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PolitiqueÉpisode 10/8

Bolloré : deux auteurs Grasset dénoncent une cancel culture de droite

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-15
Illustration: Bolloré : deux auteurs Grasset dénoncent une cancel culture de droite
© Illustration Le Dossier (IA)

Voilà ce que racontent Tania de Montaigne et Pascal Bruckner dans un entretien à L’Express du 15 juin 2026. Les deux écrivains ne se connaissaient pas vraiment avant l’affaire. L’éviction de leur éditeur commun les a soudés.

Selon eux, Vincent Bolloré a forcé le départ d’Olivier Nora de la maison Grasset. Ce n’est pas juste un changement de direction — c’est une guerre culturelle, menée par le propriétaire de CNews. Leur verdict : une « cancel culture de droite », symétrique à celle qu’ils dénonçaient naguère à gauche.

Un petit roi tout-puissant

Qui est ce petit roi ? Le 24 mars 2026, Vincent Bolloré s’est présenté devant la commission d’enquête de l’Assemblée sur l’audiovisuel public. Derrière l’estrade, il agit. L’affaire Grasset n’est qu’un épisode de sa conquête des bastions culturels français. « Un petit roi qui exige une loyauté absolue », résument les deux auteurs. Olivier Nora n’était pas un simple employé — l’éditeur emblématique, celui qui avait bâti le catalogue. Son éviction, « brutale », a secoué le monde du livre.

De la gauche identitaire à la droite censoriale

Avant cette affaire, Tania de Montaigne et Pascal Bruckner avaient tous deux critiqué les dérives identitaires de la gauche. Pascal Bruckner, essayiste connu, a même publié « Un racisme imaginaire » en 2017, dénonçant ce qu’il nommait l’obsession victimaire. Aujourd’hui, leur parole porte d’autant plus qu’ils ne viennent pas du camp progressiste. Leur cible ? La droite, et son avant-garde médiatique.

CNews est citée dans leur réquisitoire. Pascal Praud, le journaliste le plus influent, incarne cette ligne. « Leur critique, notamment contre CNews, est d’autant plus forte que les deux essayistes et romanciers n’avaient auparavant pas hésité à dénoncer les dérives d’une gauche obsédée par les identités », rappelle L’Express.

Une répétition générale pour 2027 ?

Leur crainte dépasse le monde des lettres. Tania de Montaigne et Pascal Bruckner établissent un lien direct entre le limogeage de leur éditeur et la perspective politique de 2027. Ils y voient une « répétition » de l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national. L’analyse est politique : Bolloré ne se contenterait pas de conquérir les médias et l’édition. Il préparerait le terrain idéologique pour une alternance extrême-droitière.

Les auteurs Grasset ont riposté. Un collectif s’est formé, des « États généreux » ont été organisés pour défendre leurs droits. L’initiative n’a pas plu à tout le monde : L’Express lui-même a publié un billet ironique sur l’idée de « congés payés pour les écrivains ». Tania de Montaigne, dans l’entretien, répond directement à cette moquerie.

La littérature sous tutelle

Qui décide de ce que nous lisons ? Qui choisit les auteurs publiés, les lignes éditoriales ? — Voilà la question que pose l’affaire Grasset. Prenez Boualem Sansal. L’écrivain algérien, figure de la dissidence, a quitté Gallimard pour rejoindre Grasset en mars 2026. Un joli coup éditorial, mais aussi un signal politique. Bolloré muscle son catalogue.

« L’affaire a bouleversé le monde de l’édition française », confirme l’article.

Commission parlementaire et questions sans réponses

Rien n’a été résolu le 24 mars 2026. Les députés ont posé des questions. Bolloré a répondu. Mais les leviers réels de son pouvoir échappent aux prérogatives de la commission.

📰Source :youtube.com

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