Irlande du Nord : deux nuits de violences xénophobes après une attaque au couteau

Une deuxième nuit d'émeutes
Nouvelle nuit, nouvelle flambée. La deuxième consécutive a secoué Belfast. Le calme revient le jour. La nuit, l'enfer reprend. Le journaliste Hervé Amori, sur place, décrit une police déployée en « présence massive » autour des points chauds.
Les choses se sont jouées en périphérie. Plusieurs centaines d'hommes vêtus de noir, cagoulés, ont tenté de traverser une autoroute. Objectif ? Incendier un hôtel qui abritait des migrants. La police est intervenue en force — Land Rovers blindés, canons à eau. Les émeutiers ont riposté.
Bilan : vingt policiers blessés. Dix-neuf arrestations. — Voilà.
Ce n'était pas une manifestation. C'était une émeute organisée.
Des cibles listées sur les réseaux sociaux
Des listes de cibles potentielles ? Elles circulent sur les réseaux sociaux, et la police en a connaissance. Elles viennent de groupes d'extrême droite et d'extrémistes. La cible n'est pas seulement les migrants — ce sont des minorités ethniques, leurs logements, leurs lieux de travail.
Le ministre britannique chargé de l'Irlande du Nord, Hillary Benn, évoque un « sentiment de peur » dans ces communautés.
La première nuit avait déjà marqué les esprits. Dans l'est de Belfast, des bâtiments brûlaient. Des familles entières — femmes, enfants — ont fui leurs maisons. Certains ont tout perdu. Et pourtant, personne n'a vu venir l'ampleur de la suite.
Les autorités locales parlent désormais d'une « menace coordonnée ». Les émeutiers ne sont pas venus au hasard. Ils savaient où frapper. Ils avaient des adresses, des noms, des horaires. (Oui, vous avez bien lu.) Les réseaux sociaux ont servi de salle de commandement.
Une attaque au couteau comme détonateur
Tout a commencé le week-end dernier. Une attaque au couteau dans le centre-ville. Un suspect interpellé. Les rumeurs les plus folles ont enflammé la toile — un migrant, un demandeur d'asile, un terroriste. La police a démenti. Trop tard. La machine était lancée.
L'extrême droite britannique a saisi l'occasion. Des comptes anonymes, des groupes Telegram, des influenceurs radicaux. En quelques heures, l'appel à la « défense du territoire » a fait le tour des quartiers loyalistes.
Résultat ? Deux nuits de chaos. Des policiers blessés. Des familles terrorisées. Une ville qui retient son souffle.
Et maintenant ?
La police nord-irlandaise a promis des renforts. Des unités anti-émeutes supplémentaires arrivent d'Angleterre. Le gouvernement de Belfast a condamné les violences. Mais sur le terrain, la peur persiste.
Les migrants hébergés dans l'hôtel visé ont été évacués discrètement. Personne ne sait où ils sont. Personne ne sait s'ils reviendront.
Une question reste en suspens : qui organise ces listes ? Qui fournit les adresses ? La police enquête. Mais les réseaux, eux, continuent de tourner.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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