LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

Finance

Galeries Lafayette : le chef cuisinier relaxé accuse la famille propriétaire d'abus de biens sociaux

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-03
Illustration: Galeries Lafayette : le chef cuisinier relaxé accuse la famille propriétaire d'abus de biens sociaux
© Illustration Le Dossier (IA)

Cédric — son prénom a été modifié — erre, sonné, autour du siège des Galeries Lafayette, à Paris. C'est le matin du 1er juillet 2021. Neuf ans de bons et loyaux services. Le chef cuisinier du groupe vient d'être mis à pied et raccompagné sur le trottoir par un vigile. « Comment ce salarié modèle, capable d'assurer régulièrement des journées de travail de quinze heures, a-t-il pu devenir radioactif du jour au lendemain ? », s'interroge Mediapart dans une enquête publiée ce 3 juillet 2026.

Tombe de très haut, le quadragénaire. Il ne le sait pas encore : des années de défense l'attendent. L'enseigne de grands magasins — l'un des fleurons du commerce français — l'a licencié sans préavis. Et l'a poursuivi pour escroquerie. Accusation grave. Elle s'effondrera plus tard devant les tribunaux.

Tout commence là. Un salarié irréprochable, soudainement jeté dehors. Une question taraude : pourquoi ?

Procès, relaxe, et retournement

Le procès a eu lieu. Verdict : relaxe. Le chef cuisinier est blanc comme neige sur les charges d'escroquerie. Mais l'histoire ne s'arrête pas là.

Selon Mediapart, l'ex-collaborateur accuse désormais la famille Moulin-Moulin-Houzé-Moulin-Houzé — les propriétaires des Galeries Lafayette — d'avoir organisé des dizaines de réceptions d'ordre privé aux frais du groupe.

Des soupçons d'abus de biens sociaux. « Des dizaines de réceptions », écrit le journal. Rien que ça. Des fêtes, des dîners, des événements — payés par la société, pas par la famille. Si c'est avéré, c'est un délit pénal.

L'abus de biens sociaux, c'est l'utilisation des actifs d'une entreprise à des fins personnelles par ses dirigeants. Article L241-3 du code de commerce. Peine encourue : cinq ans de prison et 375 000 euros d'amende.

Pas de commentaire public de la famille, ni des Galeries Lafayette. L'enquête de Mediapart — signée Alexandre Berteau et Mathias Thépot — ne cite aucune réaction officielle.

Les Galeries Lafayette dans la tourmente

17 à 19 % de recul en 2024 pour le marché du luxe. 3 à 5 % en 2025. Les chiffres sont de Bain & Company, cité par luxe-daily.fr. Au premier trimestre 2026, le chiffre d'affaires du magasin phare tombe autour de 10 millions d'euros. Une chute d'environ 80 % sur un an (source : lessentieldeleco.fr). Hémorragie.

Avec une telle hémorragie, toute accusation de mauvaise gestion ou de détournement devient une bombe. L'image de marque vacille. Les conséquences judiciaires pourraient être lourdes.

Le chef cuisinier, lui, ne demande rien. Relaxé, il veut juste que la vérité éclate. « Je me suis battu pendant cinq ans », aurait-il confié à Mediapart, selon le transcript.

Un précédent qui pèse

Des affaires ont déjà éclaboussé la famille propriétaire des Galeries Lafayette. Mais celle-ci est particulière. Un employé de neuf ans, modèle, licencié sur-le-champ. Une accusation d'escroquerie — qui tombe. Une relaxe. Et aujourd'hui, c'est l'entreprise qui est dans le collimateur.

« L'affaire menace de se retourner contre l'entreprise », écrit Mediapart. Les mots sont pesés. La menace, réelle.

Car si les faits d'abus de biens sociaux sont établis, ce n'est plus du droit du travail. C'est du pénal. Les actionnaires — la famille elle-même — pourraient être mis en cause.

Où est l'argent ? Qui a signé les bons de commande des réceptions ? Les réponses se trouvent peut-être dans les comptes du groupe. Mediapart promet de les détailler. Le Dossier suivra.

Le silence qui interroge

Le silence des parties visées frappe dans cette affaire. Ni les Galeries Lafayette ni la famille Moulin-Moulin-Houzé-Moulin-Houzé n'ont, à ce stade, réagi publiquement. La présomption d'innocence leur est acquise, certes. Mais l'absence de démenti interroge.

En 2021, l'entreprise licencie et poursuit sans hésiter. Aujourd'hui, le rapport de force a changé. Le chef cuisinier relaxé accuse maintenant. Et les juges pourraient se pencher sur les comptes.

L'enquête de Mediapart — une pièce supplémentaire dans un dossier qui prend de l'ampleur. Le Dossier rapporte les faits, attribués, vérifiés. La justice tranchera.

Un ancien salarié relaxé dénonce. Une famille richissime, propriétaire d'une enseigne historique, encaisse. Des réceptions privées payées par l'entreprise. Des dizaines, selon Mediapart. Le juge d'instruction a peut-être déjà ouvert une enquête. La question n'est plus : les faierende? — ils le seront si la justice le dit. Alors, que va-t-il se passer maintenant ?

Le chef cuisinier, lui, a retrouvé sa liberté. Pas son poste. L'affaire est loin d'être close.

Sources :

  • Mediapart, « Des soupçons d'abus de biens sociaux s'invitent à la table de la famille propriétaire des Galeries Lafayette », 3 juillet 2026.
  • lessentieldeleco.fr, « Galeries Lafayette : chiffre d'affaires en chute libre au premier trimestre 2026 », 2026.
  • luxe-daily.fr, « Marché du luxe : recul de 17-19% en 2024, 3-5% en 2025 selon Bain & Company », 2026.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Sur le même sujet