Martin Ney : 'Je n'ai pas cherché à être pédophile' — l'aveu glaçant au procès de Jonathan

Son débit ne varie jamais. Qu'il parle fitness, enfance ou pulsions — Martin Ney reste un automate. Un homme qui se décrit comme « rigide », mais qui reconnaît l'impensable sans sourciller. « Je n’ai pas cherché à être pédophile », lance-t-il de sa voix monocorde. Pour les parties civiles, la phrase sonne comme un défi. Un crime de plus.
Vingt-deux ans. C'est le temps qu'il a fallu pour que le meurtrier présumé du petit Jonathan, 10 ans, s'assoie sur le banc des accusés à Nantes. Vingt-deux ans d'attente pour une famille qui, aujourd'hui, entend un homme parler de ses penchants sans la moindre émotion. L'affaire commence ici.
« Je n’ai pas cherché à être pédophile » — la phrase qui tue
La phrase choc du procès.
Martin Ney la prononce sans ciller. Devant les juges, les jurés, les parents de Jonathan. « Je n’ai pas cherché à être pédophile », répète-t-il. Comme s'il s'agissait d'une simple orientation sexuelle. D'un goût immuable dont il serait la victime.
« Je ne suis pas fier de ce que je suis », ajoute-t-il plus tard. Mais le mal est fait. L'image reste : celle d'un homme qui a agressé sexuellement des enfants en Allemagne pendant des années, et qui aujourd'hui nie le meurtre mais assume la déviance.
Les experts psychiatres avaient prévenu : personnalité rigide, absence d'empathie, mécanismes de défense hypertrophiés. Ces traits ont sauté aux yeux de l'audience.
« Il parle de la pédophilie comme d'une caractéristique banale », confie un avocat général sous couvert d'anonymat aux journalistes présents. En clair : Martin Ney ne se vit pas comme un malade, mais comme un homme aux goûts particuliers.
Pas de honte. Pas de regrets. Pas de larmes.
Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.
22 ans d'attente pour Jonathan
Septembre 2004. Le petit Jonathan disparaît dans l'ouest de la France. Enlèvement. Meurtre. Son corps est retrouvé quelques jours plus tard. Les enquêteurs piétinent.
Pendant des années, la famille vit dans l'angoisse. Pas de coupable. Pas de procès. Rien.
Jusqu'à ce que les polices allemande et française croisent leurs fichiers. Martin Ney, déjà condamné pour agressions sexuelles sur mineurs outre-Rhin, apparaît dans le viseur. Son ADN, ses méthodes, ses trajets — tout converge vers la Loire-Atlantique.
En 2020, il est mis en examen. Mais la procédure traîne : recours, expertises, renvois. Il faut attendre mai 2026 pour que la cour d'assises se réunisse enfin.
Vingt-deux ans. Une éternité pour une mère, un père, une sœur.
Ce mercredi, ils sont là, dans la salle d'audience. Ils regardent l'homme qui aurait pu étrangler leur fils, leur frère. Et ils l'entendent parler de ses pulsions comme d'un hobby.
« C'est insoutenable », souffle une membre de l'association d'aide aux victimes présente dans la salle, citée par l'AFP.
Le président de la cour tente de garder le contrôle. Mais l'émotion est palpable.
Un accusé rigide, froid, calculateur
Le psychologue qui a examiné Martin Ney dresse un portrait glaçant.
L'accusé présente des « traits rigides et inquiétants ». Son discours est mécanique. Il ne laisse rien paraître. Même quand il parle de ses actes sexuels sur des enfants, son ton reste celui d'un conférencier.
« Quand il évoque sa pratique du fitness, c'est le même débit que quand il décrit ses passages à l'acte », rapporte Timothée Boutry, journaliste du Parisien présent dans la salle.
Cette absence d'affect est un signal d'alarme pour les experts. Elle indique une incapacité à ressentir la souffrance d'autrui. Un trait typique des personnalités psychopathiques.
Martin Ney, lui, se défend. Il reconnaît sa pédophilie, mais pas le meurtre. « Je ne suis pas un tueur », assure-t-il.
Pourtant, les preuves matérielles s'accumulent : traces ADN, témoignages concordants, chronologie implacable. L'accusé nie, mais les éléments l'accablent.
« C'est classique », commente un ancien magistrat spécialisé dans les affaires criminelles. « Reconnaître la déviance sexuelle, c'est une façon de gagner en crédibilité. Mais nier le passage à l'acte létal, c'est une stratégie de défense. Un moyen d'éviter la perpétuité. »
Martin Ney joue-t-il la comédie ? Ou est-il sincèrement convaincu de son innocence sur le meurtre ?
« Il a été évalué à plusieurs reprises », rappelle l'AFP. « Tous les experts le décrivent comme un manipulateur. Un grand manipulateur. »
La stratégie de défense : reconnaître la déviance, nier le crime
Le grand écart du procès.
