EXCLUSIF: Le gang islamiste qui a terrorisé la métropole lilloise

1996, Nord de la France. Le quartier de l'Alma à Roubaix se réveille en sursaut. Des explosions. Des rafales d'armes automatiques. Le RAID vient de mettre fin à six semaines de cauchemar. Retour sur l'épopée sanglante du gang le plus armé de l'histoire criminelle française.
Croix, 27 janvier 1996 : première salve
Didier Cardon n'a pas le temps de finir son "Police !". Face à lui, un homme pivote, arme au poing. Les rafales de Kalashnikov déchirent la portière de la voiture banalisée.
Derrière le muret, les policiers retrouveront plus tard un pistolet mitrailleur Uzi — 850 coups/minute. "Des scènes de guerre", souffle Philippe Pochon, photoreporter présent sur place. La métropole lilloise vient d'entrer en zone de combat.
Février rouge : la folie meurtrière
Trois braquages en cinq jours. Des hommes en treillis, visages masqués. Des attaques éclairs pour des butins dérisoires — 5000€ max.
Et pourtant. Ils tirent. Toujours.
Le 8 février, Amou Fedal, 33 ans, se fait abattre à bout portant sur une route de Faches-Thumesnil. Son crime ? Avoir croisé la route des braqueurs. Un boucher, lui, s'en sort miraculeusement après avoir noté une plaque. La seule erreur du gang.
Mars : l'escalade
25 mars, Auchy-les-Mines. Un lance-roquettes explose la porte d'un fourgon blindé Brink's. Le camion "fait un bond en l'air" selon un témoin. Les convoyeurs survivent par miracle.
Trois jours plus tard, les policiers découvrent l'impensable : trois bouteilles de gaz bourrées d'explosifs garées devant le commissariat central de Lille. L'attentat avorté qui change tout.
29 mars, 5h du matin. 1000 cartouches tirées. Quatre morts. Une maison réduite en cendres par une grenade artisanale. Le RAID vient de neutraliser la cellule — armes au pied, prête à en découdre.
Christophe Kaz, l'énigme belge
Gand, avril 1996. Dans une voiture criblée de balles, le cadavre de Christophe Kaz. À ses côtés, un arsenal digne d'une milice et... un agenda électronique crypté.
La clé de l'affaire ? Ces mots retrouvés plus tard : "Ils ont agi pour la cause." Pas des braqueurs. Des soldats.
L'onde de choc
Le gang de Roubaix a ouvert une ère nouvelle. Leur signature ? Des armes de guerre, une violence systématique, des connexions avec les réseaux jihadistes. "Des islamo-braqueurs", résume Romuald Müller, patron de la PJ à l'époque.
Trente ans plus tard, leur ombre plane toujours. Quand la criminalité bascule dans le terrorisme, Roubaix sert de cas d'école. Voilà.
Sources :
- La Voie du Nord
- Affaire sonore (podcast)
- Témoignages des policiers et journalistes
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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