Ultra fast fashion : la France vote une loi inédite contre Shein et Temu, entre triomphe et déception

Un vote historique ? Pas tout à fait.
Anne-Cécile Violent, députée Horizons, ouvre son discours : « Chaque seconde, l’équivalent d’un camion de vêtements est enfoui ou brûlé quelque part dans le monde. » Puis : « Cette réalité dramatique et dévastatrice, nous la mettons enfin en droit aujourd’hui. » Cinq remaniements, une dissolution — le texte a tenu. « L’urgence ne se dissout pas », insiste-t-elle.
Les bancs de la gauche sont restés vides. LFI, socialistes, écologistes : tous se sont abstenus. LR et MoDem votent pour. Le RN aussi. Un consensus apparent. Mais derrière, les désaccords sont vifs. Voilà.
3,6 milliards de vêtements. 10 millions par jour.
Les chiffres donnent le tournis. Serge Papin, ministre des PME, cite Refashion : l’an dernier, 3,6 milliards d’articles neufs — vêtements, chaussures, linge de maison — ont été mis sur le marché en France. Soit 10 millions par jour. En 2010, c’était 2,3 milliards. Qui inonde le marché ? « Trois plateformes : Shein, Temu, AliExpress. Leurs noms étaient encore inconnus il y a trois ans », dit Papin. « Elles ont enregistré une croissance de 12 % de leurs ventes en volume l’an dernier. »
Derrière ces chiffres, une réalité qui donne le vertige : le secteur textile génère près de 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Chaque seconde, un camion de vêtements finit enfoui ou brûlé. Certaines plateformes lancent plusieurs milliers de nouveaux modèles par jour — jusqu’à 900 fois plus qu’une enseigne traditionnelle. (Oui, vous avez bien lu.)
45 %
📰Source :YouTube
Par la rédaction de Le Dossier
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