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PolitiqueÉpisode 10/12

Détroit d'Ormuz : un navire français touché, le Charles-de-Gaulle en route

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-09
Illustration: Détroit d'Ormuz : un navire français touché, le Charles-de-Gaulle en route
© YouTube

Donald Trump qualifie l'échange de « broutille ». Il maintient le cessez-le-feu. Les négociations continuent. Mais sur le terrain, les armes parlent.

Trois destroyers sous le feu

Jeudi. Dans le détroit d'Ormuz, trois destroyers américains transitent. L'Iran attaque. Vedettes rapides, missiles anti-navires, drones — tous les moyens y passent.

Le général P. Dutartre, ancien leader de la Patrouille de France, décrit l'incident : « C'est un incident beaucoup plus grave qu'il n'en a l'air. C'est plus qu'un test grandeur nature. 3 destroyers se sont fait attaquer par tous les moyens possibles iraniens. » Il précise que la défense des navires a été efficace. Les destroyers sont « a priori indemnes ».

Mais l'attaque ne s'arrête pas aux navires. Des hélicoptères et avions de combat américains ripostent. Des objectifs sont traités « notamment les ports desquels partaient ces missiles », selon le général.

Le lendemain, deux pétroliers iraniens tentent de franchir le blocus américain instauré le 13 avril. Ils sont frappés par les Américains.

Donald Trump minimise. « C'est vrai, ils ont joué avec nous aujourd'hui. On les a balayés. Ils ont joué. J'appelle ça une broutille », déclare-t-il.

Une « broutille » ? Les images et les faits disent autre chose.

Qui a commencé ?

Chaque camp accuse l'autre. L'Iran affirme que les États-Unis ont déclenché les combats en lançant des attaques dans le détroit. Les Américains disent avoir répondu à une agression.

L.Menget, grand reporter, le reconnaît : « Honnêtement, on ne le sait pas. On a énormément de mal à avoir des informations précises sur qui tire et à quelle heure. C'est comme s'il y avait un temps de décalage entre ce qui se passe dans le détroit d'Ormuz et le temps où on l'apprend. »

Ce brouillard informationnel favorise les postures. Chaque camp construit son récit.

À la télévision d'État iranienne, on minimise les dégâts. « Aucun dommage, aucun martyre et aucun blessé parmi les habitants n'a été signalé. Dans toutes les régions du pays, la vie normale des citoyens se poursuit », déclare un porte-parole.

Les États-Unis, eux, diffusent des images de frappes « chirurgicales ».

La France en première ligne

Un porte-conteneurs français de CMA CGM a été touché. Un projectile iranien a frappé la salle des machines. Le navire dérive.

« C'est une décision extrêmement lourde », commente L.Menget. « Il y a quand même en jeu des hommes sur ces équipages de la marine marchande et des navires. La situation devient critique. »

Le timing est troublant. Mercredi, le porte-avions français Charles-de-Gaulle franchissait le canal de Suez. Il se déploie désormais en mer Rouge.

La France est-elle en train de se positionner ? Le président Emmanuel Macron quittera le pouvoir dans moins d'un an. Il cherche à marquer son mandat. L'envoi du Charles-de-Gaulle envoie un signal clair.

Mais à qui ? Aux Iraniens ? Aux Américains ? Aux alliés européens ?

La ministre déléguée des Armées, citée dans l'émission, n'a pas précisé la nature exacte de la mission française.

L'économie et le temps

La CIA estime que l'Iran peut résister trois à quatre mois au blocus américain avant de subir des difficultés économiques graves. C'est le Washington Post qui rapporte cette analyse.

Trois à quatre mois. C'est long pour Donald Trump.

A.Bellanger, éditorialiste, rappelle la réalité économique américaine : « L'économie américaine a ajouté un nombre incroyable d'emplois pour le mois dernier, 115 000. L'économie américaine tient. La Bourse est au plus haut. »

De son côté, l'Iran souffre. Le général Dutartre ne mâche pas ses mots : « Ce régime est un régime de menteurs. Pour eux, mentir, ce n'est pas mentir. »

Mais N.Bacharan, historienne, apporte une nuance essentielle : « C'est une dictature d'une extrême brutalité. Elle va très mal, l'économie iranienne. Vous avez des tas de zones où les gens ont faim. Au contraire de D.Trump, qui a des élections qui arrivent, il n'y a pas d'opinion publique pour les mollahs et les Gardiens de la révolution. Si l'opinion publique s'exprime, elle est décimée à la kalachnikov. »

Conclusion : le temps joue en faveur de l'Iran — un régime brutal peut encaisser plus de souffrance qu'une démocratie.

Le nucléaire, pomme de discorde

Les Iraniens proposent un accord nucléaire similaire à celui de 2015. Le même que Donald Trump a déchiré il y a huit ans.

C'est humiliant pour lui.

Obama avait obtenu 15 ans de moratoire sur l'enrichissement d'uranium. Les Iraniens proposent la même chose. A.Bellanger résume : « C'est insupportable pour D.Trump. 8 ans après avoir déchiré cet accord et avoir fait une guerre, qui, je le rappelle, a beaucoup affaibli l'appareil sécuritaire et militaire iranien, les Iraniens lui proposent la même chose. »

Une seule issue pourrait sauver la face de Trump : récupérer les 450 kg d'uranium enrichi que l'Iran planque. Selon le général Dutartre, une partie est « sous la montagne. Sous des tonnes de gravats. »

Mais N.Bacharan est catégorique : « Jamais de la vie. C'est une assurance-vie pour eux. »

Israël pousse à la guerre

Benjamin Netanyahou et sa coalition font face à des élections en octobre. Pour eux, la menace iranienne est existentielle — et politique.

