Hugo Travers, Gaspard Gantzer et Jean Massiet face au Sénat : les nouveaux médias dans le viseur

Audition sous tension
Ce 7 avril, la salle Clemenceau du Palais du Luxembourg déborde. Trois hommes prennent place face aux sénateurs : Hugo Travers (HugoDécrypte), Gaspard Gantzer (fondateur de Gantzer & Co) et Jean Massiet (Acropolis). Trois visages familiers des 18-35 ans. Trois cibles pour une institution en quête de légitimité médiatique.
"Vous êtes ici pour répondre de votre influence." La phrase du président de la commission tombe comme un coup de semonce. Les documents le confirment : le Sénat prépare depuis six mois un rapport sur la "régulation des nouveaux médias".
Et pourtant. Pourquoi cette précipitation ? Les chiffres parlent d'eux-mêmes. HugoDécrypte cumule 2,3 millions d'abonnés YouTube. Acropolis dépasse le million. Des audiences qui rivalisent avec les JT traditionnels — et ce n'est pas rien.
Le paradoxe sénatorial
Le Sénat interroge. Mais qui contrôle le Sénat ? L'institution — non élue au suffrage direct — dépense 3,2 millions d'euros annuels pour sa communication. Un budget opacité.
Gaspard Gantzer connaît le système. Ancien spin doctor de l'Élysée, il lance : "Quand l'État veut museler, il commence par auditer." Silence dans l'hémicycle.
Les questions fusent :
Jean Massiet riposte : "Nos abonnés. Pas des actionnaires." Applaudissements dans la salle.
La bataille des chiffres
Les sénateurs brandissent une étude CSA. "Seulement 42% des Français font confiance aux médias en ligne." Hugo Travers contre-attaque : "Et 28% aux parlementaires."
Les archives le confirment. Un sondage IFOP de 2025 donne :
- 67% de confiance pour les créateurs de contenus
- 31% pour les journaux télévisés
- 28% pour le Sénat
—chiffre à retenir—
La commission s'enferre. Elle parle désinformation, ingérence étrangère, manque de déontologie. Sans jamais citer de cas concrets.
L'ombre des réseaux sociaux
"Pourquoi TikTok et pas Facebook ?" Un sénateur LR tente de piéger Travers. Réponse cinglante : "Parce que vos électeurs de plus de 70 ans n'y sont pas."
L'audition dévoile un fossé générationnel. La moyenne d'âge des sénateurs ? 61 ans. Celle des audiences YouTube des audités ? 24 ans.
Gantzer enfonce le clou : "Vous nous reprochez de parler à la jeunesse dans son langage. C'est précisément notre job."
Une régulation en marche ?
La commission promet des "préconisations". Le mot fait sourire. Dans les couloirs, on murmure déjà sur un possible "label d'État" pour les médias en ligne.
Massiet prévient : "Toute certification gouvernementale serait un cache-misère. La confiance ne se décrète pas."
L'audition se termine sans révélations fracassantes. Mais le message est clair : le pouvoir a les nouveaux médias dans le collimateur. La suite ? Probablement une tentative de mise au pas.
Sources
- Compte-rendu intégral de l'audition (Public Sénat)
- Budget communication du Sénat 2026
- Sondage IFOP/Journal du Dimanche (mars 2025)
- Étude CSA sur la confiance dans les médias (février 2026)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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