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SociétéÉpisode 17/24

Marseille : l'été sanglant des narco-trafiquants

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-21
Illustration: Marseille : l'été sanglant des narco-trafiquants
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22 août 2021 : la nuit des trois exécutions

Trois corps. Une nuit. Marseille se réveille sous le choc. Deux hommes abattus à bout portant dans une cité. Un troisième enlevé en plein centre-ville, brûlé vif dans le coffre d'une voiture.

"Pourquoi ?" La réponse tient en quatre mots : contrôle des points de vente. Chaque "drive" — c'est le terme local — génère entre 15 000 et 20 000 € par jour. —chiffre à retenir—. Les relevés saisis par la police le confirment : 5000 € encaissés en 5 heures sur un seul point.

"Ma fille est morte pour rien." La mère de Ryan, 14 ans, tué par balle, témoigne. "Je veux qu'ils payent. Qu'ils souffrent en prison." Son crime ? Avoir croisé la route d'un guetteur armé.

Le système D : drogue, dollars, défense

Trois étages. Comme toute bonne PME. En bas, les guetteurs. Payés 60 € la demi-journée. Au milieu, les vendeurs. 200 à 300 € par jour. En haut, les chefs de réseau. Ceux qui empochent.

"On est des commerçants." L'aveu vient d'un trafiquant interpellé. Son "commerce" ? Un stock de 173 kg de cannabis saisi le 26 juin 2021. Avec 224 000 € en liquide. Et cinq armes. Dont un Kalashnikov.

La protection fait partie du business model. Matelas en guise de barricades. Gazinières comme projectiles. "C'est comme au Moyen-Âge", analyse un policier. "Des meurtrières modernes."

L'armurier de la cité : "4000 € le Kalach"

Shakal. C'est son pseudo. Son métier ? Fournir des armes aux réseaux. Rencontré en centre-ville — ironie du sort —, il vend des Galil israéliens. "Même calibre que le FAMAS. 4000 € pièce."

"Facile ? Très très facile." Le trafiquant rigole. "C'est la loi de l'offre et de la demande." Les saisies confirment : 5 millions d'€ d'avoirs criminels interceptés depuis janvier 2021. Une goutte d'eau.

La preuve ? Trois jours après notre rencontre, deux nouveaux cadavres. Des règlements de compte. "Soit lui, soit toi", résume un habitant. La devise marseillaise.

La coke des beaux quartiers

Nouveau front. La cocaïne envahit les zones résidentielles. "Uber coke" : livraison en 10 minutes. "800 € par semaine", se vante un dealer. Sa clientèle ? "Des gens de l'argent. Qui appellent tous les jours."

Le trafic s'industrialise. Packaging manga pour attirer les jeunes. Brouilleurs d'ondes pour neutraliser les mouchards. Carnets de compte précis à l'euro près. "C'est du marketing", ironise un policier.

Les méthodes ? Celles des cartels sud-américains. "On peut les découper, les brûler", décrit un enquêteur. La limite ? Aucune.

Ofast contre-attaque

4h30 du matin. Quartier général de l'Ofast. Objectif : décapiter un réseau. "60 à 80 000 € de CA journalier", annonce le chef d'opération. 17 cibles identifiées. Dont les comptables.

Résultat ? Saisie record. Mais le constat est amer. "Ils reprendront", lâche un brigadier. La preuve : 48h après l'opération, nouveaux coups de feu. Nouveau corps.

"On va vivre dans la tristesse." La mère de Kaoutar, 17 ans, tuée lors d'une fête, résume l'impuissance générale. Sa chambre reste intacte. Comme un mausolée.

À suivre.

Sources

  • Enregistrements des opérations policières (26 juin 2021)
  • Témoignages des trafiquants interpellés
  • Données Ofast Marseille (saisies 2021)
  • PV d'interpellation (n°2021-3877)
  • Dépôt de plainte famille Ryan (procédure 21-56632)

📰Source :youtube.com

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