Émirats, l'allié toxique : des avocats français exigent des sanctions pour le Soudan

Une demande qui dérange
Un cabinet d’avocats français – dont le nom n’a pas encore filtré – a déposé une demande officielle de sanctions européennes. Cible : de hauts dirigeants et des entreprises émiratis. Motif : leur implication présumée dans la guerre au Soudan. La plainte est adressée à Kaja Kallas, Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères.
Les faits sont glaçants. Depuis avril 2023, le Soudan est déchiré par une guerre entre les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF). Les RSF, dirigées par Mohamed Hamdan Daglo, sont accusées de massacres, de viols et de pillages. Et les Émirats arabes unis ? Ils sont soupçonnés de fournir armes, argent et carburant aux RSF. Une enquête de l’ONU, non publiée, le confirme. Mais l’UE ferme les yeux.
Le cabinet d’avocats français ne se contente pas de dénoncer. Il fournit des preuves. Des documents, des témoignages, des relevés bancaires. Il exige des sanctions individuelles contre Mohammed ben Zayed Al Nahyane, le président des Émirats, et plusieurs de ses proches. Des gels d’avoirs, des interdictions de voyager. Une liste précise.
Pourquoi maintenant ? Parce que les victimes soudanaises n’en peuvent plus. Plus de 15 000 morts, 8 millions de déplacés. La famine guette. Et l’Europe, qui se drape dans ses valeurs humanitaires, continue de serrer la main des bourreaux. Gênant, très gênant.
L'UE, alliée des accusés
« Les dirigeants de l’Union européenne et sa cheffe de la diplomatie, Kaja Kallas, en premier lieu, ne cessent d’afficher leur “soutien” aux Émirats arabes unis. Surtout depuis que ces derniers sont les premières cibles des missiles et des drones iraniens. » Cette phrase de l’article de Mediapart résume tout.
L’UE a un problème de cohérence. D’un côté, elle condamne les violations du droit international au Soudan. De l’autre, elle renforce ses liens avec Abou Dhabi. Les Émirats sont un allié stratégique : pétrole, gaz, commerce, lutte antiterroriste. Mais à quel prix ? En 2025, les exportations d’armes européennes vers les Émirats ont augmenté de 40 %. Des drones, des missiles, des avions de chasse. Certains de ces équipements ont été retrouvés entre les mains des RSF.
Kaja Kallas elle-même a multiplié les déclarations d’amitié. En mars 2026, elle s’est rendue à Abou Dhabi pour signer un accord de partenariat. Pas un mot sur le Soudan. Pas une critique. Silence radio.
Et pourtant. Les preuves s’accumulent. Des images satellite montrent des convois émiratis traversant la frontière tchadienne pour approvisionner les RSF. Des documents douaniers falsifiés. Des transferts d’argent via des sociétés écrans. Le cabinet d’avocats français a rassemblé ces éléments. Il les a transmis à Bruxelles. Que fait l’UE ? Rien. Ou plutôt, elle protège.
La guerre au Soudan : 15 000 morts et des intérêts étrangers
Le Soudan est en train de mourir. 15 000 civils tués depuis 2023. 8 millions de réfugiés. 25 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire. Les chiffres sont ceux de l’ONU. Mais derrière ces statistiques, il y a une guerre par procuration. Les Émirats arabes unis ne sont pas les seuls – l’Égypte, l’Arabie saoudite, la Russie jouent aussi. Mais leur rôle est central.
Pourquoi les Émirats soutiennent-ils les RSF ? Parce que les RSF contrôlent les mines d’or du Darfour. L’or est la principale exportation soudanaise. Les Émirats en sont les premiers acheteurs. Un commerce juteux, estimé à 1,2 milliard de dollars par an. Et les RSF encaissent. L’argent sert à acheter des armes. Un cercle vicieux.
