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PolitiqueÉpisode 9/3

Emplois fictifs à la RATP : le contribuable paie, les élus se servent

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-14
Illustration: Emplois fictifs à la RATP : le contribuable paie, les élus se servent
© Illustration Le Dossier (IA)

Six mille euros par mois. Voilà ce que toucherait Bally Bagayoko (PS) à la RATP, selon Le Canard enchaîné — pour quel travail ? Personne ne sait. Pas de fiche de poste, pas de présence constatée. Juste un mandat d’élu local, et un salaire de cadre payé par une entreprise publique que l’État finance à 100 %. Ce n’est pas un accident. C’est un système.

Selon une enquête du Canard reprise par Le Monde et Franceinfo, plusieurs élus parisiens et franciliens seraient rémunérés par la RATP pour des postes sans activité réelle. Le Monde parle d’« un système organisé et structuré d’emplois fictifs ». Pas des cas isolés. Une mécanique rodée. Visée ? Une quinzaine d’élus, de tout bord — gauche et droite mêlées.

Bally Bagayoko, maire-adjoint de Paris et conseiller régional, cumulait depuis des années son mandat avec un poste de cadre à temps plein. Six mille euros par mois. Pour quoi faire ? Interrogée, la RATP ne donne aucun détail concret. Elle oppose un mur de procédure. Voilà où ça se complique.

Une loi pour tout excuser ?

La RATP a répondu sur X. Elle « dément les allégations d’emploi de complaisance » et se retranche derrière une loi récente : celle du 22 décembre 2025. Le texte prévoit de « permettre et faciliter la conciliation de l’exercice d’un mandat d’élu local avec la vie professionnelle ». Traduction : un élu peut garder son job tout en siégeant. Très bien. Mais là, le job n’existe pas. On ne parle pas d’aménagement d’horaires — on parle de caisses vides, de bureaux inoccupés, de salaires versés sans contrepartie.

La loi de 2025 n’autorise pas les emplois fictifs. Personne n’a voté ça. Et pourtant, la RATP l’invoque comme un bouclier. Une date. Un virement. Une question : qui a validé ces contrats ? Le PDG de l’époque ? Le DRH ? La région ? Le silence est assourdissant.

Résultat : le contribuable trinque

RATP est publique. Pas de capital privé, pas d’actionnaires à convaincre. Un seul actionnaire : l’État — c’est-à-dire vous, lecteur. Chaque euro versé à Bally Bagayoko et aux autres sort de vos impôts ou de vos tickets de métro. Franceinfo rappelle que la RATP est « financée à 100 % par des fonds de l’État ». Pas de marge de manœuvre. Pas de concurrence pour le poste. Le contribuable paie, l’élu perçoit, l’institution ferme les yeux.

En Allemagne, les entreprises publiques (les Stadtwerke) sont gérées par des conseils de surveillance indépendants, avec des mandats précis et des contrôles externes. En Suède, tout emploi public est référencé dans une base ouverte — nom, grade, salaire, horaires. En France, on préfère les « arrangements ». Ce n’est pas une fatalité : c’est un choix politique.

Ce qui frappe : un système bipartisan

Selon Le Monde, ces emplois concernent « des élus parisiens et franciliens à la RATP, de tout bord politique ». Ni droite ni gauche n’y échappent. La RATP est un outil de clientélisme partagé. Les majorités passent, les pratiques restent. Le PS a longtemps contrôlé la région, mais la droite y a aussi ses élus. Ce n’est pas un parti qu’on accuse — c’est une culture administrative qui tolère que l’argent public serve de caisse noire politique.

Ironie du sort : ces mêmes élus votent des budgets, des subventions, des lois. Certains siègent dans des commissions de contrôle. Ils surveillent la RATP tout en y étant payés. Conflit d’intérêts ? Le mot n’existe pas dans le dictionnaire de la République.

Ce n’est que le début

Le Canard enchaîné promet d’autres révélations. Le Monde suit. La RATP, elle, se drape dans le droit commun. Mais les faits sont têtus : verser des salaires sans travail réel, c’est du détournement de fonds publics, quelle que soit la loi de 2025.

Deux questions restent en suspens. Qui a signé les contrats ? Combien d’argent a été siphonné ? Sans réponse, le contribuable paiera — comme toujours — l’addition d’un système où l’élu est roi et l’État, complice.

Un dossier à suivre de près.

📰Source :youtube.com

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Épisode 9 · 2026-08-14

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