Thierry et Lucas : la mécanique froide de deux prédateurs

« Je me fais justice » — le quadruple meurtre d’un fils unique
Cuisinier. Divorcé. Père de deux enfants. Rien d’extraordinaire, en apparence. Pourtant, le 23 août 2020, Thierry franchit un cap. Il se rend chez ses parents à Perpignan. Il boit un café avec eux. Il discute. Puis il va aux toilettes. Quand il ressort, un couteau à la main. Il se jette sur sa mère, Claudie. Plus de vingt coups — acharnement, diront les médecins légistes. Ensuite, pour son père Alain, quelques coups ont suffi.
Thierry fume une cigarette. Il regarde la télévision. Il mange un morceau. Il se couche. Il dort. Le lendemain matin, il se réveille, prend le fusil de chasse de son père — qu’il avait caché — et part s’entraîner dans la forêt. Pour vérifier sa visée, il tire plusieurs coups. Puis il rejoint Le Boulou, chez Georges et Michel. Il s’introduit sans effraction. Il se cache dans la pénombre. Quand les deux retraités rentrent, il les abat froidement, l’un après l’autre.
Deux jours plus tard, il se rend. « Je me suis fait justice », répète-t-il aux enquêteurs. Ses parents auraient déposé une main courante contre lui pour violences. Ses beaux-parents, selon lui, l’auraient harcelé. Mais rien ne justifie une telle préméditation. Dans sa voiture, les gendarmes retrouvent un sac avec des vêtements de rechange, des cordes, et un mot griffonné : « Pardon. » Pardon à qui ? Aux morts ? À ses enfants ? Les expertises psychiatriques parleront de « personnalité paranoïaque » et d’« absence totale d’empathie ». Un diagnostic lourd. Une mécanique.
« Sans lui, je ne suis rien » — la toile tissée par Chloé
Passons à Dax, même été. Victor a 17 ans. Il est amoureux de Chloé, 16 ans. Leur relation dure depuis des mois. Mais Chloé voit aussi Lucas — en secret. Un triangle amoureux qui va virer au cauchemar. Victor l’ignore encore. Le soir du 18 août, il reçoit un message de Chloé : « On se voit ? J’ai envie de toi. » Il fonce, heureux. Il ne sait pas que ce rendez-vous est un piège.
Les messages, saisis sur WhatsApp et Signal, racontent l’histoire en creux. Chloé et Lucas complotent depuis des semaines. « Faut qu’on le tue », écrit Lucas. « Je suis d’accord, mais faut que ce soit propre », répond Chloé. Elle choisit le lieu — un terrain vague près de l’hôpital. Lucas prépare une corde. Ensemble, ils mettent au point un stratagème : Chloé emmène Victor dans un bosquet, sous prétexte d’un moment à deux. Lucas surgit, la corde au poing. Il étrangle Victor. Chloé regarde. Aucun cri, aucune intervention.
Que ressent-on quand on voit son petit ami mourir étranglé par son amant ? Les psy poseront la question. Chloé répondra : « Rien. » Pas de larmes. Pas de regret. Les enquêteurs retrouveront le corps le lendemain, mal enterré. Et dans le téléphone de Chloé, une dernière phrase adressée à Lucas : « Sans lui je ne suis rien. » Lui, c’est Lucas. L’homme qui a tué pour elle. Voilà.
Le rôle de Théo — celui qui savait et qui s’est tu
Théo, 16 ans, meilleur ami de Victor. Il connaissait la relation entre Chloé et Lucas. Il savait que le rendez-vous du 18 août cachait quelque chose de grave. Il a même reçu des messages de Chloé, la veille : « Demain, il va se passer un truc. Ne dis rien. » Théo n’a rien dit. Il n’a pas prévenu Victor. Pas alerté les parents.
Pourquoi ? Devant le juge, il bredouille : « J’avais peur. Peur de perdre mon amitié avec Chloé. » Les enquêteurs le décrivent comme « passif, influençable, tétanisé ». Un adolescent ordinaire, aspiré dans l’engrenage. Aujourd’hui, il est mis en examen pour « non-assistance à personne en danger ». Une question se pose : est-ce que Théo est un complice ou juste un spectateur lâche ? Les débats devant la cour d’assises des mineurs de Mont-de-Marsan trancheront.
Deux crimes, le même vide sidéral
Thierry a 36 ans. Lucas et Chloé en ont 16. Deux âges, deux mondes. Mais le profil psychologique des trois auteurs se ressemble étrangement : absence d’empathie, froideur, préméditation. Thierry planifie pendant des semaines — il achète des cordes, teste son fusil. Lucas et Chloé échangent des messages codés sur Signal. Chloé choisit le lieu, le moment, le prétexte. Lucas exécute.
Aucun des trois n’a exprimé de remords, pas même en garde à vue. Thierry pleure sur le sort de ses enfants — mais pas sur celui de ses parents. Lucas dit « J’ai fait ça pour elle » sans trembler. Chloé, interrogée, hausse les épaules. Le vide sidéral.
Les familles, elles, portent les stigmates. Celle de Victor : un fils, un petit-fils, un ami — effacé en quelques minutes. Celle de Thierry : quatre tombes ouvertes le même jour. La justice cherche des réponses. Les psys parlent de « mécanique » et de « déshumanisation ». Des mots, pour dire l’indicible.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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