Triple infanticide d'Alfortville : l'avocate révèle l'horreur

"On ne sort pas indemnes"
La robe noire tremble encore. Me Patricia Cohn — trente ans de barre — n'a pas digéré le procès. "En tuant volontairement vos trois filles, vous avez mis fin à trois vies", assène-t-elle au père lors de l'audience.
Retenez ce détail : le drame remonte à 2023. Alfortville, Val-de-Marne. Un père assassine ses trois enfants. Méthodiquement. Le procès s'ouvre en avril 2026. Trois jours d'audience où l'émotion étouffe la cour d'assises.
"Personne ne ressort intact de cette horreur", confie l'avocate. Son bureau de Saint-Mandé porte encore les stigmates des nuits blanches. Dossiers épars. Notes griffonnées. Tasses de café froides.
Pourquoi ? Parce que derrière les faits bruts — un triple infanticide — se cache une mécanique perverse. Celle des violences vicariantes. Ces violences exercées sur les enfants pour faire souffrir l'autre parent.
Violences vicariantes : le combat législatif
Me Cohn frappe du poing sur la table. "Il faut inscrire cette notion dans le code pénal." La proposition n'est pas neuve. Mais le procès d'Alfortville lui donne une urgence inédite.
Chiffre à retenir : 32. C'est le nombre d'enfants tués par un parent dans un contexte de séparation conflictuelle entre 2019 et 2023 en France. Des chiffres du ministère de la Justice que l'avocate brandit comme un étendard.
"Ce ne sont pas des drames isolés. C'est un système." Le système ? Des pères — parfois des mères — qui instrumentalisent leurs enfants pour punir leur ex-conjoint. Jusqu'au pire.
L'exemple d'Alfortville est criant. Le père a planifié son geste. Méticuleusement. Froidement. "Il savait qu'il détruirait Samira à jamais", analyse Me Cohn. Mission accomplie.
Samira, mère brisée
Samira. Ce nom résonne comme un glas dans le bureau de l'avocate. La mère des victimes n'a pas pu témoigner. Trop fragile. Trop détruite.
"Imaginez. Perdre vos trois filles d'un coup. Par la main de celui qui devait les protéger." La voix de Me Cohn se brise. Les dossiers s'accumulent sur son bureau. Mais celui d'Alfortville reste en évidence.
Trois petites photos. Trois sourires innocents. Trois vies réduites à des pièces à conviction. "Le dossier est loin d'être clos", prévient l'avocate. Même après le verdict.
Car derrière le procès pénal se profile un autre combat. Celui de la reconnaissance. Samira n'est pas qu'une victime collatérale. Elle est la cible première du tueur.
La justice face à ses limites
Le verdict ? Pas encore connu. Mais Me Cohn n'y croit guère. "Aucune peine ne ressuscitera ces enfants."
Pire. La justice française, selon elle, reste aveugle. Les violences vicariantes n'existent pas dans le code pénal. Conséquence ? Les juges les traitent comme des faits divers. Pas comme un féminicide par procuration.
Preuve en chiffres : seulement 12% des affaires impliquant des violences conjugales mentionnent explicitement l'impact sur les enfants. Un trou noir statistique.
"On juge l'acte. Pas le système", déplore l'avocate. Elle cite l'exemple espagnol. Là-bas, les violences vicariantes sont un crime spécifique depuis 2021. Avec des peines alourdies.
La France attendra-t-elle le prochain drame ?
Le poids des mots
Me Cohn ouvre son code pénal. Page après page. "Regardez. Aucune mention."
Les termes manquent. Les concepts aussi. "Violences psychologiques", "emprise", "vicariance" : absents du vocabulaire judiciaire.
Pourtant, les preuves s'accumulent. SMS menaçants. Témoignages de voisins. Rapports médicaux. À Alfortville, le père avait clairement exprimé sa volonté de "faire payer" la mère.
"Ce n'est pas un coup de folie. C'est un calcul." Un calcul que la justice peine à saisir. Par manque d'outils. Par frilosité aussi.
L'avocate cite un autre cas. Marseille, 2024. Un père jette son fils du haut d'un immeuble. "Il voulait que sa femme souffre éternellement." Le tribunal a parlé d'"homicide". Pas de violence vicariante.
Et maintenant ?
Le procès d'Alfortville s'achève. Mais Me Cohn ne baisse pas les bras. Elle prépare un recours. Et une proposition de loi.
"La reconnaissance légale est la première étape." Viendront ensuite la formation des policiers, des juges. La prévention.
Car les signaux d'alerte existent. Menaces. Chantages. Isolement progressif des enfants. À Alfortville, ils étaient tous là. Personne n'a rien vu. Ou rien voulu voir.
"La prochaine fois, on saura." C'est la promesse de Me Cohn. Une promesse adressée à Samira. Aux trois petites ombres qui hantent son bureau. À toutes les autres victimes silencieuses.
Le dossier est loin d'être clos.
Sources
- Archives du Parisien (avril 2026)
- Déclarations de Me Patricia Cohn
- Ministère de la Justice (chiffres 2019-2023)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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