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Bella, la surfeuse infiltrée : mariage en ligne avec un djihadiste, un renseignement citoyen passé sous les radars

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-11
Illustration: Bella, la surfeuse infiltrée : mariage en ligne avec un djihadiste, un renseignement citoyen passé sous les radars
© YouTube

Bella n'avait rien d'une espionne

Une femme ordinaire. Surfeuse. Expatriée de Polynésie française.

Son monde s'effondre en 2015. Les attentats de Charlie Hebdo. « J'ai eu besoin d'essayer d'aider des gens », dit-elle dans le podcast de Mediapart. Elle s'inscrit sur Twitter.

Elle tombe sur des comptes parodiques qui se moquent des djihadistes. Des noms grotesques : Abou Chabouche, Abou Portant. Elle contacte l'un d'eux. Il l'intègre à un groupe informel.

Bella rejoint la « Katiba des Narvalos », selon son récit. Leur règle ? Ridiculiser les djihadistes, sans jamais attaquer l'islam ni les musulmans.

Un jour, elle repère un compte

Des propos antisémites. Elle le trolle. L'homme lui répond en message privé : « Tu me fais rire. » Puis il poste une photo — lui, une Kalachnikov à la main.

Contact immédiat avec Chabouche, un ancien de la DGSI selon le groupe. « Là, tu es sur un gars qui est en Syrie. »

L'homme s'appelle Mohamed. Entre membres de la Katiba, on le surnomme « Momo ». Bella accepte d'infiltrer plus loin.

Elle apprend sur le tas. Chabouche la guide. Charlie, un ingénieur en cybersécurité, vérifie chaque cliché envoyé.

Elle invente une vie proche de la sienne. Sage-femme de formation, elle répond aux questions médicales. Habitante de Moréa.

Elle lui envoie des photos de son corps. Sans visage. Jamais de nude. Elle impose ses limites. Quand Momo exige des photos de ses fesses, elle dit non. Il la boude, coupe le contact deux jours. Mais elle tient bon.

« Il faut ne jamais avoir peur de les perdre », explique-t-elle. Un jour, Charlie est chargé de trouver des photos de fesses sur Internet, aussi proches que possible du grain de peau de Bella.

Momo devient pressant

Un soir, il revient du combat, énervé. Il exige le mariage. Immédiat.

Bella panique. Elle appelle Charlie et Chabouche.

Elle accepte. La procédure est simple. Douche. Rasage intégral. Répétition de phrases en arabe. Le mariage dure deux minutes.

« Je savais très bien que c'était du pipo », dit-elle.

Bella ne peut plus garder ces renseignements pour elle

Chabouche insiste. Il faut contacter les « cousins » — la DGSI.

C'est le père de Bella qui fait le lien. Un ami dans les renseignements généraux de l'île. Il passe un coup de fil. On demande un dossier.

Bella compile tout : captures d'écran, photos, numéros. Elle attend. Deux mois plus tard, un appel. « Rendez-vous au commissariat, on vous attend. »

Elle y va. Elle rencontre des agents. Elle leur remet le dossier.

Mediapart ne dit pas si la DGSI a exploité ces données ni si l'homme a été neutralisé.

Bella ne montre jamais son visage dans l'interview. Elle affirme risquer sa vie.

« J'ai pas envie de terminer décapité chez moi », lâche-t-elle.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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