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Var : 30 ans de décharge illégale dans le vignoble de Bandol

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-25
Illustration: Var : 30 ans de décharge illégale dans le vignoble de Bandol
© YouTube

Cent camions par jour

Une retraitée regardait le vallon depuis sa fenêtre. Des nuages de poussière blanche. Des camions. Toujours plus de camions. Sur la départementale 87, à La Cadière-d'Azur, le ballet a duré trente ans — oui, vous avez bien lu. « Par jour, on décomptait une centaine de camions », raconte-t-elle. Cent camions chaque jour. Pendant des années.

Elle est membre de l'association Arcade — les résidents de La Cadière-d'Azur pour la défense de l'environnement. Les habitants l'ont d'abord interpellée pour un problème de dangerosité de la route. En creusant — et ils ont creusé — ils ont découvert l'origine du trafic : une décharge illégale, installée en plein cœur de l'appellation d'origine contrôlée vin de Bandol. Le préfet lui-même a fini par reconnaître son caractère illégal.

Sur le terrain, des agriculteurs — sous couvert d'anonymat — décrivent une activité industrielle. « On travaillait jour et nuit avec les bulldozers... toutes sortes de déchets arrivaient de tout le département », témoigne l'un d'eux. Goudron, béton. Ils avaient même installé un concasseur pour broyer le béton.

Mars 2018. Une soixantaine de vignerons rejoignent les riverains pour bloquer le site. L'objectif est clair : faire cesser l'activité. Les gendarmes interviennent. Et la décharge cesse.

Quinze hectares rayés de la carte

L'impact sur le vin de Bandol ? Une perte de 15 hectares d'AOC. « Personne disait rien, c'était une annexe pour l'appellation d'origine contrôlée. Ils se sentaient vraiment intouchables », confie un vigneron anonyme. Voilà. Trente ans de trafic, et personne n'a rien dit.

Les juges ont tranché en mai 2026. Le responsable — un exploitant agricole — a écopé de dix-huit mois de prison avec sursis et 80 000 euros d'amende. Le propriétaire du terrain, lui, a pris une amende de 50 000 euros avec sursis, plus l'obligation de remettre le site en état. Mais depuis la fermeture en 2018, la nature a repris ses droits — ou presque. Les déchets, eux, sont toujours là. Sous la terre. Partout.

Des analyses menées par l'association Arcade révèlent des taux anormaux de métaux lourds dans les sols. Du plomb, du nickel, du mercure. « On ne peut plus cultiver ici. C'est foutu pour au moins vingt ans », soupire un vigneron. Et pourtant. L'appellation Bandol continue de vendre ses bouteilles, sans aucune mention de ce scandale sur les étiquettes. Les consommateurs ignorent tout.

Reste une question : qui paiera la dépollution ? Le propriétaire condamné a trois ans pour agir. Mais les associations redoutent un nouveau round judiciaire. En attendant, chaque camion qui passe rappelle la poussière blanche — et le silence de trente ans.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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