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Macron en Syrie : une visite aux objectifs flous entre djihadistes et reconstruction

Par la rédaction de Le Dossier · 7 JUILLET 2026

Côté économique, les bénéfices ne sont pas pour tout de suite. « La Syrie est un pays pauvre. Relativement insolvable », nous explique le chercheur. Bien que Macron voyage avec des représentants d'entreprises françaises — quelques contrats à obtenir, peut-être — le pays reste loin d'être un Eldorado.

Contexte sécuritaire

Jeudi dernier, un attentat à la bombe a fait dix morts dans un café de Damas, près du palais de justice. La situation sécuritaire s'est « beaucoup améliorée », nuance Pierret. Le bilan hebdomadaire des morts violentes tourne autour d'une dizaine. « Relativement peu » pour un pays qui sort d'une guerre civile.

Quelques semaines plus tôt, une voiture piégée visait un bâtiment de l'armée syrienne en plein centre-ville. Certaines attaques récentes ont été revendiquées par l'État islamique. Celle du palais de justice, non. Selon Pierret, une partie des incidents est le fait de cellules de l'EI. Mais des réseaux liés à l'ancien régime — des personnes poursuivies par la justice, dont certaines commencent à être jugées — pourraient aussi s'en prendre au nouveau pouvoir.

Violences sectaires et fragmentations

En mars dernier, des massacres ont frappé la région côtière à majorité alaouite. Depuis, la violence y a diminué — mais elle s'est déplacée vers le centre, dans les régions de Homs et Hama. En juillet 2025, la région de Sida, à majorité druze, a été le théâtre de massacres impliquant des membres des forces de sécurité et de l'armée syrienne. Depuis, elle est en état de « sécession de fait ». Des groupes armés et des chefs religieux refusent toute réintégration dans l'État syrien. Ils appellent au soutien d'Israël. Les négociations sont « complètement bloquées ».

Dans le nord-est, en revanche, les régions kurdes négocient pour préserver une autonomie de fait. Sans la nommer. Et cela donne des raisons d'être optimiste.

Enjeux français

La France attend des autorités syriennes qu'elles surveillent de près quelques dizaines de combattants djihadistes français. Ils sont « parqués » dans un camp près d'Idlib. Ils ont refusé de rejoindre la nouvelle armée syrienne. Paris les considère comme particulièrement dangereux. L'objectif est clair : les empêcher de rejoindre clandestinement la France.

Sur le plan kurde, la France pousse pour une solution négociée entre Damas et les Forces démocratiques syriennes. L'idée : préserver leur autonomie de fait.

Reconstruction et financement

216 milliards de dollars. C'est l'estimation de la Banque mondiale pour reconstruire la Syrie. La concurrence internationale est féroce. Le positionnement de Macron peut profiter aux entreprises françaises. Mais qui paie ? Souvent, ce sont les États du Golfe : Qatar, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis. Leurs capacités ne sont pas illimitées. Le « gâteau » de la reconstruction, prévient Pierret, est probablement moins important qu'on ne le pense.

Diplomatie et ambassade

La politique de Donald Trump en Syrie ? « Extrêmement incohérente », selon le chercheur. Influencée surtout par les pressions de ses alliés — Turquie, Arabie Saoudite, Qatar. Les États-Unis tentent une médiation entre la Syrie et Israël. Sans succès. Ils n'arrivent pas à mettre un terme aux incursions israéliennes quotidiennes.

Quant à la réouverture de l'ambassade de France à Damas, des considérations sécuritaires (un quartier difficile à sécuriser) et logistiques pourraient la retarder. Malgré l'avancée diplomatique que constitue la visite de Macron.

Bilan sécuritaire

Dix morts violentes par semaine. Des attentats à Damas. Des massacres sectaires dans les régions alaouites et druzes. Une région kurde en négociation sans garantie. Une province druze en sécession de fait, qui appelle au soutien d'Israël. La Syrie reste profondément fragilisée. Voilà le constat.

Sources

  • Interview de Thomas Pierret, chercheur à l’IREMAM (vidéo source)
  • Banque mondiale (estimation de la reconstruction à 216 milliards de dollars)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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