Marseille: les mineurs, nouvelles armes des trafiquants

Une violence inédite
Quatorze ans. L’âge du dernier mineur arrêté avec une arme à feu. Dans les quartiers nord de Marseille, les réseaux de drogue ont trouvé leur arme idéale : les mineurs. Hyperviolents. Impulsifs. Et surtout, presque intouchables devant la justice.
"Les mineurs sont les nouveaux soldats du trafic", explique un policier sous couvert d’anonymat. "Ils commencent dès 13 ans, parfois moins. Ils transportent les stupéfiants, surveillent les points de deal, et parfois, tirent."
Pourquoi les mineurs ? Ça coûte moins cher. Ils sont moins contrôlés. Et surtout, ils risquent moins. En France, un mineur de moins de 16 ans ne peut pas être condamné à de la prison ferme, sauf pour des crimes graves.
Marseille, capitale du trafic
Marseille n’est pas une ville comme les autres. C’est le point d’entrée historique de la drogue en France. 80 % de l’héroïne et de la cocaïne européennes transitent par ses ports. Les réseaux y sont puissants. Organisés. Et surtout, prêts à tout.
"Les trafiquants marseillais ont compris depuis longtemps que les mineurs sont une ressource", précise une source proche de l’enquête. "Ils les paient en drogue, en argent, ou simplement en leur offrant une place dans le groupe."
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, plus de 150 mineurs ont été interpellés pour des faits liés au trafic de drogue dans les Bouches-du-Rhône. Un record. Et parmi eux, une majorité avaient moins de 16 ans.
Une spirale infernale
Le recrutement commence tôt. Très tôt. Dans les collèges, les stades, ou simplement dans la rue. Les réseaux repèrent les adolescents en difficulté. Ceux qui cherchent à s’échapper. Ceux qui veulent de l’argent. Ceux qui veulent être respectés.
"J’ai commencé à 14 ans", raconte Karim, un ancien dealer aujourd’hui en prison. "Ils m’ont donné un téléphone et un couteau. Je devais surveiller le point de deal. Si quelqu’un essayait de voler, je devais intervenir."
Karim a fini par tirer. Deux fois. Une fois pour blesser. Une fois pour tuer. Aujourd’hui, il purge une peine de 20 ans. Mais il n’a pas peur. "En prison, je suis respecté. Dans la rue, j’étais un roi."
L’enquête continue
Les forces de l’ordre sont dépassées. Les mineurs sont difficiles à interpeller. Et encore plus difficiles à condamner. Les lois françaises protègent les jeunes délinquants. Trop, selon certains policiers.
"On les arrête. On les libère. Et ils recommencent", déplore un officier de police marseillais. "C’est un cercle vicieux. Les réseaux le savent. Ils en jouent."
En 2025, seulement 30 % des mineurs interpellés pour des faits liés au trafic ont été condamnés. Et parmi eux, une infime minorité a écopé de peines de prison ferme.
Les enquêteurs sont sur le terrain. Ils traquent les réseaux. Ils interpellent les chefs. Mais les mineurs, eux, restent dans l’ombre. Silencieux. Invisibles. Et toujours prêts à tirer.
Un silence assourdissant
Dans les quartiers nord de Marseille, personne ne parle. Les familles se taisent. Les voisins ferment les yeux. Les mineurs, eux, savent qu’ils sont protégés par le silence.
"Personne ne dénonce", confirme une habitante d’une cité sensible. "On a peur. Les réseaux sont puissants. Ils savent tout. Ils voient tout."
Les associations tentent d’intervenir. Elles proposent des alternatives. Des stages. Des formations. Mais c’est souvent trop tard. Les mineurs sont déjà pris dans l’engrenage. Ils ne veulent pas en sortir.
"Pour eux, c’est une vie", explique un éducateur. "Ils ont de l’argent. Ils ont du pouvoir. Ils ont du respect. Que peut-on leur proposer en échange ?"
Une guerre sans fin
Marseille est en guerre. Une guerre invisible. Une guerre qui ne fait pas la une des journaux. Une guerre qui se joue dans l’ombre. Avec des armes. Avec de la drogue. Et surtout, avec des mineurs.
Les réseaux de trafic ont compris que les adolescents sont une arme puissante. Ils les utilisent sans scrupule. Ils les sacrifient sans hésiter. Et ils recommencent, encore et encore.
Les forces de l’ordre sont là. Les enquêteurs travaillent. Les associations interviennent. Mais la guerre continue. Et les mineurs, eux, paient le prix fort.
Sources
- Le Monde
- Données de la police nationale
- Témoignages recueillis sur le terrain
L’affaire commence ici.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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