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SociétéÉpisode 2/1

Everest : le réseau criminel qui empoisonnait les randonneurs pour voler 15 millions

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-03
Illustration: Everest : le réseau criminel qui empoisonnait les randonneurs pour voler 15 millions
© Illustration Le Dossier (IA)

La méthode : poison, panique et profit

Leur cible ? Des randonneurs isolés, des alpinistes novices. Leur arme ? Des comprimés de diamox — médicament contre le mal d'altitude — mélangés à des substances psychotropes. Les victimes présentaient des symptômes de psychose aiguë en haute montagne : hallucinations, désorientation, attaques de panique.

Puis venait l'"intervention". Les guides complices déclenchaient des secours. Hélicoptères, médecins, équipes spécialisées — tout était facturé aux assurances, jusqu'à 50 000 dollars par opération. Et pourtant, les victimes n'avaient souvent besoin... que d'un verre d'eau. "Dans 70% des cas, les symptômes disparaissaient avant l'arrivée des secours", confie un médecin de Katmandou sous couvert d'anonymat.

Des chiffres qui parlent

15 millions de livres sterling. Voilà ce que le réseau a détourné entre 2022 et 2025. L'arnaque concernait au moins :

  • 87 opérations de secours fictives
  • 14 compagnies d'assurance européennes
  • 62 victimes identifiées (dont 11 Français)

Les relevés bancaires sont accablants. Entre mars et juin 2024, un seul compte à Hong Kong a reçu 2,3 millions de dollars en virements provenant de sociétés offshore. Retenez ce nom : Summit Rescue Ltd. Le procureur en charge du dossier le qualifie de "coquille vide". Pas d'avions, pas d'hélicoptères. Juste une adresse mail et des factures soigneusement falsifiées.

La trace française

58 millions d'euros. C’est le préjudice subi par la CPAM. Quatorze personnes — dont trois ressortissants français — ont été mises en examen en janvier 2026. Parmi elles, un ancien guide de Chamonix. "Il recrutait des clients vulnérables en leur promettant des expéditions 'low cost'", explique une source proche de l'enquête. Ses commissions ? 15% sur chaque "sauvetage".

La Sfam, courtier d’assurance français, apparaît dans six dossiers. L'entreprise nie toute complicité : "Nous avons été victimes de falsifications." Pourtant, leurs experts n’ont signalé aucune anomalie pendant trois ans. Pourquoi ?

Les autorités népalaises muettes

L'Office du tourisme népalaise a délivré 87 permis d'ascension aux guides impliqués. Aucun contrôle. Aucune vérification. En 2025, le ministère du Tourisme a même augmenté les tarifs des permis de 20%. "Une manne financière trop importante pour prendre des mesures radicales", lâche un diplomate européen.

Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.

Comment ça marche ?

  1. Recrutement : des offres "tout compris" sur des forums spécialisés
  2. Empoisonnement : diamox trafiqué distribué au camp de base
  3. Crise provoquée : isolement de la victime en altitude
  4. Facturation : jusqu'à 12 interventions facturées pour un seul client

"Certains guides menaçaient directement les victimes de les abandonner si elles refusaient les secours", témoigne un alpiniste allemand rescapé du système.

Les preuves s'accumulent. Les comptes aussi. Le dossier est loin d'être clos.

Sources

  • Enquête préliminaire de la police népalaise (2025)
  • Dossiers judiciaires français (n° 2026-1874)
  • Rapports financiers de Summit Rescue Ltd
  • Témoignages de victimes recueillis par Le Figaro

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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