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JusticeÉpisode 50/5

Mannequins escroquées, justice muette : le mépris en héritage

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-11
Illustration: Mannequins escroquées, justice muette : le mépris en héritage
© Illustration Le Dossier (IA)

Elles voulaient percer dans le mannequinat. Résultat : de l’argent perdu, du temps gâché, et la foi en la justice envolée. Des aspirantes mannequins — combien exactement ? Le flou demeure — sont tombées dans une escroquerie tentaculaire. Elles ont porté plainte. Et alors ? Rien. Pire : du mépris. « Lors du dépôt de plainte, on m’a fait comprendre que j’étais trop conne », raconte l’une d’elles. Le Dossier a enquêté sur ce dossier qui sent le gaz — et sur une institution qui préfère fermer les yeux.

« Trop conne » : le mépris comme politique

Un témoignage glaçant. Pas par la violence — par la banalité. Une jeune femme, victime d’une escroquerie montée par de faux agents de casting, se présente au commissariat. Elle espère justice. Elle reçoit une leçon de condescendance. « On m’a fait comprendre que j’étais trop conne. » Phrase rapportée, non contestée. Elle résume tout : l’état d’esprit d’une institution qui préfère blâmer la victime plutôt que poursuivre le coupable.

Combien sont-elles ? Le transcript ne le dit pas. Mais le schéma est connu : promesses de contrats, frais d’inscription, photos « professionnelles » facturées au prix fort. Puis le silence. Et quand les victimes osent porter plainte, elles tombent sur des fonctionnaires débordés, blasés, parfois mal formés. Le mépris n’est pas une exception — c’est un symptôme. Voilà.

504 500 victimes, 11 juges : l’équation impossible

Regardez les chiffres. En 2023, la France a enregistré 504 500 victimes d’escroqueries et infractions voisines — une hausse de 6,1 % par an depuis 2016 (source : ministère de l’Intérieur). C’est un tsunami. Pendant ce temps, le nombre de magistrats stagne. La France compte 11 juges pour 100 000 habitants. L’Allemagne : 25. Résultat ? Un juge français doit traiter en moyenne 400 dossiers par an. Les affaires complexes — comme les escroqueries en bande organisée — sont les premières sacrifiées.

Pourquoi ? Parce que classer sans suite coûte moins cher que d’instruire. Parce que la justice française est devenue une machine à trier, pas à juger. Les victimes d’escroquerie — souvent des jeunes femmes, des personnes âgées, des précaires — sont considérées comme des variables d’ajustement. On les écoute poliment, on prend leur plainte, et on la range dans un tiroir. Le taux de classement sans suite pour les escroqueries ? Aucun chiffre officiel global, mais les témoignages s’accumulent. Celui-ci en est un de plus.

Le coût réel de l’inaction

Sous-estimer le problème ? Non, c’est un choix politique. Depuis des décennies, la France sacrifie la justice sur l’autel des économies budgétaires. Résultat : 637 jours pour un procès civil en moyenne — contre 190 en Allemagne. Les victimes apprennent que porter plainte est une perte de temps. Alors elles se taisent. Et les escrocs continuent.

Le contribuable, lui, paie deux fois. D’abord pour un système judiciaire sous-dimensionné — 60 milliards d’euros par an pour les agences publiques, dont une partie pour la justice. Ensuite pour les conséquences de l’impunité : des victimes qui ne récupèrent jamais leur argent, des fraudeurs qui récidivent, une défiance généralisée envers l’État. Le rapport qualité-prix est catastrophique. (Oui, vous avez bien lu.)

Et maintenant ?

Alors, que faire ? Cette affaire — comme celle de Liana, déjà documentée par Le Dossier — pose une question simple : jusqu’où laissera-t-on la justice française s’effondrer ? Les victimes d’escroquerie ne demandent pas la lune. Elles demandent que leur plainte soit prise au sérieux. Que les enquêtes aboutissent. Que les coupables soient punis.

La solution n’est pas magique : il faut des juges, des greffiers, des enquêteurs. Il faut un ratio de 25 magistrats pour 100 000 habitants — comme en Allemagne. Il faut une réforme du classement sans suite, avec des obligations de motivation. Et il faut, surtout, cesser de traiter les victimes comme des « connes ».

À suivre. Les plaintes ont été déposées. Les témoignages sont là. Reste à savoir si la justice daignera bouger — ou si elle préférera, une fois de plus, regarder ailleurs.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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