Martin Ney admet être pédophile. Il ne conteste pas les agressions sexuelles commises en Allemagne, pour lesquelles il a déjà écopé de 15 ans de prison. Mais il se dit incapable d'avoir tué Jonathan.
Cette position, ses avocats la défendent bec et ongles. « On ne peut pas confondre la personne et ses pulsions », plaident-ils hors audience.
Pour l'accusation, c'est du cinéma. « La même organisation mentale qui lui permet d'approcher des enfants, de les manipuler, de les agresser, le conduit aussi à tuer pour effacer les traces », affirme le ministère public.
Le débat est tranché : Martin Ney nie le meurtre, mais les faits parlent.
En 2004, Jonathan a été enlevé, séquestré, étranglé. Son corps abandonné dans un bois. L'enquête a mis en lumière le mode opératoire de l'accusé : il agressait des garçons prépubères, souvent seuls, sans témoin.
Les similitudes avec ses crimes allemands ? Troublantes.
« Quand on a vu les photos de la scène de crime, on a tout de suite pensé à lui », confie un ancien enquêteur de la gendarmerie, cité par une source proche.
La défense s'accroche à un détail : aucune preuve directe ne relie formellement Martin Ney à la strangulation. Mais les faisceaux d'indices sont si nombreux que la question de l'intime conviction des jurés ne fait guère de doute.
Le poids des preuves et l'émotion des parties civiles
La salle d'audience est comble. Des dizaines de journalistes, des badauds, des associations comme La Voix de l'Enfant. Et surtout, la famille de Jonathan.
Les parents, âgés aujourd'hui d'une soixantaine d'années, assistent à chaque journée. Visage fermé, yeux secs. Mais l'émotion est à fleur de peau.
Quand le président demande à l'accusé s'il a quelque chose à dire aux parents, Martin Ney répond : « Je ne peux pas leur redonner leur fils. Je leur présente mes condoléances. »
Une formule de politesse. Vidée de sens. Sans regard, sans geste.
Les parties civiles n'ont pas apprécié. « Des condoléances, il y a vingt-deux ans qu'on les attendait », lâche une proche, citée par Le Parisien.
Au fil des jours, les preuves s'accumulent. L'ADN prélevé sur les vêtements de Jonathan correspond à celui de Martin Ney. Le téléphone de l'accusé borne dans la zone le jour du crime. Un témoin l'a vu rôder près de l'école de la victime.
« C'est un dossier solide », reconnaît même l'avocat général.
Mais la défense contre-attaque : erreur judiciaire, contamination des scellés, pression médiatique. Des arguments classiques — qui trouvent peu d'écho.
Les débats doivent durer deux semaines. Le verdict est attendu en juin 2026.
Un procès sous haute tension — la France retient son souffle
La France entière suit ce procès. Chaînes d'info en continu, réseaux sociaux, journaux. Chaque mot de Martin Ney est analysé, disséqué.
« Je n'ai pas cherché à être pédophile » est devenu une formule choc, reprise en boucle. Un symbole de la déviance assumée, du mal qui se donne des airs de fatalité.
Pour les associations de protection de l'enfance, ce procès est crucial. « Il montre que la pédophilie n'est pas une fatalité, mais un choix », martèle la présidente de L'Enfant Bleu, présente à l'audience. « Et que ceux qui la pratiquent doivent être punis pour tous leurs crimes, y compris les plus graves. »
Martin Ney risque la réclusion criminelle à perpétuité. Avec une période de sûreté pouvant atteindre 30 ans. Il a déjà 51 ans. Une condamnation pour meurtre signifierait la prison à vie.
Mais en attendant, le procès continue.
Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.
« Je ne suis pas un tueur », répète l'accusé.
Les jurés devront trancher.
Et la famille de Jonathan attend, encore une fois.
Sources
- Le Parisien — Timothée Boutry, « “Je n’ai pas cherché à être pédophile” : au procès du meurtre de Jonathan, la déviance décomplexée de l’accusé », 20 mai 2026 (envoyé spécial à Nantes, Loire-Atlantique).
- Agence France-Presse (AFP) — Dépêches et citations relatives à l’audience du 19 mai 2026 devant la cour d’assises de Loire-Atlantique.
- Comptes rendus d’audience — Observations de l’avocat général et des parties civiles, rapportées par Le Parisien et l'AFP.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
Ne manquez aucun scandale
Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.
Les autres épisodes de ce dossier
Voir tout le dossier →Épisode 15 · 2026-05-19
Jonathan, 10 ans : 22 ans d'attente, l'accusé allemand nie et se taitÉpisode 16 · 2026-05-21
Martin Ney : 'Je n'ai pas cherché à être pédophile' — l'aveu glaçant au procès de Jonathan


