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JusticeÉpisode 7/6

Christophe Gleizes : un an de prison en Algérie, la grâce comme unique espoir

Par la rédaction de Le Dossier · 30 JUIN 2026
Illustration: Christophe Gleizes : un an de prison en Algérie, la grâce comme unique espoir
© YouTube

Un an de détention, une vie suspendue

Christophe Gleizes a été arrêté il y a un an. Il n’a jamais quitté la prison de Coléa depuis. Les nouvelles qui filtrent par les visites sont « encourageantes », selon Thibaud Bruttin, directeur général de RSF. Il a la santé. Il garde le moral. Mais l’isolement pèse.

« C’est une détention qui commence à être longue, très longue, trop longue », déclare Bruttin. « On en voit aussi les conséquences en termes d’isolement à l’égard du monde. »

Le journaliste sportif loupe la Coupe du monde — celle pour laquelle il avait été accrédité par la FIFA. Il est « en train de se tenir à l’écart de toute l’actualité qu’il aurait aimé couvrir », résume Bruttin.

Les conditions de détention sont dures. Gleizes peut recevoir des visites une fois tous les quinze jours. Il peut faire un peu de sport, de promenade. Mais « cela reste des conditions dures », insiste le directeur de RSF. « Une fois de plus, il n’a rien à faire en prison. »

Dossier judiciaire clos — une seule issue

Le volet judiciaire est terminé. Gleizes a renoncé à son pourvoi en cassation. Il l’a retiré. La Cour suprême algérienne a, en mai dernier, rejeté le pourvoi du procureur — qui demandait 10 ans de prison au lieu de 7. La condamnation est définitive.

« La seule solution, c’est la grâce présidentielle que nous appelons de nos vœux », affirme Bruttin. « Je crois que ce serait un acte d’humanité, de responsabilité de la part du président algérien. »

Pourquoi une grâce ? Parce que la justice algérienne n’offre plus aucun recours. Gleizes est le premier journaliste français condamné à une peine aussi lourde depuis 10 ans. « Il n’y a pas de scénario où un journaliste français passe 7 années de prison pour absolument rien », tranche Bruttin.

La FIFA et Gianni Infantino entrent en scène

La FIFA a accrédité Gleizes comme journaliste pour le Mondial. Gianni Infantino, son président, a lancé un appel mondial à sa libération. Un soutien « remarquable », selon Bruttin.

« Le travail de plaidoyer que nous avons fait pour obtenir ce résultat est un travail considérable », explique-t-il. « La FIFA est réputée une organisation difficile à faire bouger sur les sujets de droits humains. Et donc cet appel d’Infantino, c’est un appel qui a résonné vraiment à travers toute la planète. Nous avons été submergés d’appels. »

RSF avait menacé d’internationaliser la campagne. C’est chose faite. L’accréditation FIFA a permis à Gleizes, par l’intermédiaire de confrères, de poser des questions lors d’une conférence de presse de l’équipe de France. Infantino a parlé sans détour.

« Nous avons menacé, en quelque sorte, mais pas de gaieté de cœur, l’Algérie d’internationaliser la campagne si Christophe n’était pas libéré », confirme Bruttin.

Emmanuel Macron saisi du dossier

« Il y a tout lieu de croire que le sujet est pris au plus haut niveau », déclare Bruttin. Le président de la République, Emmanuel Macron, s’est entretenu « à plusieurs reprises » avec les parents de Gleizes et avec RSF.

Le cas de Gleizes figure dans les priorités de la feuille de route de l’ambassade de France à Alger. « Je ne doute pas que tout est mis en œuvre, soit publiquement, soit en dehors des caméras et des micros, pour obtenir le retour de notre compatriote. »

« Nous nous trouvons dans un moment qui est celui d’un triste anniversaire. Personne n’envisageait ou ne souhaitait envisager ce scénario d’une détention au-delà d’une année. »

Un drame avant tout humain

Au-delà des enjeux diplomatiques et journalistiques, c’est un drame humain. Bruttin insiste : « Il faut comprendre que ce qui se passe pour Christophe, c’est évidemment un enjeu diplomatique, un enjeu journalistique, mais c’est surtout et avant tout un drame humain. Un drame pour Christophe, un drame pour sa famille, un drame pour Mamie Jo. »

La grand-mère de Gleizes, âgée de 102 ans — elle s’appelle Mamie Jo — n’a qu’une envie : « serrer à nouveau son petit-fils dans ses bras ». Bruttin espère que Gleizes pourra assister à la fin du Mondial. « Ce sont les mots de Gianni Infantino que vous prononcez, et c’est quelque chose que nous souhaitons évidemment », déclare Bruttin.

Reste un obstacle : la grâce présidentielle. Elle dépend d’une décision du président algérien. Aucun pronostic n’est possible. « Ce dossier est un dossier particulièrement difficile, qui a connu beaucoup de soubresauts », prévient Bruttin. « Il y a eu des moments d’espoir, des moments de désespoir aussi. Il est vraiment important d’être confiant, mais très prudent aussi. »

Un an de prison. Gleizes est le symbole malgré lui des relations tumultueuses entre Paris et Alger. Sa libération ne viendra que d’un geste politique. Et une grand-mère de 102 ans attend de serrer son petit-fils dans ses bras.

Sources : Entretien avec Thibaud Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières (RSF).

📰Source :YouTube

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