Alice Cordier PIÉGÉE par ses liens avec des néonazis

Un geste. Une photo. Des mensonges. Alice Cordier, figure montante de l'extrême droite française, a été rattrapée par ses fréquentations. Le collectif Némésis qu'elle a fondé prétend défendre les femmes. En coulisses, il carbure à l'amitié avec des néonazis notoires.
La photo qui dérange
Un S formé avec les doigts. Rien de plus. Rien de moins.
Le 27 janvier 2022, Alice Cordier pose dans un bar parisien. À ses côtés, un homme masqué reproduit ce signe. Derrière eux, un soleil noir — symbole créé par Heinrich Himmler en personne. La photo dort deux ans avant d'exploser sur X.
"Skull Shooter". La légende ne laisse aucune place au doute. Ricardo Parera, spécialiste de l'extrême droite, nous le confirme : "Ce geste renvoie directement aux SS. Utilisé depuis des décennies par les néonazis."
Pierre Plotu, journaliste à Libération, enfonce le clou : "C'est un signe de reconnaissance dans ces milieux." Les deux experts s'appuient sur des archives irréfutables. Des preuves, pas des opinions.
Alice Cordier a 24 ans sur cette photo. Pas 18, comme elle l'affirmera plus tard. Mensonge numéro un. Check News a vérifié.
Les excuses qui tombent à l'eau
Première défense : le rap. "C'est un signe de groupe de rap", clame-t-elle sur X. Le collectif Némésis cite Montreyois L'Usine. Réponse immédiate du groupe : "Les FAF [fachos] ne nous ont jamais écoutés." Cinglant.
Deuxième tentative : le football. Le geste ressemblerait à celui de Luna Lapasouse, joueuse du Toulouse FC. Le club réagit en moins d'une heure : "Récupération honteuse." Mensonges numéros deux et trois.
"À chaque fois, ses justifications volent en éclats", analyse Pierre Plotu. "Pas par des militants. Par les concernés eux-mêmes."
Les fréquentations compromettantes
Trois noms émergent. Trois cas judiciaires.
Gwendal de l'Ange. Carel Cherel Salzburg. Louis Nabussé. Trois néonazis avérés.
Le premier a posté la photo sous le pseudo "Kenneth Ukraine". Son corps raconte son idéologie : croix gammée, emblème SS, tatouages explicites. Marié à une Allemande d'extrême droite, il combat aujourd'hui en Ukraine.
Le second apparaît sur d'autres clichés de la soirée. Lui aussi parti en Ukraine. Le troisième, membre de la Division Martel, traîne autour du collectif Némésis. Condamné pour violences raciales en 2024.
"Skull Shooter" n'est pas un groupe de rap innocent. C'est une formation néonazie. Son leader était présent ce soir-là. Ricardo Parera pose la question qui fâche : "Un hasard ?" Les relevés bancaires montreraient-ils des transferts ? Les communications téléphoniques, des échanges ? À suivre.
Némésis : féminisme ou façade ?
Créé en 2019, le collectif Némésis se présente comme féministe. Ses actions ciblent systématiquement les hommes musulmans ou noirs. "Un féminisme de préférence nationale", résume Street Press.
Le 8 mars 2024, Louis Nabussé — le néonazi condamné — escorte les membres de Némésis lors d'une manifestation. Des photos le prouvent. "Ils se protègent entre eux", commente une source policière sous couvert d'anonymat.
Alice Cordier cultive l'image de la "patriote propre". En privé, elle fréquente l'extrême droite la plus violente. "Ce n'est pas une erreur de jugement. C'est un choix", insiste Pierre Plotu.
Les faits contre les mots
Trois éléments clés accablent Alice Cordier :
- La photo avec le signe SS (27 janvier 2022)
- La présence avérée de néonazis dans son entourage
- Les démentis cinglants des groupes de rap et du Toulouse FC
Face aux preuves, elle n'a opposé que des mensonges. Sur son âge. Sur le contexte. Sur ses fréquentations.
"Quand tous les éléments convergent, il faut appeler un chat un chat", tranche Ricardo Parera. "Elle baigne dans cette mouvance. Ses tentatives de sortie en douce sont pathétiques."
Le collectif Némésis n'a pas répondu à nos demandes d'interview. Leurs soutiens médiatiques — CNews, Valeurs Actuelles — non plus.
La stratégie du camouflage
L'affaire révèle une méthode. "Ils savent que les symboles nazis effraient", décrypte une chercheuse spécialiste des radicalités. "Alors ils créent des structures présentables. Némésis. Génération Identitaire avant eux. Mais les liens avec la violence restent."
La photo d'Alice Cordier n'est pas un accident. C'est un instantané révélateur. Une fenêtre ouverte sur un milieu où l'on passe du "féminisme" au salut nazi en un claquement de doigts.
Les groupes de rap ont parlé. Le foot a parlé. Les experts ont parlé. Reste une question : qui, dans les médias et la classe politique, continuera à lui tendre le micro ?
Les faits sont têtus. Eux, au moins, ne mentent pas.
Par la rédaction de Le Dossier


