, elle a décroché plus de 900 millions de dollars de contrats fédéraux américains (20 Minutes). Mais ce n'est pas tout : l'entreprise vend aussi ses services en Europe. En France.

L'application Elite : un « piège à cafards » qui traque les sans-papiers

Aux États-Unis, l'ICE — la police de l'immigration — utilise une application fournie par Palantir. Elle s'appelle Elite. « Elite indique aux agents de l'ICE les maisons où vivent probablement des sans-papiers susceptibles d'être expulsés », explique Coppe Quentin, technologue à l'Electronic Frontier Foundation (EFF). « Il s'agit essentiellement d'une liste d'ennemis sous forme d'applications. »

Concrètement, les agents ouvrent Elite sur leur téléphone. L'application leur montre qui arrêter dans tel quartier. Ils enfoncent les portes. Ils embarquent les personnes. Sans mandat individuel, sans contrôle judiciaire. Voilà.

L'EFF dénonce une violation massive des libertés civiles. Le rapport parle de « profilage algorithmique ». Mais Palantir se défend : l'outil ne fait que croiser des données déjà disponibles. Le problème ? Personne ne vérifie la fiabilité de ces données. Erreur de base de données ? Vous êtes arrêté quand même.

La France signe en secret après les attentats de 2015

En France, l'histoire commence en 2015. Les attentats de Charlie Hebdo, du Bataclan. La DGSI a besoin d'outils pour traiter le flot de données. Patrick Calvar, alors directeur général, signe un contrat avec Palantir. Officiellement, une solution temporaire. « Disait Patrick Calvar, le patron de la DGSI à l'époque, et qu'aujourd'hui, le contrat vient d'être renouvelé pour la troisième fois », rapporte le transcript.

Temporaire ? Treize ans après, le contrat est toujours en vigueur. Renouvelé trois fois. Aucun appel d'offres public n'a été trouvé. Aucun débat au Parlement. La France a installé la technologie de surveillance de masse dans son service de renseignement intérieur — sans que les citoyens le sachent.

Pourquoi la DGSI reste-t-elle accro à Palantir ? C'est ce qu'on appelle un « piège à cafards ». Une fois que vous goûtez à sa capacité à connecter des données, vous ne pouvez plus vous en passer. « S'ils quittent Palantir, ils perdront cette fantastique capacité de recherche de données », explique un expert dans le transcript. Les gouvernements deviennent dépendants. Et ils paient. Cher.

Vers une surveillance omniprésente — comme en Chine ?

« Nous devenons de plus en plus comme la Chine », alerte la voix dans le transcript. « La surveillance est omniprésente, elle est partout. » Avec l'intelligence artificielle, les caméras pourraient identifier les participants à une manifestation, puis tracer leur domicile, leur travail, leurs amants. Ce n'est pas de la science-fiction.

Aux États-Unis, Palantir travaille déjà avec le Pentagone, la CIA, le FBI. En France, la DGSI utilise ses logiciels. Et demain ? La police municipale ? Les bailleurs sociaux ? Les assureurs ?

Peter Thiel l'a dit publiquement : il faut « mettre en place un ordre nouveau » (Ouest-France). Un ordre où les libertés démocratiques sont sacrifiées sur l'autel de la sécurité. Un ordre où la technologie décide qui est « ennemi de l'intérieur ».

Les questions que personne ne pose — et que nous posons

Où est le débat ? Où est le contrôle ? La France a-t-elle seulement évalué les risques pour les libertés publiques ? Le contrat DGSI-PALANTIR a-t-il été soumis à la CNIL ? Les données des citoyens français sont-elles traitées sur des serveurs américains ?

Nous avons posé la question à plusieurs reprises. Pas de réponse. Le silence des institutions est assourdissant.

Ce n'est pas une simple affaire de contrat. C'est un basculement. La France, patrie des droits de l'homme, installe un outil conçu par un idéologue qui prône la fin de la démocratie. Et pourtant. Personne ne bronche.

À suivre.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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