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JusticeÉpisode 4/3

Barbara Butch porte plainte contre LFI : « laisser la justice voir qui est responsable »

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-23
Illustration: Barbara Butch porte plainte contre LFI : « laisser la justice voir qui est responsable »
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L’accroche

Vingt minutes. Le concert de Barbara Butch à Grenoble, samedi dernier, n’a pas duré plus longtemps. Vingt minutes, et la violence a tout balayé.

Insultes, projectiles, morceaux de verre sur les platines — la DJ a dû fuir la scène. Le cœur cognant si fort qu’elle a consulté un cardiologue le lendemain. « J’ai eu extrêmement peur », confie-t-elle, la voix encore marquée.

Ce qui devait être une fête s’est transformé en cauchemar. Et derrière, une question : qui a appelé au boycott ? Pour l’avocate de Barbara Butch, la réponse est claire : la France Insoumise.

Les faits

18 juillet 2026. Barbara Butch devait jouer à Grenoble. Un concert comme les autres — presque. La section iséroise de la France Insoumise avait lancé un appel au boycott. Le motif : la DJ avait participé, en 2025, à un événement à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël. Et signé une tribune en faveur de la proposition de loi Yadan, un texte contre les nouvelles formes d’antisémitisme — contesté, retiré depuis.

La municipalité de Grenoble a maintenu le concert. Barbara Butch est montée sur scène. Elle a commencé à jouer.

L’ambiance a vite tourné. Insultes, projectiles. Elle entend à peine sa propre musique. Des bouts de verre atterrissent près d’elle. « Je me suis dit : un bout de verre m’arrive dans l’œil ou sur la tête, ça peut être dangereux », raconte-t-elle.

Alors elle choisit son dernier morceau : Imagine de John Lennon. Elle salue le public, quitte la scène. Le concert est fini, mais la violence, elle, continue de résonner.

« J’ai eu un tel choc que je pouvais plus bouger pendant des jours », confie Barbara Butch. « C’était comme si on m’avait envoyé des coups de poing au niveau du plexus solaire. » Le lendemain, elle consulte un cardiologue.

Selon France Info, le parquet de Grenoble a déjà ouvert une enquête pour « entrave à la création ». La plainte de Barbara Butch va l’alimenter.

Le contexte

Barbara Butch n’est pas une inconnue. DJ, militante, figure de la lutte contre les discriminations — elle a été ciblée par l’extrême droite lors des JO de Paris 2024, pour sa participation à la cérémonie d’ouverture. Aujourd’hui, elle se retrouve prise entre deux feux.

« La haine n’a pas de couleur politique », insiste son avocate, Me Audrey Msica, dans l’interview à France Info. « Ma cliente se retrouve prise en étau entre les critiques d’une extrême droite violente et d’autres critiques venues d’une gauche radicale. »

Manuel Bompard, coordinateur national de la France Insoumise, a réagi lundi sur France Info. Il qualifie la protestation de « pacifique » tout en désapprouvant les violences. « S’il y a eu des insultes, elles sont absolument inacceptables », dit-il. Mais il justifie l’appel au boycott : « Elle a pris une position politique, je peux comprendre que cela génère une protestation si elle reste pacifique. »

Me Msica juge cette position « aberrante ». « Il dit d’abord que c’est pacifique, ensuite que peut-être non, et enfin que c’est justifié. Mais le droit ne justifie pas la violence. »

Les questions, pour l’instant, restent sans réponse.

Le traitement judiciaire

Ce matin, Barbara Butch et son avocate annoncent deux plaintes.

Première plainte : déposée auprès du procureur de Grenoble, elle vise les violences commises pendant le concert. Le délit d’entrave à la création — une infraction spécifique qui protège la liberté d’expression artistique. Une enquête est déjà ouverte. « Il s’agit aussi de porter plainte contre les violences contre X — la foule n’est pas identifiée — mais aussi contre certains responsables », précise Me Msica.

Seconde plainte : déposée à Paris, elle vise directement la France Insoumise. Motif : provocation à la haine. « Nous attaquons le parti national », explique l’avocate. « Les sections locales n’ont pas la responsabilité juridique des actes commis au nom du parti. C’est pour cela que nous visons la France Insoumise. » La plainte s’appuie sur les appels au boycott et les propos tenus avant le concert.

Barbara Butch résume sobrement sa démarche : « C’est important. On va laisser la justice voir qui est responsable et rétablir la vérité. »

Hier, la ministre de la culture a reçu Barbara Butch. Selon la DJ, elle était « très choquée ». « Quand l’extrême droite et la gauche radicale se retrouvent sur un sujet, c’est un signe grave », a déclaré la ministre, citée par Barbara Butch.

Une question pratique se pose : la protection de l’artiste. « Je n’ai pas de protection policière », confie-t-elle. « Mais on en parle. » Son avocate confirme : « On ne veut pas que cela se reproduise. »

D’autant que la France Insoumise de Lyon a lancé de nouveaux appels au boycott. Barbara Butch est attendue samedi prochain sur un festival dans la capitale des Gaules. Elle confirme sa venue : « Bien sûr que j’y vais. La tête haute. »

Ce que ça dit de la France

Ce fait divers dépasse le simple incident de concert. Il révèle les tensions entre liberté d’expression artistique et mobilisation politique.

D’un côté, le droit de manifester, de boycotter, de protester. Un droit fondamental. De l’autre, la liberté de création, elle aussi protégée par la loi. Quand la protestation franchit le seuil de la violence verbale ou physique, le droit doit trancher.

L’appel au boycott est-il légitime ? Oui, tant qu’il reste pacifique. Mais où se situe la frontière entre critique et incitation à la haine ? C’est la question que la justice devra trancher.

Me Msica est claire : « On peut débattre sans violence. » Mais samedi, des projectiles, des morceaux de verre, une artiste terrorisée — la limite a été franchie.

Barbara Butch refuse de se laisser réduire à un symbole politique. « Mon existence l’est », reconnaît-elle. « J’ai eu du mal à accepter cette place. Mais aujourd’hui, on m’a mis ce rôle. Je pense qu’il est important de défendre ces valeurs républicaines. »

Son combat est celui de la liberté de création. Dans une France polarisée, cela prend une dimension nouvelle. Les artistes peuvent-ils s’exprimer sans être pris pour cible ? Exister en dehors des clivages ?

Les questions restent sans réponse. Pour l’instant.

Ce qui est certain : l’affaire ne s’arrête pas là. La plainte contre la France Insoumise ouvre un précédent judiciaire. Jamais un parti politique n’avait été poursuivi pour provocation à la haine après un appel au boycott visant un artiste.

Le parquet de Paris devra se prononcer. La justice devra dire si les mots des élus insoumis grenoblois constituent une incitation à la violence. Une décision lourde de conséquences pour la liberté d’expression politique.

Barbara Butch, elle, continue. Elle sera à Lyon samedi. Elle dansera. Elle fera danser. « Mon boulot, c’est d’organiser des événements où on peut être soi-même, lâcher prise, danser, chanter et rire ensemble », dit-elle.

Un métier simple. Qui, en ces temps troublés, devient un acte de résistance.

À suivre.

Sources :

  • France Info TV — Interview de Barbara Butch et Me Audrey Msica, 23 juillet 2026
  • Blast — recoupement partiel
  • France Inter — recoupement partiel
  • Le Parisien — recoupement partiel

📰Source :www.youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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