L.Menget explique : « B.Netanyahou a bâti son retour en politique sur le fait qu'il allait débarrasser Israël de la menace iranienne. Si les Américains ne vont pas jusqu'au bout et que les 450 kg restent quelque part dans le pays, ce serait une humiliation supplémentaire. »

Les Israéliens pousseraient donc à une reprise de la guerre. Ils estiment que Trump a stoppé trop tôt les opérations en juin.

Depuis 48 heures, selon l'émission, les Israéliens sont « sur le pied de guerre ».

Le rôle ambigu de la Chine et du Pakistan

Les négociations continuent. Par canaux discrets. Les Pakistanais sont à la manoeuvre. Les Chinois aussi.

Donald Trump doit théoriquement se rendre à Pékin la semaine prochaine. Il peut reporter. Ça a déjà été reporté.

La Chine a besoin du pétrole iranien. Elle a intérêt à une fin rapide du conflit. Mais elle est alliée de l'Iran et lui fournit des armes.

L.Menget résume le dilemme : « Si les Chinois lui donnent la victoire de manière symbolique et qu'ils font pression sur les Iraniens en acceptant la question nucléaire... Pour l'instant, on n'en sait rien. »

Ukraine : guerre de robots et paranoïa russe

Le détroit d'Ormuz n'est pas le seul théâtre. La guerre en Ukraine continue.

Le Kremlin a décrété une trêve unilatérale de deux jours pour les commémorations du 9 mai. Elle n'a pas tenu. Des frappes russes ont fait près de 30 morts à Kramatorsk et Zaporijia. L'Ukraine a touché l'une des plus grandes raffineries russes.

Mais un tournant technologique s'opère. Pour la première fois, une position ennemie a été prise exclusivement par des robots terrestres sans pilote et des drones. Volodymyr Zelensky s'en félicite.

Poutine, lui, reconnaît publiquement les difficultés économiques de la Russie. C'est rare. Selon un rapport de services de renseignement européens, il craint des tentatives d'assassinat et passerait de plus en plus de temps enfermé dans son palais de la mer Noire.

Paranoïa. Autour de sa datcha, douze systèmes antiaériens modernes. L'Ukraine n'en a que huit pour l'ensemble de son territoire.

« Il est bleu de terreur », commente A.Bellanger.

L'Europe entre réarmement et tensions transatlantiques

Donald Trump retire 5 000 soldats américains d'Allemagne. Symbole fort. L'OTAN réplique en menant un exercice majeur en Finlande — 25 000 militaires, 14 nationalités, dont des chasseurs alpins français.

L'Allemagne annonce un investissement massif de 100 milliards d'euros dans la défense. Elle prévoit de produire ses propres missiles de moyenne et longue portée dès 2026.

Le général Dutartre appelle à « une autonomie européenne stratégique sur le plan militaire, sur le plan de la santé, sur le plan économique, autant que faire se peut, et sur le plan politique, un jour. »

Mais N.Bacharan rappelle que Trump ne peut pas quitter l'OTAN seul : « Il y a une loi de 2023 portée par M.Rubio et un collègue démocrate. Sous J.Biden, M.Rubio et un autre ont fait voter une loi qui interdit au président de sortir de l'OTAN de son propre chef. Il a besoin de l'approbation des deux tiers du Sénat, chose qui n'arrivera jamais. »

Et les pendaisons continuent en Iran

Au milieu de ce fracas géopolitique, les ONG internationales rapportent des exécutions quotidiennes en Iran.

« Encore 3, lundi dernier. Un champion de karaté la semaine d'avant... Tous les jours, les ONG internationales rapportent que l'Iran n'a pas baissé la garde, dans le sens où elle fait à la fois face aux États-Unis et à un front intérieur. Pour calmer ce front intérieur, elle tue », détaille A.Bellanger.

Les jeunes hommes de 20 ou 22 ans sont pendus dans les prisons iraniennes.

Le dossier est loin d'être clos

Où va-t-on ? Personne ne le sait vraiment.

Donald Trump veut son trophée. Il veut dire « j'ai gagné ». Il veut passer sous son Arc de Triomphe pour le 250e anniversaire de l'Indépendance.

Les Iraniens tiennent. Les Chinois négocient. Les Israéliens poussent à l'escalade.

La France, elle, envoie son porte-avions.

La suite est édifiante. Donald Trump doit s'exprimer à 18 heures. Il pourrait annoncer une nouvelle escalade ou un accord. Avec lui, tout est possible.

À suivre.

Sources :

  • Émission C dans l'air (France Info), 2026
  • Washington Post (analyse CIA sur la résistance économique iranienne)
  • Télévision d'État iranienne (déclarations officielles)
  • Rapports de services de renseignement européens
  • ONG internationales (exécutions en Iran)
  • Presse américaine (données économiques, déclarations de Donald Trump)

📰Source :youtube.com

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