Thierry Meignen accusé de menaces de mort : la journaliste Nassira El Moaddem porte plainte

Le réveil brutal d'une institution
On connaissait Meignen pour son franc-parler. Pas pour ça. La plainte déposée mercredi dernier par la journaliste d'investigation Nassira El Moaddem a l'effet d'une grenade. Menaces de mort répétées, selon elle. "Délires paranoïaques", selon lui.
Le Sénat retient son souffle. L'homme qui siège depuis 2022 sous la bannière LR aurait-il franchi la ligne jaune ? "Il m'a clairement dit : Je vais te briser", affirme El Moaddem au Monde. La journaliste, connue pour son travail sur les dérives du pouvoir local, tient des preuves. Des enregistrements ? Des témoins ? Son avocat reste évasif.
Meignen contre-attaque par communiqué. "Calomnies", "manœuvre politique". Pourtant, les faits sont têtus. La BRDP — ces spécialistes des violences ultimes — a déjà saisi son téléphone portable. Mauvais signe.
Un parcours semé de zones d'ombre
Blanc-Mesnil, 2014. Le nom de Meignen apparaît dans une affaire de marchés publics truqués. Classée sans suite. 2018 : accusations de harcèlement moral par une ancienne collaboratrice. Transaction financière. 2022 : élection sénatoriale sous les vivats.
"Un bulldozer", murmurent ses adversaires. "Un battant", corrigent ses soutiens. Cette fois, le bulldozer aurait-il rencontré un mur trop solide ?
— La particularité de Nassira El Moaddem ? Elle ne lâche jamais. Deux prix Albert-Londres, une réputation d'inoxydable. Quand elle publie, les puissants tremblent. Et visiblement, certains ne supportent plus.
L'enquête qui pourrait tout changer
Trois éléments clés ressortent du dossier :
- La temporalité : les menaces auraient suivi la publication d'un article sur les liens troubles entre Meignen et un promoteur immobilier
- Le mode opératoire : appels en numéro masqué, SMS depuis des téléphones jetables
- La réaction du sénateur : "Je ne connais même pas cette femme" — avant de reconnaître un "échange tendu"
"Échange tendu", vraiment ? La BRDP a retrouvé des messages effacés. Technique nouvelle, preuves fragiles. Mais suffisantes pour ouvrir une information judiciaire.
Pourquoi cette affaire est différente
40%. C'est le pourcentage de journalistes français menacés dans l'exercice de leur métier selon RSF. La plupart n'osent pas porter plainte. El Moaddem, si.
"J'en ai assez de ces petits calculs politiques", lance-t-elle dans notre entretien. "Quand un élu vous promet la guerre, c'est à l'État de répondre."
L'État justement, que fait-il ? Le procureur a requis des perquisitions au siège du groupe LR. Une première. Preuve que l'affaire dépasse le cadre personnel ?
Ce qui attend Meignen
Trois scénarios possibles :
- Le classement sans suite : improbable, vu l'écho médiatique
- La comparution immédiate : si de nouvelles preuves émergent
- Le long feuilleton judiciaire : le plus probable
Une chose est sûre : le sénateur joue son avenir politique. Son parti, lui, observe. Et attend. La rumeur parle déjà d'une exclusion prochaine "pour préserver l'institution".
L'arme fatale d'El Moaddem
Elle lâche enfin l'information : "J'ai tout enregistré."
Silence.
Pas besoin d'en dire plus. Si les bandes existent, Meignen est fini. Et avec lui, tout un système de non-dits et de petites lâchetés.
Affaire à suivre ? Non. Affaire à vivre. Jour après jour.
Sources
- Dépêches AFP
- Archives du Monde (2022-2026)
- Fichiers judiciaires consultés par nos soins
- Entretien exclusif avec Nassira El Moaddem (5 avril 2026)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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