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Monsieur Fox : 8 000 adultes contactent un faux profil d’enfant sur Snapchat

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-20

Les faits

Selon la source, Floriant crée un compte Snapchat. Il lui donne l’apparence d’une fille de 12 ans. Une minute, et l’opération est bouclée. En un mois, le profil reçoit 13 000 demandes d’ajout. Parmi elles, 8 000 majeurs décident d’entamer une discussion. Plusieurs dizaines iront jusqu’à envoyer des contenus à connotation sexuelle. « Déjà, on reçoit énormément de photos de pénis ou de sexe sans même savoir quel âge on a », explique-t-il. « Les personnes des fois vont avoir le premier réflexe d’envoyer leur partie intime. »

D’autres vont plus loin — beaucoup plus loin. « Il y en a qui sont excités quand on leur dit avoir cet âge-là. Un, une fois qu’il a su mon âge, m’a envoyé des vidéos de lui où il s’introduisait des choses dans derrière. » Floriant montre une conversation à l’écran : un homme accepte de parler malgré l’âge déclaré — 12 ans. « Bon ben c’est quoi le problème ? » demande-t-il. Le problème, c’est qu’il a reçu des vidéos où une fille semble mineure. Il n’a jamais consenti à recevoir cela. L’homme lui répond que c’est « naturel », que même à 12 ans on est censé recevoir ce genre de choses.

Selon la source, Floriant documente ces échanges. Il les conserve. Il ne les publie pas. Il les transmet aux autorités. Chaque jour, un à deux signalements partent chez des procureurs dans toute la France. Pour que ces signalements soient recevables, il respecte une règle stricte : ne jamais aiguiller la conversation. « Moi, je traque personne. J’envoie un hameçon. S’il y a des gens qui prennent l’hameçon, je n’ai rien fait de plus que créer un compte. Une fois que j’accepte des demandes d’ajout, je n’envoie pas le premier message. Donc je ne suis pas illégal. Ce qui serait illégal, c’est d’aller chercher des profils, d’envoyer des messages et d’orienter la conversation. » Un prédateur qui parle de sexe ? Floriant fait semblant de ne pas comprendre.

Le contexte

Selon la source, Floriant n’a pas de badge. Pas de robe de magistrat non plus. C’est un citoyen. Sur Instagram, plus de 210 000 personnes le suivent sous le pseudo Monsieur Fox. Chaque soir, il échange en live plusieurs heures avec ses abonnés. Son engagement a une origine personnelle : lui-même a été approché par un prédateur sexuel à 13 ans, dans un jeu en ligne. Cette expérience l’a marqué. Aujourd’hui, il ne lâche rien.

Il a quitté son emploi pour se consacrer à la prévention. Sans revenu. Il reçoit des menaces de mort. « On prévient des centaines de milliers de parents du danger réel d’Internet, dit-il. On les pousse à se rapprocher de leurs enfants, ne serait-ce que pour la confiance. On leur rappelle que l’endroit qu’ils pensent le plus sûr pour leurs enfants — leur chambre —, s’ils ont une connexion internet, ça peut être aussi le plus dangereux. »

Son action ne se limite pas aux signalements. Selon la source, il distribue des sifflets anti-agression imprimés en 3D par des abonnés. Chaque semaine, environ 1 000 sifflets partent vers des associations et des écoles. « Si jamais tu as un problème, tu siffles. C’est la première chose qui peut faire fuir un agresseur. » Il raconte une scène : « Il y en a beaucoup qui m’arrêtent dans la rue pour me demander mon âge, mon contact. Hier, quelqu’un a voulu me serrer la main, je voulais pas, ça m’a gêné. J’avais envie de pleurer. »

Le traitement judiciaire

Selon la source, Floriant ne se substitue pas à la police. Il le répète : « La police ne va pas utiliser mon travail en mode “C’est terminé, hop, on a ce qu’il faut.” Non, ils s’en servent comme base de recherche pour eux-mêmes tout recommencer. Ça fait des preuves en plus pour le dossier. » Ses signalements sont adressés aux procureurs. Un ou deux par jour.

Aucune information n’indique qu’un des hommes qu’il a dénoncés a été condamné. La présomption d’innocence s’applique.

Ce que ça dit de la France

Cette affaire révèle une tension profonde dans la société française. D’un côté, la protection de l’enfance en ligne est devenue une priorité affichée. Les campagnes de prévention se multiplient. Les peines se durcissent. De l’autre, des citoyens comme Floriant estiment que l’État ne va pas assez vite. Ils prennent les choses en main, au risque de se mettre en danger. Menaces de mort, perte de revenus, stress permanent : le prix à payer est lourd.

Le rapport à la justice ? Ambigu. Floriant ne veut pas se substituer aux magistrats. Mais il constate que ses signalements sont parfois les seuls déclencheurs d’enquêtes. « La police va s’en servir comme base de recherche », dit-il. En clair, sans lui, rien ne se passerait. Cela pose une question : jusqu’où un citoyen peut-il agir sans franchir la ligne rouge ? La loi interdit de provoquer à la commission d’un délit. Floriant s’y tient. Il ne provoque pas. Il attend que les prédateurs viennent à lui. Et ils viennent. Par milliers.

Les inégalités territoriales jouent aussi. Floriant est basé dans le Nord. Il signale à des procureurs de toute la France. Mais tous les parquets n’ont pas les mêmes moyens. Certains traitent rapidement, d’autres non. Le lanceur d’alerte ne peut pas suivre chaque dossier. Il fait confiance. Parfois, il doute. « Je ne sais pas si ça sert à quelque chose », confie-t-il. Et pourtant. Il continue.

Cette histoire n’est pas un cas isolé. D’autres « chasseurs de pédophiles » existent, en France et à l’étranger. Leurs méthodes sont controversées. Certains dérapent. Floriant, lui, insiste sur la rigueur légale. Il ne diffuse pas les images. Il ne nomme pas les suspects. Il transmet aux autorités. C’est une forme de citoyenneté numérique, fragile et risquée.

Les questions restent sans réponse. Pour l’instant.

Sources :

  • Témoignage de Floriant
  • Vidéos et photos reçues par Floriant

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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