Cancel culture de droite : Tania de Montaigne et Pascal Bruckner accusent Vincent Bolloré

Olivier Nora n’est plus chez Grasset. Vincent Bolloré a exigé son départ. Deux auteurs phares de la maison, Tania de Montaigne et Pascal Bruckner, montent au créneau. Dans une interview à L’Express publiée le 15 juin 2026, ils dénoncent une « cancel culture de droite » — et comparent cette purge à une « répétition » de l’arrivée au pouvoir du RN en 2027. Le milliardaire, lui, nie toute ingérence.
L’éditeur limogé, les auteurs se souviennent
Vincent Bolloré a voulu la tête d’Olivier Nora. Il l’a eue. Les deux écrivains ne se connaissaient pas vraiment avant cette affaire. « La brutale éviction de leur éditeur, voulue par Bolloré, a soudé une partie des auteurs Grasset », rapporte L’Express. Tania de Montaigne et Pascal Bruckner racontent leur colère. Leur stupéfaction aussi. Comment un homme d’affaires peut-il dicter sa loi dans une maison d’édition ?
« Vincent Bolloré ? Un petit roi qui exige une loyauté absolue », lance Tania de Montaigne. La formule est cinglante. Elle résume le sentiment de nombreux auteurs. Bolloré contrôle déjà CNews, Europe 1, le JDD. Maintenant, il étend son emprise sur Grasset. Les écrivains s’inquiètent : la liberté éditoriale est-elle menacée ?
Pascal Bruckner, lui, ne mâche pas ses mots. Il voit dans cette opération une « répétition » de ce qui pourrait advenir si le RN prenait le pouvoir en 2027. Une mise en garde. Un signal d’alarme.
Une « cancel culture de droite » selon les deux auteurs
La cancel culture, on l’associe souvent à la gauche radicale. Tania de Montaigne et Pascal Bruckner retournent l’accusation. Selon eux, Bolloré pratique une forme de censure économique et idéologique. Les auteurs qui ne rentrent pas dans son moule sont écartés. Les lignes éditoriales alignées. Les voix dissonantes réduites au silence.
« Ils dénoncent la montée de la cancel culture à droite qui pourrait, selon eux, être une “répétition” de l’arrivée au pouvoir du RN en 2027 », écrit L’Express. L’analyse est politique. Elle dépasse le simple conflit éditorial.
Les deux essayistes ne sont pourtant pas des militants de gauche. Ils avaient auparavant critiqué les dérives identitaires d’une certaine gauche. « Leur critique, notamment contre CNews, est d’autant plus forte que les deux essayistes et romanciers n’avaient auparavant pas hésité à dénoncer les dérives d’une gauche obsédée par les identités », précise le magazine. Autrement dit, leur parole n’est pas prévisible. Elle pèse.
CNews dans le viseur
La chaîne d’information en continu de Vincent Bolloré est directement attaquée. Tania de Montaigne et Pascal Bruckner pointent son rôle dans la guerre culturelle. CNews, avec ses éditorialistes conservateurs, ses polémiques anti-woke, ses invités proches du RN, incarne pour eux le bras médiatique de cette cancel culture de droite. « Leur critique, notamment contre CNews », souligne L’Express. Pas de détails supplémentaires dans l’entretien. Mais le sous-entendu est clair : l’empire Bolloré impose un récit unique.
Et pourtant. Les deux auteurs étaient réputés pour leur indépendance. Aujourd’hui, ils se retrouvent en première ligne contre un magnat qui pèse des milliards.
L’audition du 24 mars 2026
Vincent Bolloré a été convoqué par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public. C’était le 24 mars 2026. Devant les députés, le milliardaire a dû s’expliquer sur son influence dans les médias et l’édition. Une audition très attendue. Les déclarations de Bolloré n’ont pas apaisé les craintes. Au contraire.
L’affaire Grasset est ainsi devenue un symbole. Un test grandeur nature de la liberté d’édition face à un actionnaire tout-puissant.
Le collectif des auteurs Grasset se mobilise
L’éviction d’Olivier Nora a provoqué un sursaut. Un collectif d’auteurs Grasset s’est formé. Ils ont organisé des « États généreux », une assemblée où des écrivains ont débattu de l’avenir de leur maison. L’Express évoque un billet ironique sur l’idée de « congés payés pour les écrivains » — moqué par le magazine. Tania de Montaigne y répond dans l’interview.
Ces « États généreux » sont une tentative de résistance. Les auteurs Grasset refusent d’être des pions. Mais que peuvent-ils face à un milliardaire qui contrôle aussi le groupe Hachette, propriétaire de Grasset ? La question reste ouverte.
La guerre culturelle s’étend
L’affaire Grasset s’inscrit dans un combat plus large. La droite identitaire, portée par Bolloré et ses médias, affronte les héritiers de la gauche intellectuelle. Les deux camps s’accusent mutuellement de censure. Les écrivains, pris entre deux feux, cherchent leur place.
Tania de Montaigne et Pascal Bruckner tirent la sonnette d’alarme. « Si on laisse faire, demain ce sera pire », suggèrent-ils. Leur interview, publiée dans le dossier « Vincent Bolloré » de L’Express, fait écho à d’autres témoignages. D’autres auteurs Grasset ont déjà quitté la maison. Certains ont rejoint des concurrents. Le monde de l’édition est en ébullition.
Entre silence et riposte
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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