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SociétéÉpisode 4/3

Bolloré fracasse Grasset : les auteurs en exil face au géant Hachette

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-20
Illustration: Bolloré fracasse Grasset : les auteurs en exil face au géant Hachette
© YouTube

"Reviens Sonia, c'est pas Bolloré notre patron !"

Les murs de Grasset vibrent encore. La maison d'édition historique — berceau de Gide, Mauriac et Duras — vit un exode sans précédent. "La moitié des intellectuels français est SDF", lance une source proche du dossier. Et pourtant. Les salariés restent. Mais sous anonymat.

Leur tribune publiée cette semaine dans la presse ne porte aucune signature. "Tous ont réclamé l'anonymat par crainte des représailles", confirme un témoin. Les bureaux de la rue des Saints-Pères ressemblent à une zone de combat. "Les portes claquent plus de 200 fois par jour", raconte un employé. L'ambiance ? "Comme si on avait supprimé C8. Mais en pire."

Retenez ce détail : Grasset pèse 0,4% du chiffre d'affaires de Hachette. Bolloré l'a rappelé dans le JDD. Un chiffre qui en dit long sur la méthode : éliminer les contre-pouvoirs, même symboliques.

Bolloré contre "la petite caste" : le JDD comme arme de guerre

Page entière. Rubrique "exclusivité". Vincent Bolloré a choisi le Journal du Dimanche — qu'il ne contrôle pas encore — pour régler ses comptes. Sa cible ? Une "petite caste qui se croit au-dessus de tout". Le milliardaire dénonce leur "capacité de fracas médiatique".

Ironie. L'homme qui possède Canal+, Europe 1 et Le Parisien accuse les autres de faire du bruit. "Mon gars, c'est toi le patron !", lui répond une source éditoriale. "T'as qu'à leur dire de faire moins de bruit si ça te gêne."

Voilà où ça se complique. Bolloré affirme n'avoir "aucune fonction chez Hachette". Pourtant, ses décisions fracturent l'édifice. Les auteurs historiques de Grasset — décrits comme le "poumon intellectuel de la France" — n'ont pas vu venir le coup. "Ils n'ont pas fait le lien entre Bolloré patron et Bolloré décideur", ironise un observateur. Après tout, "ils sont écrivains, pas économistes".

Hachette : l'anonymat ou la porte

Trois mots reviennent dans les couloirs : peur, colère, résignation. La tribune des salariés — rédigée dans l'urgence — révèle l'étendue des dégâts. Aucun nom. Aucune prise de risque. Juste une angoisse collective face aux "changements brutaux".

"Demandez-leur de leurs nouvelles ce matin", conseille un proche des équipes. Les employés de Hachette vivent un paradoxe : protégés par la taille du groupe, mais exposés à la même logique que Grasset. "Enfin pas encore !", plaisante-t-on rue de Fleurus. L'humour comme ultime rempart.

Les chiffres parlent. Grasset représente 0,4% de Hachette. Mais 80% du prestige. Un déséquilibre que Bolloré ne supporte pas. "Il n'aime vraiment pas les minorités", glisse un éditeur. La preuve ? Le traitement réservé aux auteurs réfugiés politiques du salon du livre.

Les auteurs Grasset : réfugiés culturels

"Un éditeur, c'est un PDG avec lequel l'auteur entretient un lien affectif." La phrase résume le choc. Les réunions PowerPoint ont remplacé les cafés Fleurus. Les matchs à la latte, les discussions littéraires. Le résultat ? Une génération d'écrivains en exil.

"Grasset c'était leur maison", rappelle un agent. Aujourd'hui, ils errent entre les stands du salon du livre, demandant l'asile éditorial. Certains tentent Pierre Ninet ou Dujardin. D'autres visent Télérama. La plupart se taisent.

Pourquoi ? Parce que Bolloré a retourné le stigmate. Eux, la "petite caste". Lui, le patron qui dénonce les privilèges. Un renversement habile. Trop. "Les auteurs n'ont pas été capables de prévoir", regrette un observateur. Dommage pour des professionnels de l'anticipation.

Prochain épisode : le cinéma en ligne de mire

"Ok, on va se marrer !" La phrase fuse dans les rédactions. Après le livre, le cinéma. Après Hachette, Pathé. Le séisme culturel ne fait que commencer.

Dujardin, Pierre Niney… Les acteurs français regardent ailleurs. Ils ont lu la tribune de Bolloré. Ils ont vu le sort de Grasset. Ils savent ce qui les attend. "Prochain séisme attendu dans le cinéma", prévient une source. Les stars claqueront-elles la porte ? Rien n'est moins sûr.

Une certitude : Bolloré n'a pas fini de fracasser. Grasset n'était qu'un test. 0,4% pour essayer la méthode. Le reste viendra. Les médias, le cinéma, la musique. La "petite caste" est prévenue.

Sources

  • Tribune des salariés de Hachette (anonyme, 2026)
  • JDD : Tribune de Vincent Bolloré (19 avril 2026)
  • Témoignages directs d'employés de Grasset et Hachette

📰Source :youtube.com

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Épisode 4 · 2026-04-20

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