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Bondy : l'élue LFI Amal Bentounsi piège une CPE avec un extrait tronqué

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-02
Illustration: Bondy : l'élue LFI Amal Bentounsi piège une CPE avec un extrait tronqué
© YouTube

16 mars : une discussion ordinaire devient une arme

Le lycée Jean Renoir à Bondy. Mille élèves. Un quartier populaire de Seine-Saint-Denis. Le 16 mars, la conseillère principale d'éducation discute avec une élève de première. Le proviseur est présent. Le sujet : une affaire de harcèlement entre jeunes filles racisées et leurs camarades blanches, accusées d'être responsables de l'esclavage. Rien de plus qu'une enquête interne en cours.

L'élève enregistre la conversation à l'insu de la CPE. Téléphone posé sur la table, micro caché. Treize minutes de discussion. Elle transmet le fichier à une copine fraîchement exclue du lycée. Cette copine est de la famille d'Amal Bentounsi, élue LFI et conseillère d'opposition à Montreuil. Bentounsi est aussi la fondatrice du collectif « Urgence notre police assassine ».

Six semaines passent. Rien. Puis le 23 avril, Bentounsi publie sur Instagram un extrait de 15 secondes. On y entend la CPE prononcer les mots « un gang de black ». Accusation : racisme. La cabale est lancée.

Qui a autorisé l'enregistrement ? Personne. Qui a vérifié le contexte ? Personne. Qui a écouté les treize minutes complètes ? Une seule personne : Amal Bentounsi. Elle seule détient la bande intégrale. Elle seule décide de ce qu'on entend. C'est un pouvoir absolu. Et dangereux.

Compte Instagram, blocus, élus mobilisés — la mécanique de destruction

Un compte Instagram voit le jour : « racisme_genre_renoir ». Objectif : inciter les élèves à témoigner. Pendant les vacances, les messages anonymes affluent. « On est paumés ! » s'étrangle un élu local — citation rapportée par Le Point. À la rentrée, le lycée est couvert de banderoles. Trente élèves, des élus LFI et quelques enseignants du syndicat Sud manifestent. Blocus. Ils exigent la démission de toute la direction du lycée. Mot d'ordre : racisme systémique.

Amal Bentounsi n'en est pas à son premier coup d'éclat. Fondatrice d'« Urgence notre police assassine », elle a bâti sa notoriété sur la dénonciation des violences policières. Elle est élue d'opposition à Montreuil. Elle est aussi parente de l'exclue du lycée. Conflit d'intérêts ? Silence.

Les médias relaient l'extrait. Médiapart. France 3. Personne ne demande la bande complète. Personne ne vérifie. Quinze secondes suffisent à condamner une femme. Qui a besoin d'un procès quand on a Instagram ?

Le rectorat de Créteil est sous pression. Des élus LFI — dont la députée de la circonscription — sont reçus avant la CPE. Oui, vous avez bien lu : l'accusée est entendue après les accusateurs.

Le rectorat plie : suspension et boîte aux lettres anonyme

Le rectorat suspend la CPE à titre conservatoire. Motif officiel : « la protéger ». Protection ? Elle vivait dans le collège. Déménagement en catastrophe. Réfugiée chez son fils, terrorisée, depuis six semaines. Adresse publiée. Vie privée étalée. Mariée à un homme noir, mère d'enfants métis. L'argument imparable contre l'accusation de racisme — mais personne ne l'a utilisée.

Le rectorat ouvre une boîte aux lettres pour recueillir des témoignages anonymes sur le « supposé racisme » au sein du lycée. Une boîte aux lettres. Les élèves doivent désormais accuser à visage découvert. Le rectorat espère calmer les esprits. Il espère que l'anonymat protègera les accusateurs. Mais il oublie une chose : la seule protection effective aurait été de rétablir la vérité. Pas d'ouvrir une enquête parallèle sur des rumeurs.

La CPE n'a pas été officiellement entendue par le rectorat avant l'ouverture de la boîte. Quand elle l'a été, c'était après les élus LFI. L'ordre républicain a sauté. Quand il n'y a plus d'ordre, un autre ordre s'installe : celui des réseaux sociaux, des extraits tronqués, des accusations anonymes.

Elle a porté plainte pour diffamation. Contre Amal Bentounsi. Contre d'autres personnes. La justice fera son travail. Mais entre-temps, sa vie est détruite. Sa carrière anéantie. Sa réputation brûlée sur l'autel de l'outrage.

Le piège Bentounsi : un extrait de 15 secondes pour faire taire

Cet enregistrement, justement. Treize minutes. Bentounsi n'en diffuse que quinze secondes. Pourquoi ? Que contiennent les douze minutes quarante-cinq secondes manquantes ? Pourquoi personne — journaliste, syndicat, rectorat — n'a exigé d'entendre l'intégralité ?

« Personne n'a pu l'entendre cette bande », explique Le Point. Médiapart et France 3 ont reproduit l'extrait sans vérifier. Ils ont diffusé un acte d'accusation politique comme s'il s'agissait d'une preuve judiciaire.

