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Ardèche : un agriculteur tue 7 chiens de chasse, la légitime défense au procès

Par la rédaction de Le Dossier · 24 JUIN 2026
Illustration: Ardèche : un agriculteur tue 7 chiens de chasse, la légitime défense au procès
© YouTube

Une battue au sanglier qui finit en carnage

Saint-Martin de Valamas. Un village paisible dans les montagnes ardéchoises. « Ça ne me regarde pas », lâche un riverain. Un autre ajoute : « Ils veulent vivre à l'écart. Ils veulent pas qu'on aille les déranger. » Il parle de la communauté des Longues Mailles. Une coopérative agricole alternative, une vingtaine de personnes. Installée là-haut depuis près de 50 ans — entre crainte et fantasme.

Le 16 décembre, Boris monte avec 14 autres chasseurs. Objectif : une battue au sanglier. De septembre à janvier, ils ont l'autorisation de chasser sur ce territoire qui jouxte le hameau. « Toutes les montagnes que vous voyez autour là, toute la crête d'en face là-bas au loin là […] c'est tout notre territoire de chasse en fait », raconte Boris.

Ce jour-là, un gibier entraîne les huit chiens dans une course folle. Les chasseurs assurent : ils ont été dépassés. « Le sanglier est sorti de l'enceinte de chasse, quoi, là où il y a le petit pré là qu'on voit en long avec les trois arbres. Et là, il se trouve qu'il y avait personne. Du coup, on n'a pas pu arrêter les chiens tout de suite », explique Boris. Il mettra « 7 à 8 minutes » à remonter, puis prend sa voiture. « Maximum 10 minutes. » Trop tard.

Pendant ce temps, Manuel et Sandra coupent du bois non loin de l'enclos. Soudain, des hurlements. « Les chiens attaquent leurs cochons — tu as les chiens qui font et les cochons qui hurlent, qui hurlent, qui hurlent. C'est vraiment une scène d'horreur », raconte Manuel. Il jette des cailloux. « J'ai réussi à en choper un que j'ai balancé. Mais le problème c'est qu'à un moment donné en fait, ils sont fous les chiens. » Ils n'obéissent plus. « Moi j'ai appelé à l'aide désespérément. Je comprenais pas pourquoi il y avait pas de chasseur derrière ces chiens. »

Trente minutes. Manuel remonte au hameau — 400 mètres. Il récupère une vieille carabine. « J'ai tiré en l'air, j'ai tiré par terre pour effrayer les chiens. Ça marchait pas. Ça les a rendus encore plus argneux. » Il tue les chiens. Sept chiens morts.

La défense s'invite au tribunal

Manuel ne le cache pas : il a tiré pour protéger ses cochons. « Je n'avais pas le choix », répète-t-il. Ses bêtes, c'est tout ce qu'il a. Les chasseurs, eux, crient à l'excès. « Sept chiens abattus — c'est une tuerie, pas une défense », s'indigne Denis, un des participants à la battue. Des images filmées par Boris montrent l'enclos ensanglanté. Les réseaux sociaux s'enflamment : tags, menaces, insultes. Manuel reçoit des messages anonymes. « On va venir te brûler ta baraque. » Voilà.

La justice devra trancher. Le 19 novembre, le tribunal examinera la légitime défense. L'état de nécessité, invoqué par Manuel, existe dans le code pénal — mais il est rarement retenu pour des chiens. « Un agriculteur peut-il tuer des animaux de chasse pour protéger son élevage ? » La question est simple. La réponse, elle, ne l'est pas.

Un hameau déchiré, une communauté sous tension

Depuis le drame, le silence a remplacé les regards. Les voisins ne se parlent plus. « Avant, on se disait bonjour. Maintenant, ils traversent la route », souffle Sandra, la compagne de Manuel. Les Longues Mailles, cette communauté alternative, se retrouve isolée. « On est habitués à être regardés de travers. Mais là, c'est autre chose. »

Les chasseurs, eux, ne comprennent pas. « On chasse ici depuis trente ans. Jamais eu de problème », insiste Benoît. Il parle de « trahison ». D'autres, plus mesurés, reconnaissent un dysfonctionnement : « On aurait dû être plus proches des chiens. » Mais tous s'accordent sur un point : la mort de sept chiens ne peut pas rester impunie.

Pourtant, Manuel ne regrette rien. « Si c'était à refaire, je referais pareil. » Il montre les cicatrices sur ses cochons. « Regardez. C'est pas des égratignures. Les chiens les ont déchiquetés. » Les faits sont là. Le tribunal les examinera. Reste une question : jusqu'où va le droit de se défendre quand on est paysan, seul face à une meute ?

📰Source :YouTube

Par la rédaction de Le Dossier

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