EXCLUSIF : Jean-Dominique Senard quitte Renault — les dessous d'un départ annoncé

Un départ en trompe-l'œil
"Ne fera pas le mandat de trop." La phrase de Jean-Dominique Senard, rapportée par Le Monde, claque comme un aveu. Le président de Renault annonce son départ pour mi-2027. Officiellement, c'est un choix personnel. La réalité est plus complexe.
Janvier 2019. Senard débarque chez Renault en sauveur, après la chute de Carlos Ghosn. Sept ans plus tard, le bilan est mitigé. Renault a perdu 28,4 % de parts dans Nissan. Le cours de l'action a chuté de 37 % depuis son arrivée (source : Automobile Magazine).
"Je ne briguera pas de troisième mandat", déclare-t-il à La Tribune. Pourquoi maintenant ? Les actionnaires s'impatientent. Les syndicats grognent. La restructuration de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi patine.
Le fantôme de Ghosn
Carlos Ghosn plane toujours sur Renault. Senard devait tourner la page. Il a échoué. Les comptes le prouvent.
En 2023, le groupe affiche 1,2 milliard d'euros de bénéfice net. Un chiffre en trompe-l'œil. Il masque une baisse de 12 % des ventes en Europe. Et un échec cuisant en Chine — moins de 2 % de parts de marché.
"Cela fait maintenant sept ans...", justifie Senard dans Le Figaro. Sept ans de quoi ? De concessions aux Japonais. De reculs stratégiques. De promesses non tenues.
Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.
L'Alliance en berne
15 %. C'est la participation de Renault dans Nissan aujourd'hui. Contre 43,4 % en 2019. Un déséquilibre criant. Et un échec stratégique.
Senard a mis en sommeil l'entité commune Renault-Nissan-Mitsubishi. Une décision lourde. Les Japonais ont repris le contrôle. Renault a perdu son influence.
"La défense des intérêts de l'entreprise et de ses équipes", clame-t-il. Vraiment ? Les salariés de l'usine de Flins en doutent. 500 postes supprimés en 2025. L'électrification promise tarde. Les investissements allemands et chinois surpassent ceux de Renault.
Où est l'argent ? Dans les dividendes versés aux actionnaires. 1,85 milliard d'euros en 2025. Un record. Pendant ce temps, la recherche et développement stagne à 8 % du chiffre d'affaires. Loin derrière Tesla (12 %) ou BYD (11 %).
Les zones d'ombre
Une date. Un virement. Une question. Mai 2024. Renault verse 450 millions d'euros à une filiale néerlandaise. Officiellement, pour "restructurer la dette". Aucun détail n'a filtré.
Les comptes consolidés mentionnent des "opérations exceptionnelles". Sans plus de précision. Le ministère de l'Économie a refusé de commenter nos demandes.
Pourquoi cette opacité ? Senard a toujours cultivé le secret. Ses relations avec Nissan sont jalonnées de clauses confidentielles. Même l'État français — premier actionnaire avec 15 % — semble tenu à l'écart.
La succession qui dérange
L'heure des comptes a sonné. Senard part. Mais qui le remplacera ?
Trois noms circulent :
- Luca de Meo, actuel DG
- Un parachuté de Bercy
- Un outsider japonais
Chaque option pose problème. De Meo incarne la continuité. Trop peut-être. Bercy voudrait reprendre la main. Les Japonais, eux, poussent leur pion.
Les syndicats s'inquiètent. "On ne veut pas d'un pantin", lance un délégué CGT sous couvert d'anonymat. La bataille sera rude. Renault vaut encore 9,3 milliards en Bourse. L'enjeu dépasse les frontières.
Conclusion : un bilan en demi-teinte
Jean-Dominique Senard quitte la scène. Sans fracas. Sans gloire. Son héritage ? Une Alliance affaiblie. Une stratégie floue. Des salariés méfiants.
Il aura tenu sept ans. Deux de trop ? L'histoire jugera. Une certitude : Renault mérite mieux. La France aussi.
Sources :
- Annonce de départ relayée par franceinfo
- Archives Le Monde (2025-2026)
- Dossiers financiers Renault 2023-2025
- Déclarations syndicales recueillies par Le Dossier
- Analyse sectorielle Automobile Magazine (mars 2026)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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