La CPE conteste avoir tenu les propos qu'on lui prête. Elle conteste surtout l'interprétation. Le mot « black » dans une conversation sur le harcèlement entre élèves peut avoir mille contextes. Mais dans la bouche de Bentounsi, il devient une preuve de racisme systémique. Sans procès. Sans contradictoire. Sans droit de réponse.

Les réseaux sociaux ont déjà jugé. Le compte Instagram a rassemblé des témoignages anonymes. La rumeur enfle. Les menaces arrivent. Adresse dévoilée. Vie privée exposée. La CPE est devenue une cible. Pour quinze secondes arrachées à treize minutes de discussion.

Samuel Paty : le même engrenage, les mêmes acteurs

Le parallèle est glaçant. L'affaire Samuel Paty a commencé par une rumeur. Une vidéo tronquée. Un mensonge amplifié par des réseaux sociaux. Des élus qui instrumentalisent la colère. Des enseignants livrés en pâture. Résultat : un professeur décapité.

Ici, personne n'est encore mort. Mais le mécanisme est identique. Une parole sortie de son contexte. Une élue qui hurle au racisme. Un rectorat qui cède. Des anonymes qui accusent. Une professionnelle de l'éducation publique traquée.

« C'est la même structure que Samuel Paty », confie un observateur cité par Le Point. Les mêmes ingrédients : une plainte légitime détournée, des réseaux sociaux comme tribunal, des politiques qui attisent les flammes. La seule différence : cette CPE est encore en vie. Pour combien de temps ?

Le film L'Abandon — sorti récemment — raconte l'engrenage qui a conduit à la mort de Paty. Les similitudes sautent aux yeux. Une parole. Un montage. Une cabale. Un lynchage. Et l'État qui regarde, impuissant — ou complice.

Combien de temps avant qu'un enseignant soit tué par un extrait tronqué ?

Qui est Amal Bentounsi, l'élue qui accuse sans preuve ?

Amal Bentounsi n'est pas une anonyme. Conseillère d'opposition à Montreuil. Surtout fondatrice du collectif « Urgence notre police assassine », qui dénonce les violences policières. Un combat légitime. Mais ce combat lui donne-t-il le droit de détruire la vie d'une fonctionnaire sur la base d'un enregistrement volé ?

Elle est aussi la parente de l'élève exclue du lycée. Conflit d'intérêts évident. Bentounsi n'a jamais informé ses abonnés de ce lien familial. Elle a présenté l'extrait comme une preuve de racisme systémique, sans mentionner qu'elle agissait pour venger une proche.

La députée LFI de la circonscription a été reçue par le rectorat avant la CPE. Les élus LFI ont participé au blocus. Le syndicat Sud a soutenu les manifestants. Un parti politique tout entier s'est rangé derrière une accusation non vérifiée.

Et aujourd'hui ? Bentounsi refuse de diffuser l'intégralité de l'enregistrement. « C'est un dossier judiciaire », dit-elle. Mais elle l'a déjà utilisé comme arme médiatique. On ne brandit pas une preuve pour détruire une personne, puis on se retranche derrière la justice quand on vous demande de prouver vos accusations.

Les zones d'ombre que personne ne veut explorer

Treize minutes. C'est la durée de l'enregistrement complet. Quinze secondes. C'est ce qu'on a entendu. Que contiennent les douze minutes restantes ? La CPE a-t-elle expliqué le contexte ? A-t-elle nuancé ses propos ? Le proviseur est-il intervenu ? L'élève a-t-elle posé des questions provocatrices ?

Personne ne le sait. Personne ne le demande. Les journalistes de Médiapart et France 3 ont reproduit l'extrait sans exiger l'original. Le rectorat a lancé une enquête administrative sans saisir la bande complète. La boîte aux lettres anonyme recueille des accusations, pas des preuves.

Où est la bande ? Amal Bentounsi la détient. Elle seule. Elle seule décide si la vérité éclate. Pour l'instant, elle choisit le silence.

La CPE, elle, vit cachée. Elle a porté plainte. Elle attend que la justice fasse son travail. Mais la justice est lente. Les réseaux sociaux, rapides. La réputation est déjà en cendres.

« Vive la justice et pas les réseaux sociaux », lançait un intervenant dans l'émission qui a révélé l'affaire. Il avait raison. Mais quand les élus utilisent les réseaux sociaux pour détruire, et que l'État plie, la justice arrive trop tard.

Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.

À suivre.

Sources

  • Le Point — enquête sur l'affaire de la CPE de Bondy publiée en mai 2026.
  • Actu.fr — vérifications sur l'arrêté du 25 janvier 2021 fixant les modalités d'organisation des concours du certificat d'aptitude aux fonctions de conseiller principal d'éducation.
  • Médiapart — extrait audio diffusé le 23 avril 2026.
  • France 3 — reportage sur la manifestation au lycée Jean Renoir.
  • Compte Instagram « racisme_genre_renoir » — archives.
  • Témoignage de la CPE recueilli par Le Point.
  • Déclarations publiques d'Amal Bentounsi sur Instagram et dans la presse.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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