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Alice Kissya, une Palestinienne face à la machine coloniale

Son combat pour récupérer ses terres volées devient un documentaire. Mais Israël la musèle avec une dette de 40 000 €. Histoire d'une résistance obstinée.

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-06
Illustration: Alice Kissya, une Palestinienne face à la machine coloniale
© YouTube

22 avril 2024 : une caméra contre l'oubli

Le documentaire Alice au pays des Colons débarque dans les salles françaises. Tourné en secret pendant l'été 2024, le film montre le quotidien d'une femme qui refuse de disparaître.

— Vous savez pourquoi aucun distributeur ne voulait de ce projet ? Parce que la Palestine, ça ne "vende" pas. Pourtant, chaque plan montre ce que les médias évitent : l'érosion méthodique d'un peuple.

L'équipe de Blast, à l'origine du projet, le dit sans détour : "Cette sortie est déjà une victoire". La preuve ? Il a fallu contourner les refus polis de tout l'établissement cinématographique.

La maison, le restaurant, la mémoire

  1. La famille Kissya construit une maison et un restaurant sur leurs terres de Bethléem. 2024 : des bulldozers israéliens les réduisent en gravats. Pour la troisième fois.

Alice montre des photos jaunies :
— Ici, mon père plantait des citronniers. Là, ma mère servait le café aux voyageurs. Maintenant ? Des barbelés et des panneaux en hébreu.

Son crime ? Avoir hérité. Avoir persisté. Voilà ce que punit l'occupation : l'attachement même au sol.

40 000 € ou le droit de se taire

Le stratagème est grossier. Israël exige qu'Alice paie les frais judiciaires de... ses propres recours contre l'expropriation. Résultat : interdiction de quitter le territoire tant que la dette n'est pas réglée.

— Bien pratique, non ? murmure un avocat palestinien sous couvert d'anonymat. Quand elle devrait témoigner à Genève en mars, elle reste coincée ici.

Blast a lancé une cagnotte. 40 000 €, c'est le prix d'une voix qui porte. D'une vérité qui dérange.

Projection interdite, histoire obstinée

Le film sera projeté au Festival du film et forum international sur les droits humains de Genève. Sans Alice, probablement. Mais avec cette question qui résonne : jusqu'où ira-t-on pour étouffer les témoins ?

Ses mots, eux, traversent les frontières :
— Ce n'est pas de la terre. C'est ma grand-mère enterrée sous l'allée. Ce sont mes neveux qui n'auront pas d'album photo.

Alice au pays des Colons sort le 22 avril. Dans les salles obscures, une lumière crue sur l'occupation. Et au fond, une seule certitude : les bulldozers peuvent raser les murs, pas les mémoires.

Sources

  • Documentaire Alice au pays des Colons
  • Équipe de Blast
  • Entretiens avec Alice Kissya (2024)
Mini-Quiz1/3

Quel est le montant de la dette réclamée à Alice Kissya par l'État israélien ?

Par la rédaction de Le Dossier

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