Mortalité infantile : 529 bébés morts que l'UE aurait pu éviter

Un scandale qui porte un nombre
Le chiffre 4,1 donne son titre à l'enquête d'Anthony Cortes, journaliste à L'Humanité. « 4,1. Le scandale des accouchements en France » — un livre qui dénonce une hécatombe silencieuse. Invité sur France Inter le 14 août 2026, il a exposé des faits que le ministère ne peut plus ignorer. Sixième puissance mondiale, la France affiche un taux de mortalité infantile supérieur à ceux de la Slovénie, de la République tchèque ou de Chypre. (source : Sud Ouest)
Isabelle Derrendinger, présidente du Conseil national de l'ordre des sages-femmes, résume la situation en une phrase : « On est face à une crise sociale et territoriale. » Traduction : les maternités ferment, les sages-femmes fuient, les services de réanimation néonatale manquent de lits. Pendant ce temps, le gouvernement regarde ailleurs.
Le coût humain de l'administration
Comparaison internationale. L'Italie et le Portugal affichent un taux de 2,5‰. Soit presque deux fois moins que la France. Ces pays ont-ils investi massivement ? Non. Ils ont simplement évité de casser leur réseau de maternités de proximité. La France, elle, a fermé 30 % de ses maternités entre 2000 et 2020. Sous prétexte de rationalisation. Sous couvert d'économies. Résultat : des centaines de kilomètres pour accoucher, des transferts d'urgence, des soins dégradés.
Le professeur Yves Ville, chef du service de médecine fœtale à l'hôpital Necker-Enfants malades, confirme l'urgence. Mais que fait l'État ? Il crée des agences — 50 depuis 2000, selon un rapport sénatorial. L'ARS, l'ANRU, l'ADEME, France Travail... 60 milliards d'euros par an pour un mille-feuille administratif inefficace. Pendant ce temps, les sages-femmes réclament des moyens. Leurs salaires ? 2 300 euros nets en début de carrière. Leur nombre ? 23 000 pour 700 000 naissances annuelles. Le calcul est simple : on ne soigne pas des bébés avec des circulaires.
Pourquoi le taux remonte
La mortalité infantile française a recommencé à augmenter en 2015. Coïncidence ? Non. C'est l'année où les fermetures de maternités se sont accélérées. Où les effectifs paramédicaux ont commencé à fondre. Où la politique de « regroupement des soins » a transformé des territoires entiers en déserts obstétricaux. Plusieurs études établissent le lien de causalité, dont celle citée par l'ordre des sages-femmes. Moins de lits de réanimation = plus de bébés morts. Moins de sages-femmes = plus de complications évitables.
Le problème n'est pas l'argent — il est dans sa répartition. La France dépense 12 % de son PIB pour la santé. Soit plus que l'Allemagne, les Pays-Bas ou la Suisse. Et pourtant, ces pays ont des taux de mortalité infantile inférieurs. L'argent part en bureaucratie, en normes, en agences. Pas en soins directs. Pas en personnel de terrain.
Et maintenant ?
Le ministère de la Santé a-t-il pris la mesure du drame ? En juillet 2026, une mission parlementaire a été annoncée. Les professionnels attendent des actes. Pas des rapports. Les sages-femmes réclament une revalorisation salariale et un moratoire sur les fermetures de maternités. Le professeur Ville demande un plan d'urgence pour la réanimation néonatale. Anthony Cortes, lui, pointe la responsabilité politique : « On sait ce qu'il faut faire. On ne le fait pas. »
À suivre. De près. Parce que chaque mois de retard, ce sont 44 bébés qui meurent inutilement. 529 par an. Et le silence de l'État est assourdissant.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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