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Institut Iliade : Le laboratoire de l'extrême droite décomplexée

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-03
Illustration: Institut Iliade : Le laboratoire de l'extrême droite décomplexée
© YouTube

Douze ans. Le temps qu'il a fallu à l'Institut Iliade pour s'infiltrer dans le débat public. Le 11 avril 2026, ce think tank organise un colloque à la Maison de la Chimie sous couvert de défense des "libertés". Conférences, bal traditionnel, exposition artistique. La recette semble anodine. Pourtant, derrière ce vernis intellectuel se cache un projet politique qui devrait nous alarmer.

Quand la tradition devient arme politique

"Ça s'invente pas." Romain Petitjean, directeur de l'Institut Iliade, présente l'événement comme un "grand opéra européen". La réalité est moins poétique.

Les danses traditionnelles — "en cercle, en chaîne" — servent de prétexte à l'exaltation communautaire. "Quand le groupe est souverain, quand on sent le plancher vibrer ensemble..." Des mots qui trahissent une vision du monde inquiétante.

Trois chiffres résument l'opération :

  • 15 nationalités européennes attendues
  • 12 ans d'existence depuis sa création en 2013
  • 1 objectif affiché : "maintenir ce qui fait que nous sommes des Français, des Européens"

La buvette et les costumes folkloriques ne doivent pas nous tromper. Petitjean l'admet sans détour : "Nous réunissons les Européens debout, ceux qui ne baissent pas les yeux." Un lexique martial qui contraste avec l'image policée du colloque.

Libertés plurielles, libertés sélectives

"Les libertés au pluriel". Le thème du colloque sonne comme une provocation. Les interventions prévues en révèlent le vrai visage.

Théo Mercier, avocat et auteur, défend ouvertement la "discrimination". Pas comme insulte — comme méthode. "Le droit doit être au service de la discrimination qui n'est pas un gros mot. On discrimine pour mieux protéger ce qui est en propre."

Jean-Luc de Guenon attaque quant à lui les "minorités agissantes". Pour lui, la "tyrannie des petits drapeaux" menace l'identité européenne. Un discours qui vise clairement les luttes LGBTQ+ et antiracistes.

Comment un think tank peut-il invoquer la liberté tout en prônant l'exclusion ? La question reste en suspens. L'Institut Iliade, lui, ne semble pas troublé par cette contradiction. Bien au contraire.

Un réseau qui dépasse les frontières

L'Iliade ne se contente pas de colloques. Son action s'inscrit dans une stratégie à long terme, bien rodée.

Trois piliers structurent son influence :

  1. Les formations aux "humanités" (histoire, philosophie)
  2. Les publications académiques comme le "cahier du pôle"
  3. Les relais médiatiques via TV Libertés et d'autres plateformes

"Nous traduisons nos travaux dans sept langues", précise Petitjean. Irlandais, Polonais, Espagnols : le réseau dépasse largement les frontières françaises. Une internationalisation inquiétante pour une structure qui cultive le repli identitaire.

Élitisme contre démocratie

"L'Institut Iliade se réclame d'une aristocratie de l'esprit." L'aveu est clair. Face au "nivellement par le bas", l'organisation prône un élitisme assumé.

Sa cible favorite ? L'école républicaine. "Les humanités ont largement été abandonnées", déplore Petitjean. En réalité, l'Iliade combat moins la disparition des savoirs que leur démocratisation.

Son credo : "Verticalité", "code d'honneur", "hauteur de vue". Un vocabulaire qui sent bon le XIXe siècle. La référence constante au Moyen-Âge — "l'homme médiéval" comme modèle — en dit long sur son projet de société.

La stratégie du martyr

"Plusieurs intervenants ont été victimes de mesures liberticides." Le colloque met en scène sa propre censure. Martine Selur, Pierre Larti, Laurent Auerbach : tous se présentent en martyrs de la "pensée interdite".

Stratégie classique. Se draper dans la persécution pour mieux légitimer des idées extrêmes. Mais Petitjean se défend : "Il ne faut pas se gargariser d'être une victime." Trop tard. L'ensemble du programme cultive le sentiment d'un "peuple autochtone" assiégé.

Un exemple frappant ? La défense du foyer. "Au Moyen-Âge, j'avais le droit de défendre ma famille. Aujourd'hui, je serais en Bastille." Le message est limpide : appel à la violence légitime contre les "envahisseurs".

Sources

  • Cahier du pôle de l'Institut Iliade
  • Site officiel du colloque (colloqueinterl.com)
  • Fiche Wikipédia de l'Institut Iliade
  • Entretien avec Romain Petitjean (TV Libertés)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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