LE DOSSIER
LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

PolitiqueÉpisode 11/15

EXCLUSIF: Comment la mairie de Saint-Denis est devenue la cible d'une campagne raciste

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-13
Illustration: EXCLUSIF: Comment la mairie de Saint-Denis est devenue la cible d'une campagne raciste
© YouTube

Le choc d'une victoire

15 mars 2023. Bali Bagayoko devient maire de Saint-Denis dès le premier tour. Une première depuis des décennies. Avec 51,3 % des voix, le candidat de La France Insoumise réalise un exploit électoral.

Mais cette victoire dérange. Bagayoko incarne une nouvelle gauche — populaire, antiraciste, enracinée. Trop pour certains.

"Quand on dit la ville des rois, c'est la ville des rois de France et du peuple vivant", déclare-t-il lors de son discours de victoire. Une citation du poète Jean Marsenac. Pourtant, les médias réactionnaires — CNews en tête — préfèrent parler de "la ville des noirs". Pourquoi cette obsession ? Pour délégitimer Bagayoko, pour rappeler aux habitants de Saint-Denis qu'ils ne sont pas "de vrais Français".

Une accusation sans preuve

Le coup part de Mathieu Hanotin, l'ancien maire PS de Saint-Denis. Il accuse Bagayoko d'avoir bénéficié du soutien des narcotrafiquants. Une attaque lourde, sans fondement.

"Moi, enfant de Saint-Denis, on m'a traité de narcotrafiquant", répond Bagayoko. "Ça renvoie à l'approche coloniale. Seuls ceux qui se sentent en position de supériorité peuvent se permettre de tenir de tels propos."

Hanotin n'a jamais fourni de preuves. Mais les médias s'emparent de l'affaire, relaient les accusations sans vérification. Résultat ? Bagayoko devient le "maire des bandes", élu grâce aux "trafics".

La réalité ? Bagayoko est un éducateur sportif. Il travaille depuis des années avec les jeunes de Saint-Denis. Rien à voir avec les trafics. Mais les faits sont moins vendeurs que les clichés.

Le déchaînement médiatique

Les médias réactionnaires — CNews, Sud Radio, Valeurs Actuelles — ne lâchent pas. Éditos haineux, unes chocs, accusations infondées. La campagne prend une tournure raciste.

"Saint-Denis, la ville des noirs", titre CNews. Une déformation des propos de Bagayoko. Une fake news délibérée.

Pourquoi ce traitement ? Parce que Bagayoko est noir. Parce qu'il vient d'un quartier populaire. Parce qu'il représente une France qui dérange — diverse, métissée, antiraciste.

Les habitants de Saint-Denis ne s'y trompent pas. "On fait un bon en arrière de 60 ans, là", dénonce un habitant. "Singe, noir... Ils ne s'en cachent même plus."

La riposte populaire

Face à cette offensive, les habitants de Saint-Denis se mobilisent. Le 4 avril, des milliers de personnes manifestent contre le racisme. Une réponse massive à la campagne de haine.

"Je suis fier de dire j'ai choisi mon maire", déclare un manifestant. "Ce qui dérange, c'est qu'ils n'ont pas l'habitude. Bali Bagayoko, c'est quelqu'un de super intelligent. C'est notre maire à nous."

La mobilisation dépasse Saint-Denis. Des jeunes de toute l'Île-de-France viennent soutenir Bagayoko. "C'est notre maire, le maire des quartiers, le maire de l'immigration post-coloniale", clament-ils.

Pourquoi cette solidarité ? Parce que Bagayoko incarne une nouvelle génération. Une génération qui refuse l'exclusion, qui revendique sa place dans la République.

Une question qui persiste

Cette affaire pose une question fondamentale. Les héritiers de l'immigration sont-ils des Français à part entière ?

La campagne raciste contre Bagayoko montre que la réponse est encore "non" pour beaucoup. Mais les habitants de Saint-Denis ont envoyé un message clair : "Vous ne parlerez plus de nous sans nous."

Avec l'élection de Bagayoko, une nouvelle gauche est en marche. Une gauche populaire, antiraciste, enracinée dans les quartiers. Une gauche qui dérange. Et c'est tant mieux.

Les attaques continuent. Mais une chose est sûre : Bali Bagayoko et les habitants de Saint-Denis ont écrit une page d'histoire. Une page qui rappelle que la République, c'est nous. Liberté, égalité, fraternité.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Les autres épisodes de ce dossier

Voir tout le dossier →

Sur le même sujet