Lyon-Turin : pourquoi un tunnel de 12 milliards quand l'ancien est quasi vide ?

12 milliards pour doubler une ligne presque à l’arrêt
Inaugurée en 1870, la ligne historique relie la France et l’Italie. Vieille, pentue, limitée.
Le nouveau tunnel prévoit 19,7 km sous Belledonne, puis 24 km en Chartreuse. Coût estimé : 12 milliards d’euros. Les opposants le répètent — la ligne actuelle ne transporte que 3 millions de tonnes par an. Sa capacité théorique est de 20 millions (données SNCF, rapports du Sénat et de l’Assemblée nationale). Soit une utilisation à 15-20 %.
Des prévisions vieilles de vingt ans qui ne se sont jamais concrétisées
Les études à l’origine du projet datent de plus de vingt ans. Elles prévoyaient une saturation de l’ancienne ligne dès 2020, avec 15 millions de tonnes de marchandises transférées chaque année. Aujourd'hui, on en est à 3 millions.
Les entreprises ont délocalisé. Les prévisions de croissance n'ont pas eu lieu. Voilà.
Donatien et Anthony exploitent une parcelle de 7 000 m². Elle est menacée par les expropriations — des déclarations d'utilité publique les autorisent. Au total, environ 1 500 hectares sont concernés. L'équivalent de 2 000 parcelles comme la leur.
Selon les opposants, si la ligne existante était utilisée comme prévu dans les déclarations d'utilité publique, un tiers des poids lourds pourraient être transférés dès aujourd’hui.
Pourquoi l’ancienne ligne ne tourne-t-elle pas à plein régime ?
Les défenseurs du projet ont leur réponse : la ligne historique est inadaptée. Un rapport SNCF le dit : « la ligne historique de montagne, toujours en service pour franchir les Alpes, ne permet pas de développer le fret ferroviaire dans des conditions satisfaisantes ». Les convois affrontent des pentes raides, il faut deux à trois locomotives pour tracter des trains courts, et les surcoûts grimpent jusqu’à 40 %. Le rail devient alors peu compétitif face à la route.
Aujourd'hui, environ six trains par jour empruntent le tunnel historique. Avec le nouveau tunnel, plus de vingt sont prévus.
Le contribuable paie, l’agriculteur perd
Les expropriations avancent, via des déclarations d'utilité publique. Des familles — comme celle de Donatien et Anthony — perdent leurs terres pour un projet dont l’utilité est contestée. Une absurdité ? Pour eux, oui.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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