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El Niño Godzilla : la France sous la menace d'un super-phénomène

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-15
Illustration: El Niño Godzilla : la France sous la menace d'un super-phénomène
© YouTube

Le retour du monstre du Pacifique

El Niño n'est pas un inconnu. Le phénomène naturel revient tous les deux à sept ans. Mais cette fois, les climatologues sont inquiets.

Le mécanisme, lui, est connu. Des alizés soufflent d'est en ouest sur le Pacifique équatorial. À l'est, des remontées d'eau froide refroidissent l'atmosphère. Certaines années, une anomalie de chaleur survient — ou un ralentissement des alizés enraye le système. La différence de températures diminue. Les alizés s'affaiblissent. Le phénomène dure un an, de printemps à printemps. Voilà. C'est El Niño.

Mais aujourd'hui, « on est hors cadre », prévient E. Haziza, expert interrogé dans la vidéo. « La courbe monte à un niveau jamais atteint. C'est pour ça qu'on l'appelle "Godzilla". On est dans l'inconnu. »

L'inconnue ? Des masses d'air extrêmement humides, déjà réchauffées à l'échelle planétaire, qui se croisent avec une Terre qui reçoit beaucoup plus d'incidence de chaleur solaire et ne peut plus la ré-émettre. « On est aujourd'hui dans une sorte de cocotte-minute », résume Haziza.

L'ONU a alerté sur un renforcement du phénomène en cours.

Des ravages déjà visibles

Les conséquences sont là.

En janvier 2024, la Colombie a brûlé. Douze hectares de forêt ravagés par les flammes. « Mon fils de 9 ans, qu'est-ce qu'il va lui rester, à l'avenir ? », témoigne une habitante, terrifiée. « C'est ce qui me désole le plus. Je suis terrifiée par le feu qui consume la montagne. »

En décembre 2023, la Tanzanie s'est noyée. Soixante-huit morts dans des inondations. Un mois plus tôt, l'Argentine comptait des milliers de déplacés. « La rivière est arrivée tout d'un coup, raconte une victime. Elle ne nous a pas laissé le temps de sortir quoi que ce soit. Elle a tout recouvert. C'est la première fois que nous assistons à une inondation aussi importante. »

Incendies. Inondations. Sécheresses. Le cycle d'El Niño, amplifié par le réchauffement climatique. L'ONU le dit : « Nous devons tous accorder à cette situation le degré d'urgence climatique qu'elle représente. El Niño va aggraver la situation d'une planète qui se réchauffe. »

La France oubliée — pas l'outre-mer

G. Musquet, intervenant dans la vidéo, rappelle : « La France, ce n'est pas que l'Hexagone. Les premières victimes d'El Niño, ce sont nos compatriotes de l'océan Pacifique, les Polynésiens, les Néo-Calédoniens, nos compatriotes des départements français d'Amérique, de Saint-Pierre-et-Miquelon à la Guyane. On a des Français qui seront impactés par ces phénomènes. »

La menace pour l'Hexagone : inondations ou sécheresse ?

E. Haziza est clair : « Les canicules et les feux qu'on vient d'avoir en France en mai et en juin ne sont pas liés directement à El Niño. La signature d'El Niño, qui est déjà extrêmement fort aujourd'hui au niveau du Pacifique, va avoir des conséquences sur l'Hexagone d'ici trois à six mois. Il faut s'attendre à des conséquences hivernales, plutôt. »

Deux scénarios se dessinent.

Premier scénario : des rivières atmosphériques chargées de vapeur d'eau — la vapeur d'eau est le premier gaz à effet de serre sur Terre — déferlent sur l'Europe. Résultat : des inondations massives, « des méga-inondations potentielles comme on a pu vivre sur la Grèce ou dans d'autres territoires », décrit Haziza.

Second scénario : des sécheresses accentuées.

Et les conséquences ne sont pas que météorologiques. Le principal impact pour l'Europe, selon l'expert, est économique : « Les récoltes de riz en Indonésie vont diminuer. Les côtes du Pérou et du Chili fournissent à peu près la moitié des farines d'origine des poissons pour nourrir le saumon. Le prix des denrées va changer. »

Les États-Unis se retirent de la course

Selon la source, les États-Unis réduisent leur capacité de mesure du phénomène.

« Les États-Unis ne s'y trompent pas, explique G. Musquet. On a un partenaire stratégique qui se retire de la course. Ce sont les États-Unis. Ils sont en train de casser, parfois, certains capteurs qui permettaient de mesurer l'intensité de ce phénomène. »

« Lord Kelvin disait : "Mesurer, c'est savoir", rappelle Musquet. Si on ne mesure pas, on ne saura pas comment faire face à ces événements et comment alerter les populations, les préparer, les évacuer pour atténuer les effets. »

L'Europe doit donc prendre le relais. L'ONU recommande des systèmes d'alerte précoce. « Il faut que l'Europe monte en puissance à la fois sur les capteurs », insiste Musquet.

Que fait le gouvernement ?

La question est posée par le journaliste C. Roux : « Quand on est au gouvernement, on fait quoi ? »

La réponse d'Haziza est un appel à l'action immédiate : « On doit se dépêcher de réagir. Il va falloir que tous les maires et tous ceux qui correspondent à un niveau de responsabilité puissent agir avec des moyens et des outils. »

Il pointe un angle mort : « Vous n'avez l'obligation de faire refaire le plan communal de sauvegarde que si vous êtes soumis à un risque avéré. »

« Il va falloir travailler à l'échelle de tout le monde. Ensuite, il faut que tout le monde soit dans l'anticipation, la préparation et l'optimisation de tous les indicateurs. On a les moyens d'avoir des données en continu. Allons-y foncièrement et rapidement. »

Pompiers : adapter la réponse

E. Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, ajoute une dimension opérationnelle. Interrogé sur le rôle des citoyens, il répond : « La première chose, c'est de ne pas se prendre pour un gendarme ou un policier. Si vous pouvez le dénoncer, ce serait une bonne chose, au travers de la plaque d'immatriculation ou le signaler lors d'un prochain arrêt sur une aire d'autoroute. »

« C'est essentiel. Mais au travers de cette question, c'est aussi une question d'adaptation nécessaire. »

Limiter les émissions, un levier

L'expert le rappelle : « En limitant le changement climatique, en réduisant nos émissions d'énergies fossiles, qui est responsable des effets de serre additionnels, on peut limiter l'impact des événements El Niño. Par exemple, les impacts de précipitations extrêmes seront moins intenses en limitant ces émissions. »

Sources

  • Agence météorologique japonaise — probabilité de 80 % de conditions El Niño entre juin et août 2026 (mentionné dans le transcript).
  • ONU / Nations unies — appel à l'urgence climatique face à El Niño (mentionné dans le transcript).
  • Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France — déclarations d'E. Brocardi (transcript).
  • Vidéo YouTube analysée — interviews de C. Roux, G. Musquet, E. Haziza, E. Brocardi.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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