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JusticeÉpisode 10/5

Mehdi Laribi, le baron de la DZ Mafia, intouchable en Algérie : la souveraineté contre la coopération

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-11
Illustration: Mehdi Laribi, le baron de la DZ Mafia, intouchable en Algérie : la souveraineté contre la coopération
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Les faits

Mehdi Laribi était en cavale. Figure majeure du narcotrafic marseillais, il s'était réfugié en Algérie. Selon une source diplomatique citée par RFI, la France a transmis aux autorités algériennes des éléments d'état civil et de localisation. Il a été interpellé. L'opération découle de l'enquête Octopus, menée par la gendarmerie à Marseille, qui cible les hauts responsables du narcotrafic. C'est elle qui a permis d'émettre plusieurs mandats d'arrêt — dont celui visant Laribi.

Mais voilà où ça se complique. L'Algérie, conformément à l'article 23 de la convention franco-algérienne, n'extrade pas ses ressortissants. La France non plus, d'ailleurs — c'est le droit commun. Mehdi Laribi est donc « non extradable », a confirmé une source diplomatique à RFI. Il sera jugé en Algérie.

Les deux parquets vont devoir coopérer pour constituer le dossier criminel. La justice française doit transmettre aux autorités algériennes les preuves de l'enquête Octopus. Selon la source, Laribi est notamment accusé d'avoir dirigé la DZ Mafia depuis l'Algérie via des applications de messagerie cryptée.

Deux points méritent d'être soulignés. D'abord, l'Algérie a informé la France de l'arrestation, ce qu'elle n'était pas obligée de faire. Ensuite, la procureure du Parquet national anticriminalité organisée française s'était rendue à Alger en février pour discuter de ce dossier. Selon la source, « cela aboutit », y voyant un signe de détente.

Le contexte

Mehdi Laribi est un nom qui résonne dans les dossiers du grand banditisme marseillais. Selon la source, il est l'un des fondateurs présumés de la DZ Mafia, une organisation criminelle née des cendres des anciens clans.

Son arrestation en Algérie, où il s'était réfugié, est un coup dur pour l'organisation. Mais la non-extradition en limite la portée. Selon la source, Laribi aurait continué à donner des ordres depuis l'étranger, utilisant des applications cryptées.

Le traitement judiciaire

Mehdi Laribi sera jugé en Algérie. La procédure implique une coopération étroite entre les deux pays. La France doit fournir les preuves accumulées par l'enquête Octopus. En échange, l'Algérie s'engage à poursuivre le suspect pour des faits de trafic de stupéfiants.

Reste à savoir si cette coopération est suffisante. La visite de la procureure française en février a débloqué les choses, mais les relations quotidiennes restent tendues. Un poste d'attaché de sécurité intérieure français à Alger est en négociation. La France attend le feu vert des autorités algériennes pour l'accréditation de ce haut fonctionnaire, chargé de la coopération policière et judiciaire de routine. Parallèlement, selon la source, le poste de magistrat algérien à Paris serait actuellement vacant. « Là aussi des négociations seraient en cours », indique la source.

Selon la source, le narcotrafic est une priorité commune, qui dépasse les clivages diplomatiques. « L'Algérie ne souhaite pas devenir un refuge pour les narcotrafiquants », rappelle la source diplomatique. Pourtant, le principe de non-extradition des nationaux offre un bouclier commode.

Ce que ça dit de la France

L'affaire Laribi révèle une réalité brutale : la souveraineté judiciaire de l'Algérie prime sur la coopération européenne. La France, incapable d'obtenir l'extradition, doit se contenter d'une transmission de preuves.

L'État français, pourtant, a investi massivement dans l'enquête Octopus. Mais face à un pays qui ne livre pas ses ressortissants, l'effort se heurte à un mur juridique. La France elle-même refuse d'extrader ses propres citoyens — une règle héritée du XIXe siècle, qui sert aujourd'hui les narcotrafiquants.

L'Algérie, de son côté, ne veut pas passer pour un refuge. Mais elle ne transige pas sur sa souveraineté. Le compromis trouvé — juger Laribi sur place — est une solution pragmatique, mais fragile.

Et maintenant ?

L'arrestation de Mehdi Laribi est une victoire, mais pas une défaite du narcotrafic. La coopération franco-algérienne est un test. Si elle fonctionne, d'autres dossiers suivront. Si elle échoue, les barons continueront à se cacher en Algérie, en toute impunité.

Sources :

  • RFI, DZ Mafia : que change l’interpellation de Mehdi Laribi en Algérie ? (vidéo YouTube, 10 août 2026)
  • Source diplomatique (citée par RFI)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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Épisode 10 · 2026-08-11

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