LE DOSSIER
LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

SociétéÉpisode 7/7

Montpellier : un professeur lynché par ses élèves — la vidéo qui déchire le voile

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-11
Illustration: Montpellier : un professeur lynché par ses élèves — la vidéo qui déchire le voile
© Yan Krukau / Pexels

La chute

Le tableau noir tremble. Le professeur — visage flouté — recule. Trop tard. "Sale pédé !" Le premier coup part. Un coup de pied en pleine poitrine.

La caméra saute. On entend plus qu'on ne voit : bruits de corps qui tombe, rires aigus, craquement de côtes peut-être. La vidéo, tournée le 28 mars, a fuité trois jours plus tard. Depuis ? Rien. Que du silence administratif.

— "Enquête en cours", nous balance le proviseur avant de raccrocher. Trois mots. Une litanie.

L'engrenage

2018 : une gifle à Créteil. 2021 : un couteau à Saint-Jean-de-Luz. 2024 : un proviseur à l'hôpital à Marseille. La violence scolaire change d'échelle.

+37% d'agressions physiques depuis 2020. Oui, vous avez bien lu. Le ministère a les chiffres. Mais pas les solutions. Dans ce lycée de Montpellier, trois postes ont sauté cette année. Les classes ? 35 élèves en moyenne.

"On est des cibles vivantes", nous confie un collègue de la victime. Les agresseurs, eux, sont toujours en cours. Normal : 72% des signalements finissent aux oubliettes.

Omerta

Montpellier n'est pas une exception. Juste un symptôme. Trois procédures pour violences scolaires dans l'académie ces six derniers mois. Résultat ? Zéro sanction.

Le professeur a porté plainte. Une formalité. Au parquet, ces dossiers dorment 14 mois en moyenne. Pendant ce temps, la vidéo fait le tour des réseaux : 1,2 million de vues. Le rectorat a réagi... pour demander son retrait. Trop peu. Trop tard.

— "Ils protègent les agresseurs, pas nous", crache une enseignante sous couvert d'anonymat. Elle a raison. Deux des cinq élèves étaient déjà signalés pour violences verbales. Rien n'a été fait.

L'abandon

Marie* enseigne l'histoire dans le même bahut. Elle aussi connaît la peur. La dernière fois ? Pour un zéro. "Ils m'ont traitée de sale pute. Le lendemain, je devais faire cours à ces mêmes élèves."

8%. C'est le taux d'exclusions définitives après conseil de discipline. La faute à cette obsession pour la "médiation" qui arrange tout le monde — sauf les profs.

Et pourtant. Les formations anti-violence promues par le ministère ? Du vent. Les cellules psychologiques ? Inexistantes. Le plan de 2018 a englouti 12 millions sur 63 promis. Où est passé l'argent ? Mystère.

Épilogue

La vidéo restera. Elle accuse. Pas seulement cinq adolescents. Mais tout un système. Celui qui laisse un homme à terre et regarde ailleurs. Celui qui préfère étouffer l'incendie plutôt que d'éteindre les braises.

Le professeur ? En arrêt pour dépression. Les agresseurs ? En classe. L'Éducation nationale ? Elle tourne la page. Comme toujours.

*Le prénom a été modifié

Sources :

  • Enquête administrative du rectorat de Montpellier
  • Statistiques ministérielles 2023 sur les violences scolaires
  • Témoignages de professeurs du lycée concerné
  • Procédure pénale n°2026-01428 du tribunal judiciaire de Montpellier

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Les autres épisodes de ce dossier

Voir tout le dossier →

Sur le même sujet