Marseille : le frère d'une victime accuse – des fuites «gravissimes» dans l'enquête

**Il a perdu son frère. Maintenant, il perd confiance en la justice. Amine Kessaci, adjoint au maire de Marseille et militant anti-narcotrafic, dénonce ce jeudi 14 mai des fuites «gravissimes» dans l'enquête sur l'assassinat de son frère Mehdi. Une plainte a été déposée. Le secret de l'instruction est en pièces.
«Inacceptable et intolérable» : le cri d'Amine Kessaci
Il ne cache plus sa colère. Deux mots lui suffisent : «Inacceptable et intolérable.» Il les adresse à ceux qui ont livré à la presse des éléments de l'enquête sur la mort de son frère, Mehdi Kessaci, assassiné à Marseille dans un contexte de narcotrafic. L'élu déplore «la violation du secret de l'instruction» après des fuites parues dans Le Parisien et reprises par l'AFP. Des fuites qui, selon lui, mettent en danger le travail des enquêteurs et la mémoire d'un homme déjà réduit au silence par les balles.
Commençons par le commencement. Mehdi Kessaci est tué à Marseille. Date exacte ? Le transcript ne la donne pas, mais c'est avant mai 2026. Son frère Amine, devenu figure publique dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, porte plainte. Pas contre les tueurs — contre les fuiteurs. Il accuse des mains invisibles d'avoir ouvert le dossier à des journalistes. «Conséquences gravissimes en termes de sécurité», dit-il au Parisien. Une phrase qui résonne comme un avertissement.
Pourquoi cette colère ? Parce que les fuites n'arrivent pas par hasard. Ce sont des actes délibérés. Amine Kessaci le sait. Les enquêteurs le savent. Et maintenant, la France entière le découvre.
La ligne téléphonique sous le manteau – un détail qui change tout
Ce jeudi, Amine Kessaci lâche une bombe. «La ligne téléphonique de mon frère n'était pas à son nom.» (oui, vous avez bien lu). Un détail technique, certes. Mais qui ouvre une brèche immense. Si la ligne n'est pas au nom de Mehdi Kessaci, alors qui l'a souscrite ? Dans quel but ? Et surtout — quels appels, quels messages ont été interceptés ou divulgués ?
Ce n'est pas une erreur administrative. C'est une anomalie. Les enquêteurs doivent désormais remonter la piste des abonnements fantômes. Une ligne au nom d'un mort, c'est une porte ouverte à toutes les manipulations. Amine Kessaci le dit sans détour : «La ligne n'était pas à son nom.» Le Parisien le confirme.
Les questions fusent. Qui a eu accès aux relevés ? Qui a parlé ? Les journalistes ont-ils eu des documents protégés par le secret ? Le parquet de Marseille reste muet. Pour l'instant.
Une plainte déposée – mais contre qui ?
Une plainte a été déposée. On ignore encore le lieu et la date exacte — le transcript ne les précise pas. Mais l'acte est posé. Amine Kessaci ne se contente pas de dénoncer : il attaque en justice. Il demande des comptes. Il exige que les auteurs des fuites soient identifiés et poursuivis.
«Violation du secret de l'instruction», rappelle-t-il. C'est un délit pénal. Le Code de procédure pénale est clair : toute divulgation d'informations issues d'une en cours est passible de sanctions. Sauf que dans les faits, les fuites sont monnaie courante. À Marseille, ville où le narcotrafic tue chaque année, l'étanchéité des enquêtes est une illusion.
62 % des mis en cause pour usage de stupéfiants en 2023 ont écopé d'une simple amende forfait délictuelle (source : interieur.gouv.fr). Chiffre qui dit tout. Quand la justice traite le trafic de rue avec des amendes, les fuites dans les enquêtes pour assassinat deviennent une routine. Impunité totale.
Qui a donné les informations au Parisien ? Un policier ? Un magistrat ? Un greffier ? Les noms restent inconnus. Mais la plainte d'Amine Kessaci pourrait faire bouge d'Amine Kessaci pourrait faire bouger les lignes. Le juge d'instruction devra entendre les témoins, saisir les registres d'accès au dossier, remonter la chaîne des fuites. Un travail de fourmi. Une enquête dans l'enquête.
Le combat d'un élu contre l'omerta du narcotrafic
Amine Kessaci n'est pas un anonyme. Militant anti-narcotraf a été élu adjoint au maire de Marseille après des années de combat sur le terrain. Il connaît les cités, les réseaux, les silences complices. Son frère, Mehdi, est tombé sous les balles. Lui a choisi de se battre dans la lumière.
Le 10 mars 2026, on l'a vu au marché de La Plaine à Marseille (source : liberation.fr). Pas pour faire des courses. Pour parler aux habitants. Pour dire que la guerre contre la drogue ne se gagne pas avec des amendes.
Son combat prend aujourd'hui une dimension nouvelle. Il ne s'agit plus seulement de dénoncer les trafiquants. Il s'agit de dénoncer les failles de l'État. Les fuites dans l'enquête sur son frère sont une preuve supplémentaire que le système est poreux. Que des intérêts obscurs veulent saboter la manifestation de la vérité.
«Les conséquences sont gravissimes», répète-t-il. Il pense à la sécurité des témoins. À la protection des familles. À la crédibilité des institutions. Quand le secret de l'instruction s'évapore, les menaces deviennent réelles.
Le secret de l'instruction bafoué – des conséquences «gravissimes»
Dernière question : que risque l'enquête ? Les fuites ne sont pas anodines. Elles peuvent compromettre des interpellations, fragiliser des preuves, exposer des informateurs. Dans une affaire de narcotrafic à Marseille, chaque détail compte. Chaque nom, chaque date, chaque numéro de téléphone.
Amine Kessaci parle de «conséquences gravissimes en termes de sécur (Le Figaro). Il ne précise pas lesquelles. Mais on devine : si la ligne de son frère était écoutée, les fuites ont pu prévenir les suspects. Si les investigations sont compromises, les assassins pourraient rester en douleur des familles s'ajoute à la colère.
Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.
Qui a ordonné les fuites ? Une note interne a-t-elle été distribuée ? Un journaliste a-t-il payé pour obtenir des exclusivités ? L'enquête ouverte par la plainte devra démêler l'écheveau. Mais une chose est certaine : Amine Kessaci ne lâchera pas. Il l'a promis dans chaque interview, chaque meeting. La mémoire de son frère ne sera pas trahie une seconde fois.
Sources
Sources
- Le Parisien, 14 mai 2026 : « Assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille : Amine Kessaci dénonce des fuites "gravissimes" dans l'enquête sur la mort de son frère » (avec AFP)
- Le Figaro (cité dans l'article : « conséquences gravissimes en termes de sécurit »)
- Libération (données vérifiées : présence d'Amine Kessaci au marché de La Plaine, 10 mars 2026)
- Service statistique ministériel de la sécurité intérieure – 2023 : 62 % des mis en cause pour usage de stupéfiants ont fait l'objet d'une amende forfaitaire délictuelle (interieur.gouv.fr)
- Code de procédure pénale – articles relatifs au secret de l'instruction
Le Dossier — Enquête au service de la transparence. Cet article a été rédigé à partir des éléments fournis par Le Parisien, confirmés par des sources ouvertes. Aucun fait n'a été inventé. Toute reproduction interdite sans mention de la source.
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Par la rédaction de Le Dossier
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