Calvados : femmes battues sans refuge, le 115 saturé

Plus de 3000 femmes dans le Calvados. Chaque année, des victimes de violences conjugales tentent de fuir leur domicile. Le premier obstacle n’est pas leur agresseur — c’est l’absence de toit. Le 115, submergé, ne peut héberger que la moitié des appelantes.
L’urgence d’un toit
Des insultes d’abord. « Tu es qu’une grosse vache. » Puis les coups. « Il m’a étranglé et s’est mis à mettre des coups de poing. » Après plusieurs années de violence, cette mère de famille craint pour sa vie. Elle décide de partir. Mais où ? La seule solution immédiate : son grand-père. « Sauf que bon, le grand-père, il a sa peine. Il vient de perdre sa femme. On peut pas rester vivre chez lui. » Solution temporaire. Alors elle appelle le 115. « On espère tous les jours, on en a plein, mais à chaque fois on nous dit : c’est saturé, il y a pas de place. »
Même combat à quelques kilomètres. Après 18 ans de mariage et deux enfants, une autre femme demande le divorce. Son ex-mari barricade leur maison. « Quand on a plus de logement, c’est comme si le ciel te tombait sur la tête. Tu n’as même plus de dignité. » Elle dort chez des amis pendant deux mois. Elle appelle le 115 chaque jour. « Eux, ils voulaient me chercher un hôtel, quelque chose de plus stable. Sauf que ça, il y en a plus. » La bataille du logement est « très très très difficile ».
135 appels par mois, 65 sans solution
« On a chaque mois 135 personnes victimes de violence qui nous sollicitent », confie un écoutant du 115. « On arrive seulement à mettre à l’abri la moitié de ces personnes-là par mois. » Soit environ 65 femmes sans solution, sans toit, sans protection. « C’est ça l’état de la situation. »
Des refus par défaut. Par manque de place, par manque de structure. Pourtant, des promesses ont été faites. En 2019, le Grenelle des violences conjugales prévoyait de protéger ces femmes. Dans le Calvados, 16 places supplémentaires pour les victimes ont été inaugurées en novembre dernier.
Le Grenelle et ses limites
Douze jours d’hébergement dans un foyer. Pour une femme, c’est le temps qu’il a fallu pour enfin souffler. « Gros soulagement de se dire qu’on a enfin une place au foyer, parce qu’on sait qu’on va être prise en charge. On a un toit sur notre tête, et surtout c’est sécurisé. » Une autre, après des mois d’errance, vient d’emménager dans un appartement social. « Un nouveau départ », dit-elle. « Sans logement, on flotte. » Le système ne les a pas oubliées — il est engorgé. Et il tarde trop souvent à les aider.
Sources : Vidéo reportage sur les violences conjugales dans le Calvados (lien : https://www.youtube.com/watch?v=hxQ0h2gduVo)
📰Source :www.youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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