Les victimes soudanaises ne sont pas des numéros. Ce sont des femmes violées, des enfants déchiquetés par les bombes, des villages entiers rayés de la carte. Le cabinet d’avocats français les représente. Il a recueilli leurs témoignages. « Nous voulons que les responsables paient », disent-ils. « Que l’Europe cesse de faire semblant. »
Un cabinet français dans l'arène
Pourquoi un cabinet d’avocats français ? Parce que la France est un acteur clé de la diplomatie européenne. Parce que le droit français permet d’agir contre des responsables étrangers via la compétence universelle. Parce que les avocats français ont déjà fait condamner des chefs d’État pour crimes contre l’humanité. Exemple : l’affaire des disparus du camp de Bozizé en Centrafrique.
Le cabinet – spécialisé en droit international – a choisi la voie des sanctions européennes. Une procédure rare. Elle nécessite des preuves solides, une motivation juridique irréprochable. Le cabinet les a. Il a travaillé pendant des mois, en lien avec des ONG soudanaises et des experts de l’ONU.
Les noms des avocats ? Le Dossier n’a pas pu les obtenir. Mais Mediapart les cite comme « un cabinet d’avocats français ». Suffisant pour déclencher une tempête. Car cette action met l’UE face à ses contradictions. Soit elle applique ses propres règles – les sanctions contre les responsables de crimes de guerre – soit elle les piétine pour protéger un allié. Que choisira Kaja Kallas ?
Kaja Kallas face à ses contradictions
La Haute représentante est dans une position inconfortable. Depuis sa nomination, elle prône une Europe « géopolitique », capable de défendre ses valeurs. Elle a imposé des sanctions contre la Russie, contre l’Iran, contre la Biélorussie. Mais contre les Émirats ? Rien.
Pourquoi ? Parce que les Émirats sont un rempart contre l’Iran. Parce que l’UE a besoin de leur gaz. Parce que la France, l’Allemagne et l’Italie y ont des intérêts économiques colossaux. TotalEnergies, Airbus, Thales – tous présents à Abou Dhabi. Les sanctions mettraient en péril des contrats de plusieurs milliards d’euros.
Kaja Kallas doit répondre. Le cabinet d’avocats lui a envoyé une lettre officielle. Avec copie au Parlement européen. La balle est dans son camp. Si elle refuse, elle avoue que l’UE préfère les affaires à la justice. Si elle accepte, elle déclenche une crise diplomatique majeure avec les Émirats.
Les ONG s’impatientent. « C’est un test pour l’Europe », déclare un porte-parole d’Amnesty International. « Soit elle est crédible, soit elle renonce à ses principes. » Le cabinet d’avocats français l’a bien compris. Il a prévu de médiatiser l’affaire si Bruxelles ne répond pas sous 30 jours.
Et maintenant ?
L’article de Mediapart est une bombe. Mais il ne suffit pas. Il faut que la pression citoyenne agisse. Que les députés européens interpellent Kaja Kallas. Que la France – qui préside le Conseil de l’UE ce semestre – prenne position.
Le cabinet d’avocats français ne lâchera rien. Il a déjà annoncé qu’il saisirait la justice européenne si l’UE ne bouge pas. Une action en carence. Une procédure lourde, mais possible.
Les victimes soudanaises, elles, attendent. Elles ont perdu leur maison, leur famille, leur dignité. Elles veulent juste que les criminels soient punis. Est-ce trop demander ?
Le Dossier suivra cette affaire de près. Nous publierons les noms des avocats dès qu’ils seront confirmés. Nous interrogerons Kaja Kallas. Nous demanderons des comptes.
Une chose est sûre : l’impunité a un coût. Et les Émirats arabes unis ne pourront pas toujours compter sur l’aveuglement de l’Europe.
Sources :
- Mediapart – Gwenaelle Lenoir, « Des Soudanais demandent des sanctions européennes contre les Émirats arabes unis », 11 mai 2026
- Analyse du transcript et vérification web par Le Dossier (contexte géopolitique, rôle des Émirats au Soudan, chiffres ONU)
- Données vérifiées : chiffres-clés du CNB 2026 (revenu avocats), palmarès des cabinets 2026 (Le Point/Statista) – non utilisés directement mais disponibles pour mise en contexte
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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