EXCLUSIF : L'étudiante de Science Po qui a défié Yaël Braun-Pivet sur Gaza

82 secondes qui fissurent le protocole
Léa se lève. D'un coup. "Debout pour les victimes du génocide". Sa voix claque comme un drapeau. Braun-Pivet reste assise. Immobile. De l'autre côté, le directeur de l'IEP essuie son front.
82 secondes exactement — chrono en main. Sept noms français d'abord. Puis les 71 000 morts palestiniens. "Vous avez honoré un SS la semaine dernière". La salle retient son souffle.
La présidente n'a pas bronché. Pas un mot. Pas un regard. Mais tout a changé.
Le mail qui trahit la panique
Dix jours plus tard, Léa ouvre sa boîte mail. "Convocation au conseil de discipline". Motif officiel : diffusion illégale de vidéo. Motif réel ? Avoir fait trembler l'establishment.
Le document — que nous publions — évoque une "exclusion définitive". Sauf que... L'affaire prend feu sur les réseaux. La direction recule. "Simple routine administrative", bredouille-t-on. Trop tard.
Antoine Léaumont relaie. Ast Traori amplifie. En quarante-huit heures, l'étincelle devient incendie. Le conseil de discipline est maintenu, mais délocalisé à l'Université de Versailles. Manœuvre ? "Ils veulent étouffer l'affaire", décrypte Léa.
Ces chiffres qu'on préfère oublier
861 morts sous les balles policières depuis 1971. 48 tués par l'ultradroite contre 5 par l'ultragauche. Les données existent. Personne ne les cite. Sauf Léa.
Pourquoi Braun-Pivet a-t-elle refusé de se lever ? L'étudiante balance : "Certaines vies valent plus que d'autres". Et pourtant. Trois semaines plus tôt, la même présidente honorait un ancien nazi. Le contraste est cruel.
L'homme qui n'existait pas
15h03, salle de musique. Un type en costard surgit. "Fouillez mon sac", ordonne-t-il à Léa. Menaces à peine voilées. "Vous êtes grillée". La jeune femme filme en cachette.
L'IEP nie : "Inconnu au bataillon". Sauf que cinq témoins l'identifient formellement. Un cadre de l'école. Celui-là même qui gérait la sécurité lors de la visite de Braun-Pivet.
Convocation. Pressions. Tentative d'intimidation. La machine se grippe. Léa résiste. "Ils ne nous fermeront pas la bouche".
Double jeu à Saint-Germain
Officiellement, Science Po chérit la liberté d'expression. En coulisses ? On prépare les représailles. Le directeur lâche même : "Vous m'avez trahi".
Les faits sont têtus. La vidéo ne montre que des plans larges — aucun visage reconnaissable. Quant au "trouble à l'ordre public", l'argument fait sourire. Douze étudiants sont partis. Sans un cri.
La vérité ? L'institution a eu peur. Comme avec Benalla. Comme pendant les manifs des retraites. La vieille peur des puissants face à la jeunesse qui se rebiffe.
Et maintenant ?
Le conseil de discipline pourrait traîner. Un an, deux ans — technique éprouvée pour user les résistances. Léa et ses camarades promettent : "On tiendra".
"Ce combat est collectif", insiste-t-elle. L'Union des Étudiants Communistes — qu'elle a cofondée — monte au créneau. Pétitions. Meetings. Actions en justice.
Une génération entière refuse désormais les silences complices. Quitte à en payer le prix. La suite s'écrira dans la rue. Dans les prétoires. Et surtout, dans les têtes.
Sources :
- Vidéo intégrale de l'intervention (26/03/2026)
- PV de convocation au conseil de discipline (10/04/2026)
- Base Basta sur les morts policières (2025)
- Étude Chrétier "Violences politiques (1968-2025)"
- Témoignages de 7 étudiants présents
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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