Sénat : trois rapporteurs accusés de préparer une « machine à censure » numérique

Le 8 juillet, une mission d'information du Sénat a rendu ses conclusions sur la régulation de l'information en ligne. Pilotée par trois sénateurs — Agnès Evren (LR), Laurent Lafon (UDI) et Sylvie Robert (PS) — elle propose un observatoire de la désinformation intérieure. Un projet que TV Liberté qualifie de « machine à censure ». La sénatrice Evren se désolidarise. Une journaliste du Point dénonce un rapport « d'une médiocrité rare ». Voilà les faits.
Une mission controversée
L'affaire commence dans l'indifférence générale. Le 8 juillet, la commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport du Sénat publie les conclusions d'une mission d'information sur la régulation de l'information dans l'espace numérique. Dotée des prérogatives d'une commission d'enquête, l'initiative est pilotée par trois rapporteurs : Agnès Evren (LR), Laurent Lafon (UDI) et Sylvie Robert (PS). Leur constat ? La France ne serait pas prémunie contre tout risque d'« ingérence intérieure ».
« Si une personnalité, un courant de pensée, un parti politique disposant de moyens financiers conséquents décidait de le mettre au service d'un projet politique en utilisant les réseaux sociaux comme une arme. Sommes-nous prémunis de tout risque d'ingérence intérieure ? Notre réponse à cette question est clairement non », déclare le sénateur Laurent Lafon, selon le transcript de TV Liberté.
Selon la source, il s'agit d'un glissement sémantique dangereux. « Il transforme tout discours divergent qu'il conviendrait de réguler, étiqueter, labelliser et in fine censurer », affirme le média.
La proposition phare du rapport ? La création d'un « observatoire de la désinformation interne ». Un organisme qui ferait pour les manipulations venues de l'intérieur ce que Viginum fait déjà pour les ingérences étrangères. « Notre première préoccupation, c'est la protection de nos échéances électorales et pour cela, nous proposons la création d'un organisme indépendant de l'État, capable d'alerter en temps réel et de déclencher une réponse évidemment pour les ingérences intérieures », explique le sénateur Lafon.
Des financements opaques
Selon la source, la journaliste Géraldine Woessner, rédactrice en chef du service société au Point, a dénoncé un rapport « d'une médiocrité rare ». Selon elle, le projet est « conduit par Science Feedback avec plusieurs organisations de fact checking qui sont toutes des organisations militantes ».
Toujours selon la source, Science Feedback — une organisation de fact-checking — voit ses revenus provenir « massivement de META, TikTok et de la Commission européenne via le MIF, de la Google News Initiative, de l'IFCN ou encore de l'European Fact Checking Standards Network ». La source affirme que ces financeurs « subventionnent des projets qui s'alignent parfaitement avec les priorités de Bruxelles et des GAFAM : lutter contre la désinformation climatique, la surveillance des élections, le développement d'outils pour détecter les contenus dissidents ».
Selon la source, « le sérieux apparent du document cache une médiocrité méthodologique sidérante. Biais de sélection, absence de contre-expertise réelle, confiance aveugle envers des acteurs partisans qui produisent parfois de fausses informations qu'ils prétendent combattre ».
Un rétropédalage politique
Selon la source, la sénatrice Agnès Evren a fini par se désolidariser des propos de son collègue Laurent Lafon et assure « qu'elle ne s'associera pas à une proposition de loi allant dans ce sens ». Un rétropédalage qui serait le résultat d'un rappel à l'ordre du président des Républicains, Bruno Retailleau.
Selon la source, « cette mission révèle surtout la tentation autoritaire d'un État qui, face à la fragmentation de l'espace informationnel, choisit non pas la transparence et le pluralisme mais l'encadrement et la recentralisation. »
Le QR code du 14 juillet : une autre affaire de contrôle
Cette affaire n'est pas isolée. Le même jour, une autre controverse éclate autour du défilé du 14 juillet. Pour la première fois, un arrêté prévoyait l'inscription obligatoire par internet pour y assister, avec un QR code nominatif pour accéder au périmètre.
L'association Vigilance Liberté a saisi le Tribunal administratif de Paris en référé liberté. Le 13 juillet, le juge a suspendu l'obligation du QR code, estimant qu'elle portait « une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et de venir ».
Mais dans la nuit du 13 au 14 juillet, vers 2 heures du matin, le Conseil d'État a annulé cette décision et rétabli le QR code obligatoire.
Le journaliste Didier Maistre en a fait les frais. Il s'est vu refuser l'accès au défilé. « La veille au soir, le 13 au soir, j'ai reçu un mot du cabinet du président de la République m'expliquant qu'il n'a pas été possible de donner suite à ma demande », témoigne-t-il.
Selon lui, « depuis le début, monsieur Macron et tout son environnement veut habituer le peuple français à se soumettre, à avoir un peuple qui obéit ». Il s'interroge : « Sommes-nous sur des listes ? Moi, avec d'autres personnes que je connais et qui ne sont pas tout à fait connues pour être macronistes, on a vu que Bob l'éponge de façon humoristique s'était inscrit et est venu au défilé déguisé en Bob l'éponge. Ça n'a posé aucun problème. Et moi, mon nom a posé problème. »
Le journaliste affirme que son nom a été refusé alors que d'autres, inscrits sous des pseudonymes humoristiques, ont été acceptés. « Ça veut bien dire qu'il y a des listes avec des noms dans un logiciel sans doute qui émettent une alerte lorsque notre nom apparaît », conclut-il.
Une société de contrôle ?
Ces deux affaires — le rapport sénatorial et le QR code du 14 juillet — sont reliées par la source : « Toujours dans la société de contrôle, le QR code du 14 juillet. Une nouvelle expérimentation a en effet eu lieu pour le défilé. »
Selon la source, le journaliste Didier Maistre affirme que « les Français ont été doublement volés, doublement spoliés, premièrement par le caractère non populaire puisque monsieur Macron a complètement privatisé la fête ».
Selon la source, « en confondant protection du débat public et contrôle narratif, les rapporteurs fragilisent précisément ce qu'ils disent vouloir défendre. »
Sources
- TV Libertés, « Ingérences intérieures : la nouvelle censure - JT du mercredi 15 juillet 2026 », YouTube.
- Le Point, article de Géraldine Woessner sur le rapport sénatorial.
- Rapport de la mission d'information du Sénat sur la régulation de l'information dans l'espace numérique, 8 juillet 2026.
- Données de Science Feedback sur ses financeurs.
📰Source :www.youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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