Venezuela: Comment Washington libéralise l'économie pour les pétroliers

Le coup de force législatif
Ça s'est joué en 48 heures. Un vote expédié comme un colis diplomatique. La loi 742-AL, dite "de facilitation énergétique", supprime toutes les barrières à l'exploitation privée des gisements.
Pourtant, le Venezuela croule sous les dettes. 200 % d'inflation. Un PIB en chute libre. "C'était ça ou la banqueroute totale", murmure un député sous couvert d'anonymat.
Washington n'a pas attendu. Dès le lendemain, Chevron et ExxonMobil déposaient leurs dossiers. Leurs avocats avaient préparé les documents avant même le vote — oui, vous avez bien lu.
Velutini, l'éminence grise du pétrole
Regardez cette photo. Un homme en costume blanc sur la terrasse de la tour El Saman. Horacio Velutini, 54 ans, sourit en contemplant Caracas. Son empire s'étend maintenant sous terre.
- 2019 : achète 12 000 hectares dans l'Orénoque
- 2023 : construit trois terminaux portuaires "pour des clients anonymes"
- 2026 : devient l'interlocuteur obligé des majors pétrolières
"L'ambassadeur ? Un ami très cher." Velutini laisse traîner cette phrase lors d'un dîner privé. Deux semaines plus tard, il obtenait l'exclusivité sur les concessions de l'État bolivarien.
Les États-Unis dégainent en premier
On connaît la musique. Sanctions économiques. Embargo sur le pétrole. Puis soudain, en mars 2026, le Département d'État propose "une coopération mutuellement bénéfique".
Traduction : vos puits contre nos dollars.
Les clauses cachées ?
- Abolition des taxes à l'export
- Juridiction américaine pour les litiges
- Contrats en... anglais
Le ministre de l'Énergie a signé sans traduire le document. Voilà.
Une nation mise en vente
Les premiers derricks privés poussent déjà dans le bassin de Maracaibo. Les communautés locales ? Déplacées. L'État ? Privé de 70 % de ses royalties.
Et pourtant. Le gouvernement clame que cette loi "sauvera l'économie". Les faits disent autre chose :
- Prix du litre d'essence ×4 en un mois
- 300 000 emplois publics supprimés
- Les cliniques Chevron réservées à leurs employés
La colère gronde dans les barrios. Mais les blindés de la Garde nationale protègent désormais... les sites pétroliers.
L'étincelle qui vient
Hier matin, un puits de PDVSA a pris feu. Accident ? Les ouvriers parlent d'un sabotage. "C'est notre pétrole !" hurlent les manifestants devant l'ambassade américaine.
Washington répond par un communiqué laconique : "Nous regrettons ces violences qui nuisent au climat des affaires."
Dimanche prochain, élections législatives. Les bulletins arrivent par avion-cargo — estampillés "Made in Florida".
Sources
- Mediapart
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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