Youssef Loudighi : le père qui a tué ses filles pour punir son ex

Le drame d'Alfortville : un triple infanticide
Le dimanche 26 novembre 2023, Youssef Loudighi, 44 ans, se rend au commissariat de T.I.E.P. Il avoue avoir tué ses trois filles. Les corps sont découverts à Alfortville, dans le Val-de-Marne.
Les faits sont atroces. Les fillettes — âgées de 4, 10 et 11 ans — ont été endormies avec des somnifères et des anxiolytiques. Puis étouffées ou poignardées. Retenez ce détail : la cadette, sa « préférée », a été tuée quatre à cinq heures après les deux autres.
Pourquoi ? La réponse est glaçante. Youssef Loudighi ne supportait pas l'idée que ses enfants soient élevés par un autre homme. Son ex-femme avait demandé le divorce quelques mois plus tôt. Une audience aux affaires familiales était prévue.
Les messages envoyés à son ex-conjointe avant le passage à l'acte sont révélateurs. « Je ne comprends pas ta décision de vouloir te séparer », écrit-il. Et pourtant. Ces mots précèdent une nuit de terreur.
Les violences vicariantes : un mécanisme pervers
Maître Émilie Chapelle, avocate spécialisée en droit de la famille, explique : « Les violences vicariantes visent à faire souffrir l'autre parent à travers les enfants. L'enfant devient un instrument. »
Ce mécanisme est impitoyable. L'enfant n'est pas la cible première. Il est utilisé comme un moyen de pression, de punition. Dans le cas d'Alfortville, les filles étaient des outils pour atteindre leur mère.
Les violences vicariantes prennent plusieurs formes. Du dénigrement de la mère devant l'enfant (« Tu es comme ta mère ») à la négligence des soins médicaux. Jusqu'à l'infanticide, la forme la plus extrême.
C'est là que ça devient intéressant. Ces violences s'inscrivent souvent dans un contexte de violences conjugales préexistantes. Youssef Loudighi avait déjà été condamné pour violences envers son épouse et l'une de ses filles en avril 2021.
Un procès marquant : la mère témoigne
Entre le 8 et le 10 avril 2024, Youssef Loudighi est jugé devant la cour d'assises du Val-de-Marne. La mère des enfants témoigne longuement. Elle décrit des années de violences. Les gifles. Les coups de battes de baseball.
« Il s'est attaqué à mes filles parce qu'il savait très bien que s'il m'attaquait moi, je me défendrai », déclare-t-elle à la barre. La séparation n'a pas mis fin aux violences. Elle les a déplacées.
Au terme du procès, Youssef Loudighi est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Une peine lourde pour un crime inhumain.
Les violences vicariantes : un phénomène méconnu
En France, les violences vicariantes ne sont pas suffisamment reconnues. Contrairement à l'Espagne, qui a adopté un avant-projet de loi spécifique en septembre 2023.
Pourquoi ce retard ? La France manque d'un cadre juridique clair. Les violences vicariantes sont souvent englobées dans d'autres infractions. Pourtant, les chiffres sont alarmants. Environ 140 000 enfants par an sont victimes de violences conjugales. Un enfant est tué par l'un de ses parents tous les cinq jours.
Comment mieux protéger les victimes ? Les outils existent. Les ordonnances de protection. Le bracelet anti-rapprochement. Le téléphone grave danger. Mais ils restent méconnus.
C'est là que ça devient intéressant. Les victimes ignorent souvent qu'elles subissent des violences vicariantes. « Si je demande à mes clientes si elles sont victimes de violences vicariantes, elles ne savent pas répondre », confie Maître Chapelle. Pourtant, les signes sont là. Le repli sur soi de l'enfant. Les troubles du sommeil. La peur de l'autre parent.
Conclusion : nommer pour mieux combattre
Le drame d'Alfortville est un rappel glaçant. Les violences vicariantes ne sont pas une abstraction. Elles tuent. Elles détruisent. Elles laissent des cicatrices indélébiles.
En France, il est urgent de mieux identifier ces violences. De les nommer. De les combattre. Car derrière chaque cas, il y a des enfants martyrisés. Et des parents brisés.
Youssef Loudighi est derrière les barreaux. Mais combien d'autres hommes agissent dans l'ombre ? Combien d'enfants vivent dans la peur ? Les réponses doivent venir maintenant. Avant qu'il ne soit trop tard.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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