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EnvironnementÉpisode 2/1

Mégafeux 2026 : l'État a-t-il tout prévu ?

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-08
Illustration: Mégafeux 2026 : l'État a-t-il tout prévu ?
© YouTube

Prévisibles, mais pas prévus

Selon Marc-André Selosse, biologiste et professeur au Muséum d'histoire naturelle : « Ces incendies sont prédictibles. Il n'y a pas de surprise. » Le changement climatique assèche les sols, rend les plantes plus inflammables. Ce qui est arrivé au Canada et en Australie arrive aujourd'hui au sud de l'Europe. La Grèce, la Turquie, l'Espagne — toutes ont battu leurs records de surfaces brûlées. Un feu monumental a même atteint les portes de Madrid. La France n'a pas été épargnée.

Le coût réel : 5 à 10 ans de dommages économiques, 30 ans écologiques

Selon la source, le marché du bois de pin dans les Landes sera ébranlé pour 4 à 5 ans. Sous terre, l'azote se volatilise dans les incendies sous forme d'oxyde d'azote. Les sols perdent leur fertilité. « Il reste du phosphore, mais plus assez d'azote pour que ça pousse bien », explique le biologiste. La résilience écologique s'étale sur 30 ans. Les microbes du sol, vitaux pour les plantes, sont tués par la chaleur. La litière brûlée ne protège plus le sol contre l'érosion. La répétition des feux aggrave la situation.

La monoculture, une erreur historique

La vidéo affirme qu'au XIXe siècle, les Landes étaient un marais. On a planté du pin maritime pour assécher la zone, drainer, et produire du bois. Résultat : une monoculture qui couvre 75 % des surfaces. « C'est fait pour brûler », selon Selosse. Les drains qui ont asséché la nappe phréatique empêchent aujourd'hui l'eau de remonter. « Il faut peut-être boucher ses drains, avoir moins de forêt pour que la nappe remonte », suggère le scientifique.

Des solutions existent, selon la source : le pistachier dans le sud de la France, le guayule (plante à latex), le sorgho à la place du maïs trop gourmand en eau. Mais ces cultures demandent des filières en aval, des débouchés, des investissements.

L'État recule sur l'essentiel

Le vrai problème, selon Selosse, n'est pas la gestion forestière. C'est le changement climatique lui-même. « Quand il y a une inondation chez vous, vous commencez pas par éponger avant de boucher le trou. Vous bouchez le trou. » L'émission de gaz à effet de serre est la mère des batailles.

Or, selon la source, l'Europe recule. La législation anti-déforestation, qui devait empêcher l'importation de bois issu de déforestation, n'est pas votée. Les quotas carbone pour les entreprises européennes sont assouplis, sous prétexte de compétitivité. « Nous sommes en train de creuser notre tombe », selon Selosse.

Sébastien Lecornu, le Premier ministre français, a lancé une mission reconstruction et adaptation des territoires. Mais selon la source, « il faut qu'on entende enfin les scientifiques, qu'on ne les écoute pas du tout quand ils parlent de pesticides ou de prévention ». Chaque territoire devrait être l'objet d'une concertation, selon le biologiste.

Les pertes de production de volaille atteignent 3 à 5 % de l'année, simplement parce que les animaux meurent de chaud dans les hangars. Les agriculteurs sont en première ligne.

Et maintenant ?

Les faits sont têtus. Les mégafeux vont se multiplier. Le climat change plus vite que les politiques. S'adapter sans réduire les émissions de gaz à effet de serre, c'est courir après un train qui accélère. « Si on s'adapte à un climat dans 10 ans qui aura changé entre-temps, ce sera 20 », prévient Selosse.

La priorité absolue est de réduire les émissions. Mais cela suppose de s'attaquer aux lobbies agricoles, forestiers, énergétiques. Cela suppose de taxer le carbone, de subventionner la diversification, de planter des espèces adaptées, de boucher les drains, de remplacer le maïs par du sorgho. Cela suppose de sortir de la monoculture et de la pensée unique.

L'État a-t-il la volonté de le faire ? Rien n'est moins sûr. La mission Lecornu ressemble à une rustine sur une jambe de bois, selon la source. Sans écoute des scientifiques, sans remise en cause des subventions à la monoculture, sans lutte réelle contre les gaz à effet de serre, les incendies de 2026 ne seront qu'un avant-goût.

Les scientifiques ont parlé. Reste à savoir si l'État les écoutera — ou s'il continuera à éponger sans boucher le trou.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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