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SociétéÉpisode 28/12

Afrique du Sud : violences xénophobes et retrait de la directive sur l'asile

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-10-10
Illustration: Afrique du Sud : violences xénophobes et retrait de la directive sur l'asile
© YouTube

La nuit tombe sur Alexandra. Entre les échoppes carbonisées, des silhouettes courent, crient. Des cris de colère, pas de deuil — personne ne pleure encore les victimes. Trois morts confirmés. Des centaines de familles sur les routes. Et une question qui brûle : pourquoi cette fois-ci ?

L'étincelle

Tout part d'une circulaire ministérielle. Quelques lignes bureaucratiques, rédigées dans l'indifférence générale. Le texte simplifiait l'accès à l'asile pour les sans-papiers — une mesure technique, pense-t-on à Pretoria.

Erreur.

En quarante-huit heures, les townships s'embrasent. "On nous abandonne" hurle un jeune chômeur devant les caméras. Devant l'ampleur des violences, le gouvernement recule. Trop tard — la colère a muté.

Retrait en catastrophe

Le ministre de l'Intérieur présente ses excuses télévisées, visage fermé. Son initiative devait humaniser les procédures. Elle n'a fait qu'exposer les fractures d'une nation malade de son chômage endémique (32,7% au dernier trimestre).

Et pourtant. Les mêmes chiffres étaient là l'an dernier. Les mêmes frustrations. Alors pourquoi aujourd'hui ?

Un spécialiste des migrations à l'Université du Cap lâche : "On cherche un responsable. Les immigrés sont un bouc émissaire commode." Pendant ce temps, des familles zaïroises entassent en hâte leurs maigres biens dans des minibus direction le Lesotho.

Le piège se referme

Johannesburg brûle par intermittence depuis vingt ans. 2008. 2015. 2019. À chaque fois, le même schéma : une étincelle, des violences, des morts, l'oubli. Et entre deux explosions, l'Afrique du Sud reste la première économie du continent — celle qui attire le plus de candidats à l'exil.

Voilà le paradoxe. Ces migrants qui fuient la misère deviennent, ici, l'incarnation de la misère locale. La circulaire retirée ne changera rien à cette mécanique perverse.

Demain, les bulldozers déblayeront les gravats. Les survivants compteront leurs morts. Et sous les cendres, la prochaine étincelle attend son heure.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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